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LE NEPAD 1


INTRODUCTION
A la suite des Accords de Breton Wood, en juillet 1944  et de  l’émergence du concept de développement, l’ex président américain Harry Truman dans son discours sur l’Etat de l’union le 20 janvier 1949 accorde un sens universel au développement. En effet, au point IV de son discours il déclare qu’il est du devoir des Etats-Unis «  De mettre les avantages de leur avancée scientifique et de leur progrès industriel au service de l’amélioration et de la croissance des régions sous développées[1]. »  Désormais il était clair que la distance économique existant entre les pays du Nord et ceux du Sud était d’autant plus inquiétante qu’elle suscitait un regain d’intérêt de la part de la communauté internationale. Pour la rattraper, deux métathéories axées sur la croissance économique  vont voir le jour dont celle de la modernisation initiée par Whitman Rostow[2] prescrivant pour atteindre le développement, un passage préalable et successif par cinq étapes. Elle sera suivie de celle de la dépendance qui elle, préconisera une déconnexion du système économique mondiale. Dans la perspective de mettre cette politique en pratique vont naitre de nombreuses stratégies, à savoir celles de la Satisfaction des besoins fondamentaux, du Consensus de Washington et de l’émergence des ONG,  de la Démocratie et des Droits de L’homme. Face au constat d’une détérioration sans cesse croissante de l’environnement[3] également vont se développer parallèlement à ces dernières des stratégies basées sur le développement durable  allant de Rio92 à Copenhague 2009. Cependant, le développement à l’occidentale[4] longtemps promu par les pays du Nord et importé par le Sud  notamment par l’Afrique, n’a pas produit les fruits attendus si ce n’est de creuser un plus grand écart entre les deux pôles. L’Afrique ne restera cependant pas amorphe dans la perspective de pallier aux aspects lacunaires de son développement et mettra sur pied elle aussi des stratégies destinées à combler ces nombreuses défaillances à savoir l’Ujama’a de l’ex président tanzanien Julius Nyerere dont l’échec consacrera la mise en place de nombreuses autres stratégies beaucoup plus collectives dont le MAP, le Plan Oméga et enfin le NEPAD qui fait l’objet de notre exposé. Au centre, la Bonne gouvernance et le développement de l’Afrique. Le NEPAD entendu comme Nouveau Partenariat pour le Développement de L’Afrique va apparaitre comme une réponse concrète  et endogène pour rattraper  le retard économique et social de l’Afrique. Cependant il est essentiel de nous demander  ce que c’est que le NEPAD, en quoi il consiste, et quels sont ses objectifs et enjeux en termes de bonne gouvernance et de développement en Afrique aujourd’hui. Nous répondrons à ces différentes préoccupations non sans avoir au préalable effectué une remontée aux origines de son élaboration.


       I.            CONTEXTE HISTORIQUE DE LA CREATION DU NEPAD

A.     De Bandoeng aux accords de Lomé
La France, l’Angleterre, la Belgique, l’Italie, l’Allemagne, les Pays Bas qui constituent l’essentiel de l’Europe occidentale ont, pendant plusieurs siècles, pratiqué la colonisation sur le continent africain. Cela explique qu’en 1957, quand il a été question de signer le Traité de Rome[5], des raisons ont été évoquées pour aménager des situations particulières aux zones maintenues sous domination coloniale. Ces relations entre l’Europe et ses colonies ont été en outre négociées dans un contexte marqué par la Conférence de Bandoeng[6] (Qui symboliquement va susciter la prise de conscience des Etats Africains dans la perspective de créer un projet commun. C’est une conférence du Tiers monde qui avait certes pour but la décolonisation politique de l’Asie et de l’Afrique ; mais aussi la conquête de la libération économique sociale et culturelle), suivie de la fin de la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie et les mouvements de revendications pour l’indépendance. Plus tard, les indépendances obtenues, une autre conférence  se tiendra à Belgrade 1961 qui va voir naitre le mouvement des « non alignés »[7].
A première vue il s’agissait donc d’offrir aux  zones précédemment citées des possibilités d’intégration. Toutefois n’est-il pas autorisé de se demander s’il n’était pas déjà question de créer une « chasse-gardée » qui, tout en sécurisant des sources d’approvisionnement, évitait aussi de laisser ces entités tomber dans le camp adverse. En effet, les avantages accordés ici n’avaient pas pour but réel de favoriser la réalisation d’infrastructures économiques et sociales dont les entreprises des pays intervenant dans ce secteur. Ainsi dans l’Association avec les Pays et Territoires d’Outre-Mer (PTOM), les Pays Bas viennent avec la Nouvelle Guinée, l’Italie avec la Somalie, la Belgique avec le Congo Léopoldville, le Burundi et le Rwanda, la France avec ses colonies d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Ainsi, de 1957 à 1963, c'est-à-dire durant la période qui a suivi immédiatement le Traité de Rome, les pays sortant de période de domination et allant vers plus d’autonomie ou ayant fraîchement accédé à l’indépendance et les territoires d’Outremer, vont bénéficier du tout premier Fonds européen de développement, le FED I.
1.      Indépendance et Association : naissance des EAMA
Les années 1960 ont aussi été marquées par l’essor de l’intégration et de la coopération régionale et par un besoin de regroupement du continent et de présence sur la scène mondiale. Peu de pays étant prêts à fonder des « Etats-Unis d’Afrique », l’Organisation de l’unité africaine est créée en 1963 à Addis-Abeba, en Ethiopie, sur les principes du respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, de l’indépendance des Etats et de non-ingérence dans les affaires intérieures.[8] Cependant, le statut de la plupart des territoires ayant changé, vont tout de même émerger des actes contractuels, matérialisés par les Conventions dites de Yaoundé I (1963-1969) et Yaoundé II (1969-1975) qui ont consacré le système de l’Association : EAMA (Etats Africains et Malgache Associés). Les FED II et FED III accompagneront ces deux conventions.
Sous Yaoundé I, l’Europe des six et dix-huit EAMA s’engagent principalement à la réalisation d’infrastructures de transports et d’éducation. La Convention permet aussi l’établissement de préférences douanières entre la CEE[9] et chacun des Etats sur la base du principe de la réciprocité pour la préférence commerciale ainsi que le développement d’une assistance technique. La deuxième convention de Yaoundé, signée en 1969, réunissait, à nouveau, les six pays européens et dix-neuf Etats EAMA puisque l’île Maurice, Etat membre du Commonwealth avait décidé de rejoindre ce groupe en 1971. Cette deuxième convention reprend et élargit les accords précédents avec, pour tous les autres pays, un accent particulier sur les infrastructures, le développement industriel et le développement des productions locales en substitution aux importations. Il ne faudrait cependant pas ignorer le fait que la plupart de ces industries naissantes étaient placées sous le contrôle de maisons-mères installées en Métropole.[10]
2.      Le cycle des « Lomé »
Des développements politico-historiques majeurs se sont produits durant la période de Yaoundé II, et qui ont eu des effets déterminants sur la coopération entre l’Europe et l’Afrique. Il s’agit de l’adhésion, en 1973, du Royaume-Uni, à la Communauté Economique Européenne, adhésion qui a conduit à la signature de l’Accord de Georgetown suivi de la première Convention de Lomé (1975-1980), dite Lomé I ainsi qu’à la création du groupe ACP (Afrique – Caraïbes –Pacifique) dont les 46 membres - bien plus que les 18 Etats Africains et Malgaches associés et tous francophones – devaient théoriquement être en mesure de constituer un « pouvoir de négociation ». Ainsi, de 1975 à l’an 2000, une série de 4 conventions, dites de Lomé - la cinquième n’étant qu’une révision de la quatrième - se sont-elles succédés.
On a assisté à travers cette série de conventions à un élargissement progressif des mécanismes de l’aide de l’UE et de la taille des groupes parties aux dites conventions. La période est également marquée par la mise en place des institutions paritaires mixtes chargées de gérer la coopération.
Lomé I (1975 – 1980)
Elle a lié 9 Etats Européens et 46 ACP, et a généré le quatrième FED. Cette première Convention de Lomé avait été signée dans un contexte mondial particulier, qui n’a certainement pas manqué d’exercer une influence sur la nouvelle politique de coopération mise en œuvre. L’exacerbation de la rivalité Est-Ouest, la revendication d’un nouvel ordre mondial par les pays du tiers monde et la première crise pétrolière qui s’était accompagnée de la forte hausse des prix de certains produits de base ont certainement marqué Lomé I.
Tout en consacrant l’adhésion de la Grande-Bretagne, du Danemark et de l’Irlande à la Communauté ainsi que celle de plusieurs pays du Commonwealth au groupe ACP, Lomé I s’était donné comme objectif de renforcer la coopération entre les deux groupes.
Ses principales caractéristiques ont été premièrement les préférences non réciproques pour les exportations des pays ACP vers la CEE ; l’introduction du STABEX (système original de compensation des pertes de recettes d’exportation); la création du CDI (centre pour le développement industriel), devenu Centre de Développement des Entreprises (CDE) ; l’adoption de Protocoles au profit de produits tels le sucre, la banane, et la viande ; le principe de l’égalité entre les partenaires, avec le respect des intérêts et l'interdépendance mutuelle; le droit de chaque Etat à déterminer ses propres politiques; la sécurité des relations basées sur les réalisations du système de coopération
C’est enfin sous Lomé I que des institutions paritaires mixtes et permanentes sont créées pour organiser la coopération ACP/UE. Ces institutions sont le Conseil des Ministres ; le Comité des Ambassadeurs; l’Assemblée Paritaire; le Secrétariat ACP.[11]
Lomé II (1980 – 1985)
Cette convention a vu le jour avec 58 Etats ACP et 9 pays européens et le cinquième FED en a constitué l’instrument financier. La période de mise en œuvre de Lomé II a été marquée par plusieurs crises, dont la chute drastique des cours des produits de base et donc des recettes d’exportation des pays ACP, la crise de la dette, la crise alimentaire (famines), le premier choc pétrolier et le marasme économique pour le continent africain dont la croissance a été négative, en se situant au taux moyen de - 2,6% entre 1980 et 1987. La chute des cours mondiaux des produits de base avait mis à rude épreuve les mécanismes de stabilisation (STABEX). Il n'y a pas eu de changements majeurs au niveau des politiques et mécanismes d’aide.
Cependant, avec l’adoption du système de stabilisation des recettes minières d’exportation, le SYSMIN[12] est venu s’ajouter à celui du STABEX, pour les raisons évoquées ci-dessus. C’est la période de test de l’efficacité de ces instruments de coopération.
En gros, les  Conventions de Lomé I et II eurent pour objectif  d’aider respectivement les secteurs agricoles et miniers par le biais d’une compensation de pertes de recettes d’exportation au moyen d’un transfert automatique de fonds.

Lomé III (1985 – 1990) :    
Cette convention a mis ensemble, d’une part, 10 nations européennes et de l’autre, 65 Etats ACP. Une de ses particularités a été, puisque les famines se poursuivaient, d’avoir mis l’accent sur la promotion de la sécurité alimentaire. Par ailleurs, la lutte contre la désertification et la sécheresse ainsi que les politiques d’ajustement structurel imposées par les Institutions de Breton-Woods ont été mises en œuvre à cette époque. Ces politiques d’ajustement ont eu des conséquences négatives sur les capacités de production et d’exportation des Etats Africains et leur système de production pour faire face aux défis et enjeux qui leur étaient posés. C’est pourquoi les orientations notables de Lomé III ont été l’introduction de la dimension culturelle et sociale ; la mise en place de mécanismes de maîtrise de la croissance démographique ; la valorisation du rôle des femmes dans le développement ; le soutien à la coopération régionale entre les pays ACP. Au regard de leurs conséquences sur les pays, les politiques d’ajustement, alors en vigueur, n’ont pas manqué de recueillir le soutien de l’UE qui décida d’affecter une grande partie de ses ressources programmables à des programmes d’importation à déboursement rapide.
Lomé IV (1990 – 2000) :
Du côté des pays Africains membres de la zone franc, la dévaluation du franc CFA a apporté une nouvelle dimension à la coopération entre l’Europe et l’Afrique. Du côté des pays ACP (ancrage des processus de démocratisation, ajustement structurel renforcé) comme du côté européen (élargissement, attention croissante en faveur des partenaires de l'est et méditerranéens). Il a été décidé que cette convention allait couvrir une période de dix ans, avec une révision à mi-parcours(en 1995), bien que la durée des protocoles financiers qui la sous-tendaient ait été maintenue à cinq ans. L’exécution de Lomé IV a concerné 12 Etats Européens et 68 Etats ACP. En réalité, ce sont deux FED (VII et VIII) qui ont couvert cette période décennale. La révision à mi-parcours a eu lieu en 1994-1995, dans un contexte caractérisé par des modifications économiques et politiques notables.
Les points importants de Lomé IV sont  la promotion des droits de l'homme ; la démocratie ; le renforcement de la position des femmes ; la protection de l'environnement ; la coopération décentralisée ; la diversification des économies ACP ; la promotion du secteur privé ; la coopération régionale croissante.
La mise en œuvre de Lomé IV s’était traduite par le renforcement de la priorité accordée au respect des droits de l'homme, aux principes démocratiques, et à l’Etat de droit, toutes ces valeurs devenant des éléments essentiels de la Convention. Le résultat n'est autre que le risque de suppression des allocations attribuées aux états ACP qui ne remplissent pas ces critères ; la non augmentation, pour la première fois, de la valeur réelle du FED ; l’introduction de la programmation échelonnée, dans le but d'augmenter la flexibilité et d’améliorer les performances des pays ACP ; l’octroi d’une attention particulière à la coopération décentralisée, sous la forme d’un partenariat actif impliquant les acteurs de la société civile ; la création d’un protocole pour la protection des forêts ACP, en permettant qu’une partie du 8ème FED soit utilisée pour la conservation des forêts tropicales.[13]

B.     Du Plan d’action de Lagos à la Nouvelle initiative Africaine.
Le nouveau discours invente l’histoire, une invention fondée sur les silences et l’oubli, et distincte par sa crise de l’historicité.[14] Si nous tombons, nous devons nous retourner pour connaître la raison de notre chute. Il est nécessaire de dire non à ces silences et à l’amnésie involontaire si l’on souhaite faire face aux défis du développement de l’Afrique. Pour y parvenir, il nous faut revenir sur les expériences antérieures de l’Afrique en matière d’élaboration de cadres conceptuels de développement régional. L’objectif n’est pas de servir de lecture corrective de l’histoire pour une nouvelle génération d’Africains, ni de s’attaquer au silence et à la fermeture largement acceptés comme fins en soi, mais de fouiller dans ces expériences pour en analyser la pertinence actuelle.

1.      La Bataille pour le Nouvel Ordre Economique International
La forte croissance obtenue au début des années 1970 ne s’est pas poursuivie la décennie suivante, laquelle a été ponctuée par la crise de la dette et par des déséquilibres macro-économiques. Si l’OUA a réussi à combattre le colonialisme et a dénoncé le régime d’apartheid en Afrique du Sud, elle n’a pas joué de rôle majeur dans le règlement des conflits africains. Ses ambitieux projets ont connu des résultats modestes, comme le Mécanisme pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits de 1993. Le Plan d’action de Lagos adopté par le sommet africain de l’OUA en 1980 devait contribuer à l’instauration d’un nouvel ordre économique mondial et visait un développement socio-économique de l’Afrique fondé sur l’autosuffisance, la coopération et l’intégration économiques en vue d’une croissance de 7 pour cent l’an sur la base d’une véritable révolution agricole de quatre pour cent de croissance annuelle et sur une industrialisation conséquente de 9,5 pour cent de croissance annuelle[15]. Il a suscité de grands espoirs mais, écarté par la Banque mondiale et faute de moyens, il n’a pas été couronné de succès. En 1991, le Traité d’Abuja institue la Communauté économique africaine visant, pour 2025, un marché commun à l’échelle du continent sur la base des communautés économiques régionales.
 La carence des gouvernements africains dans la gestion des affaires publiques, le défaut de volonté politique, le manque de pouvoirs et de moyens de l’OUA et un soutien insuffisant des donateurs ont fait échouer ces tentatives africaines d’organisation du développement du continent. Depuis les années 1980, la réflexion sur le développement est menée par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Pour résoudre les crises des pays en développement (PED), ces institutions ont instauré une nouvelle stratégie basée sur le paradigme de l’ajustement structurel, prônant la libéralisation économique, le désengagement de l’Etat et l’ouverture à l’international pour une insertion dans l’économie mondiale. Imposés en Afrique au milieu des années 1980, les plans d’ajustement structurel n’ont pas réussi à faire décoller ces pays aux économies fragiles : ils ont provoqué une augmentation de la dette et de la pauvreté. Dans une optique d’encouragement et de sélection des bénéficiaires, les bailleurs de fonds ont soumis l’octroi de leur aide au respect de conditions politiques : la démocratie, l’Etat de droit et les droits de l’homme sont devenus les règles de base de leurs politiques de coopération[16].
Ces stratégies imposées de l’extérieur ont maintenu le Sud sous dépendance économique et ont échoué dans l’ensemble par manque de gestion interne et de coordination des bailleurs de fonds et, surtout, faute d’adéquation aux réalités africaines et aux besoins des populations et d’appropriation par les bénéficiaires. Dans une recherche d’efficacité de l’aide, une nouvelle réflexion sur le développement est menée, à la fin des années 1990, pour permettre à tous les pays en développement (PED) de profiter de la mondialisation. Les donateurs fondent alors leurs stratégies dites de lutte contre la pauvreté sur l’instauration d’un nouveau partenariat basé sur l’« appropriation » de leur développement par les PED et le partage des responsabilités entre ceux-ci, les pays industrialisés et les institutions internationales.
2.      Des stratégies de développement à l’Africaine : Du MAP au NEPAD.
Le Millenium African Plan (MAP)[17], a été principalement inspiré par le président Thabo M’BEKI (Afrique du Sud). Y sont associé les présidents Olusegun OBASANJO (Nigeria), Abdelaziz BOUTEFLIKA (Algérie), tous mandatés par l’OUA pour trouver les voies et solutions à la crise de l’endettement de l’Afrique. Le dauphin et successeur de Nelson MANDELA commence la rédaction du MAP en 1999 où il y développe sa vision d’une Renaissance africaine, avec un renouveau politique et socioculturel. En effet, le MAP incorpore des préoccupations mondialistes comme en témoigne son architecture mettant l’accent sur la place de l’Afrique dans la communauté mondiale, l’Afrique et la révolution mondiale, le cas de l’Association Mondiale et la nécessité d’un nouveau partenariat avec les institutions multinationales.
Le Plan OMEGA du président Abdoulaye WADE (Sénégal) qui va suivre sera  présenté lors du Sommet France-Afrique de Yaoundé (Cameroun) de janvier 2001; il a ainsi bénéficié du soutien de la francophonie. Composante économique de ce qui sera appelé plus tard le NEPAD[18], ce plan met un accent particulier sur les infrastructures régionales et l’éducation et s’apparente au Plan de LAGOS, rédigé en son temps par l’expert WADE qui s’est inspiré du Plan N’KRUMAH des années 1960. Lu à la lumière de la théorie de la croissance endogène, il préconise le développement par l’intégration économique et à partir de la mobilisation du capital physique et du capital humain, qui présente un triple avantage dont l’élargissement des marchés, qui permet la réalisation des économies d’échelle, l’élimination de la contrainte des débouchés ; la rentabilisation des infrastructures qui du reste permettent la formation des marchés et une répartition optimale des ressources.
Enfin, Le Compact for African Recovery préparé et présenté par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) dont le Secrétaire Exécutif monsieur K. Y. AMOAKO avait été mandaté par la conférence des ministres africains des finances à la fin 2000. Le texte de la CEA développe un certain nombre d’idées qui aboutiront aux notions de partenariat renforcé (enhanced partnership), de responsabilité réciproque (accountability), d’examen par les pairs (peer review).
En 2000, la Communauté internationale fixe huit Objectifs au Millénaire pour le Développement(les OMD) à atteindre pour réduire la pauvreté de moitié d’ici 2015[19] et s’engage à prendre en compte les besoins spéciaux de l’Afrique et à soutenir ses efforts pour sortir du sous-développement.
Depuis la décision de créer l’Union Africaine (UA) au Sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de Syrte (Libye) en septembre 1999, plusieurs réflexions ont donc été menées pour définir le cadre d’exécution de la nouvelle vision. Elles ont abouti à l’élaboration d’un seul texte à Alger (mai 2001), la New African Initiative (NAI)/Nouvelle Initiative Africaine (NIA) en français et à son adoption dans la foulée du Sommet de Lusaka (Zambie) en juillet 2001 né de la fusion d’avec le MAP et le Plan Oméga.



    II.            NEPAD : PRESENTATION ET ANALYSE

A.     Présentation

Initié en octobre 2001, le NEPAD a été conçu et adopté par les chefs d’Etat à Abuja. Il est contenu dans un document important comprenant une soixantaine de page et 205 articles. Il présente tout d’abord brièvement la situation de l’Afrique dans le monde actuel, la nouvelle volonté des dirigeants Africains de remédier aux problèmes existants et l’appel  qu’ils lancent aux peuples concernés pour que ceux-ci participent aux efforts à mener.  Sa structure gravite autour de trois cellules :

v    Comité d’orientation et de mise en œuvre qui comprend 20 Chefs d’Etats.[20] Il est dirigé par un bureau souple comprenant un président et deux Vices- Présidents.
v    Le Steering committee qui fait état de comité Directeur et qui se compose des représentants des chefs d’Etat initiateurs : Afrique du sud, Egypte, Algérie, Sénégal et Nigeria.
v    Un Sécrétariat basé en Afrique du Sud.
 Il existe un comité Technique qui se réunit en cas de besoin pour régler les questions techniques. Le comité Directeur avait décidé la répartition de la gestion de projets des différents secteurs du NEPAD entre les chefs d’Etats fondateurs.
            Le NEPAD peut être définit « comme une Promesse faite par les dirigeants Africains fondée sur une vision économique et politique commune ainsi qu’une conviction ferme et partagée qu’il incombe d’urgence d’éradiquer la pauvreté, et placer leur pays individuellement et collectivement sur la voie d’une croissance et d’un développement durable »[21] Selon les sources officielles du NEPAD le projet a pour fondement les principes suivants :
v    Good governance as a basic requirement for peace, security and sustainable political and socioeconomic development
v    African ownership and leadership as well as broad and deep participation by all sectors of society
v    Anchoring the development of Africa on its resources and the resourcefulness of its people
v    Partnership between and among African people
v    Acceleration of regional and continental integration
v    Building the competitiveness of African countries and the continent
v    Forging a new international partnership that changes the unequal relationship between Africa and the developed world
v    Ensuring that all partnerships with NEPAD are linked to the Millennium Development Goals and other agreed development goals and targets[22]

*      Objectifs
Apres les 8 principes suscités  nous pouvons retenir en bref 3 objectifs  qui sont :
v    Promouvoir la croissance accélérée et le développement[23]
v    Eradiquer la pauvreté générale et extrême
v    Mettre fin à la marginalisation de l’Afrique dans processus de la  mondialisation
Par ailleurs le NEPAD estime qu’il est important voire indispensable que le développement de l’Afrique s’inscrive dans un contexte de Bonne gouvernance.


B.     NEPAD et Bonne Gouvernance
            La bonne gouvernance est l’un des principes fondamentaux du NEPAD, car aujourd’hui la faiblesse de l’Etat est une contrainte majeure au développement durable d’où la nécessité de renforcer la capacité à gouverner. Elle vient de la renaissance africaine initiée par l’ancien  président Mbeki  et théorisée dans un document  intitulé the  African Renaissance, a workable   Dream. En effet il y était admis qu’il vise la meilleure pratique et la bonne gouvernance politique et économique. Cette dernière est vue sous deux angles.
             La bonne gouvernance politique qui se traduit par les élections libres et honnêtes  ainsi que les institutions démocratiques respect des droits de L’Homme, de la femme et de l’enfant, transparente dans la gestion pu patrimoine public, éradication de la corruption.
              La bonne gouvernance économique et les flux de capitaux privés par une justice indépendante et honnête dans les litiges impliquant des investisseurs étrangers la gestion honnête et transparente des sociétés privées.
« C’est dans ce même esprit de la promotion de la bonne gouvernance comme préalable au développement qu’en Mars 2003 au sommet du NEPAD à Abuja que le Mécanisme Africain d’Evaluation par les pairs (MAEP) fut adopté sur le plan continental. En effet les promoteurs du NEPAD ont fortement affirmé que le MAEP est un effort positif et démontrable qui encourage les Etats Africain à la bonne gouvernance. Il est question de veiller à ce que les politiques et pratiques des Etats participants se conforment aux valeurs universelles. L’idée  derrière le MAEP est de connecter le reste du monde sur la  base de la reconnaissance et du respect mutuel   de la Démocratie, des Droits de l’homme et de la Bonne  Gouvernance ce qui va dans l’esprit du 8eme objectif des OMD d’où le programme afférent au genre du NEPAD qui devra articuler et promouvoir l’incorporation des questions relatives aux femmes en utilisant des mécanismes éprouvés aussi bien que de meilleures pratiques en vue de l’intégration des préoccupations des femmes dans le courant dominant des mécanismes de prise de décision, de mise en œuvre et de gestion le tout devant contribuer à une égalité de genres é par extension au processus de réduction de la pauvreté[24]. C’est dans cette optique qu’en 2007 la fondation du Soudanais Ibrahim Mo va instituer le Prix Mo pour primer les anciens chefs d’Etats Africains qui auront fait preuve de bonne gouvernance dans leur gestion des affaires publiques pendant qu’ils étaient au pouvoir »[25]. Pour attribuer le prix le Mécanisme Africain d’Evaluation par Pairs procède en quatre phases. Tout d’abord le comité des Chefs d’Etat et de Gouvernement participant au forum est la plus haute instance de décision du MAEP ; le groupe des personnalités éminents supervise le processus d’évaluation afin d’en garantir l’intégrité, il examine les rapports et fait des recommandations au forum du MAEP ; le secrétariat du MAEP fournit l’appui technique administratif et sert d’organe de coordination au MAEP ;  l’équipe des missions des nouveau pays visite les états membres afin d’évaluer les Progress et élaborer un rapport MAEP sur le pays.
Ce prix pour la bonne gouvernance s’élève à 5 millions de dollars et s’accompagne d’une rente de 200 000 dollars par ans. Les lauréats sont Joaqhim Chisano du Mozambique en 2007 ; Nelson Mandela ex président Sud-Africain qui a été lauréat et qui s’est vu attribué un d’honneur titre honorifique  la même année; Festus  Mogae  du Botswana recevra le sien 2008.En 2009 le prix ne sera pas décerné par manque de candidat méritant. Après deux années blanches, l’ancien Président du Cap Vert Pedro Pires s’est vu attribué, le 10 Octobre 2011, le prix du leadership d’excellence "Mo Ibrahim" visant à récompenser les chefs d’états africains pour leurs capacités à gouverner.
C.     NEPAD et Développement durable
Dans la conception du NEPAD, le développement est un processus endogène et cumulatif de long terme. Ce dernier doit se caractériser par des progrès de productivité et un partage équitable, permettant d’avoir des coûts humains et environnementaux  acceptables, un nombre croissant de personnes, une plus grande  maitrise de l’incertitude  et des instabilités, la satisfaction des besoins fondamentaux et l’amélioration des conditions de vie[26]. Ainsi, le programme d’action du NEPAD pour assurer un développement durable en Afrique est de valoriser la participation de tous les secteurs d’activités de cette société notamment le secteur privé[27], en basant son développement sur les ressources propres à l’Afrique, afin de rendre l’Afrique plus compétitive au niveau international tout en forgeant un nouveau partenariat international Nord-Sud. Tout ceci comporte également les initiatives économiques, sociales et écologiques de développement qui rentre dans le grand ensemble des besoins du continent. [28]
Pour atteindre un développement Economique de l’Afrique le NEPAD se lance dans le développement  des infrastructures, des technologies de l’information et de communication, de l’énergie, du transport et de l’eau[29]. Le NEPAD compte apporter le développement des infrastructures en Afrique en  améliorant l’accès aux infrastructures et en les rendant plus abordables et fiables à la fois pour les entreprises et pour les ménages ; Il compte accroître les investissements consacrés aux infrastructures en réduisant les risques auxquels les investissements privés doivent faire face, en particulier en matière de politiques et de réglementations ; Edifier les bases de compétences adéquates en technologie et en ingénierie pour installer, exploiter et entretenir en Afrique des réseaux d’infrastructures solides. [30] En effet, l’infrastructure selon le NEPAD est amplificateur et créateur d’activités économique. Ainsi, ce dernier en même temps promeut la participation des communautés et des utilisateurs à  la construction, à l’entretien et à la gestion des infrastructures, en particulier dans les régions urbaines et rurales pauvres en consolidant la capacité de formation de personnes responsables de la réglementation pour harmoniser les politiques et faciliter les connexions transfrontalières et l’élargissement du marché. En ce qui concerne les technologies de l’information et de la communication, le NEPAD compte les fonder sur l'interaction entre les télécommunications et les médias classiques basée sur les connaissances car ils constituent un facteur de contact permanent d’échange de biens et de services. Ceci permettra de doubler la densité des lignes téléphoniques pour parvenir à deux lignes pour 100, avec un niveau d'accès adéquat pour les ménages ; diminuer le coût et améliorer la fiabilité des services ;  mettre au point des logiciels à contenu local fondés en particulier sur l'héritage culturel de l'Afrique en collaborant avec les institutions régionales comme l'Union panafricaine des télécommunications (UPAT) et Arica Connexion pour concevoir une politique et un modèle pour la réforme des télécommunications[31] , l’établissement des mécanismes financiers,[32] visant à atténuer et à réduire les risques dans ce secteur. Aussi, l’énergie apparaît jouer un rôle crucial dans le processus de développement du a son importance dans le développement économique de l’Afrique. L’énergie est d’une nécessité domestique, mais aussi un facteur de production qui affecte directement la compétitivité des entreprises ainsi que le prix des biens et services. Compte tenu de la répartition inégale des ressources énergétiques sur le continent, le NEPAD compte tout mettre en œuvre pour développer les ressources d’énergie en Afrique. En accroissant l’accès à un approvisionnement commercial en énergie, fiable et abordable, de 10 à 35 pour cent ou plus de la population d’Afrique en 20 ans, tout en  réduisant le coût de l’approvisionnement  en énergie pour les activités de production afin de permettre une croissance économique. Pour parvenir a ses fins, le NEPAD planifie mettre sur pied une équipe spéciale pour accélérer le développement de l’approvisionnement en énergie pour les logements des groupes sociaux à faibles revenus en générant l’énergie hydroélectrique.
 Le transport en tant que priorité du NEPAD doit pouvoir réduire les délais de la circulation transfrontalière des personnes, des biens et des services ; promouvoir l’activité économique et le commerce transfrontalier des marchandises sur la base de meilleurs liens de transport terrestre en accroissant les liens de transport aérien des passagers et du fret entre les sous-régions d’Afrique. Ceux- ci devant harmoniser[33] les passages de frontières et  favoriser les partenariats entre les secteurs publics et privés pour l’octroi de concessions pour la construction, l’aménagement et l’entretien des ports, des réseaux routiers, des réseaux ferroviaires, de transport maritime, du transport aérien et le renforcement des capacités dans le domaine du contrôle du trafic aérien.
L’ Eau est un élément très important pour le développement de l’Afrique ainsi  le NEPAD compte assurer un accès durable à un approvisionnement en eau pure et potable et à un assainissement adéquat, particulièrement pour les pauvres qui constitue a  planifier et gérer les ressources en eau pour en faire la base de la coopération et du développement aux niveaux national et régional.
Le  NEPAD comporte aussi des initiatives sociales dans son programme de développement de l’Afrique tel que la mise en œuvre des ressources humaines qui consiste à éradiquer la pauvreté, à améliorer de l’éducation, la santé, la fuite des cerveaux et la culture. Ainsi, le NEPAD exige que les programmes nationaux préparés pour les initiatives dans le cadre du présent programme d’action évaluent la situation avant et après leur mise en œuvre, et mesurent leur impact sur la réduction de la pauvreté, et compte mettre sur pied une équipe spéciale sur la question de l’égalité des sexes pour assurer que les stratégies de réduction de la pauvreté du NEPAD abordent les problèmes spécifiques aux femmes pauvres ; il compte également mettre sur pied une équipe spéciale afin d’accélérer l’adoption de processus décentralisés de participation pour la construction des infrastructures et la prestation des services sociaux et travailler avec la Banque mondiale, le FMI, la BAD et les institutions des Nations unies pour accélérer la mise en œuvre et l’adoption du Cadre global de développement, de la Stratégie pour la réduction de la pauvreté et des initiatives apparentées.
La mise sur pied d’une équipe spéciale pour examiner les capacités de recherche dont le continent a besoin dans chaque région et la présentation des propositions à ce sujet sont également envisagés dans le plan d’action du NEPAD. Les principaux problèmes qui se posent à l’éducation en Afrique proviennent de l’insuffisance des installations et des systèmes de formation de la vaste majorité des Africains. Ceux d’entre eux qui ont eu la possibilité de fréquenter des établissements d’enseignements ailleurs ont démontré qu’ils étaient capables de réussir. De ce fait, le plan soutient la consolidation immédiate des établissements d’enseignement supérieur dans toute l’Afrique, en créant, suivant les besoins des universités spécialisées, des programmes de coopération avec des enseignants africains. Il faut aussi insister sur la nécessité de mettre en place des instituts  technologiques. Le NEPAD compte aussi inverser la tendance à la fuite des cerveaux pour en faire une tendance au "gain des cerveaux" en Afrique ; renforcer et retenir sur le continent les capacités humaines nécessaires au développement de l'Afrique ; élaborer des stratégies pour l'utilisation du savoir-faire et des compétences des Africains de la diaspora dans le domaine scientifique et technologique en vue du développement de l'Afrique. Il le réalisera en créant en Afrique un environnement politique, social et économique propice au flux des investissements dont le continent a tant besoin et en promouvant la coordination et la collaboration entre les experts des pays d'origine et ceux de la diaspora. Tout ceci tendra à veiller à ce que l'expertise des Africains installés dans les pays développés soit utilisée dans le cadre de l'exécution de certains des projets prévus dans le NEPAD.  
En ce qui concerne la santé[34], le NEPAD compte renforcer  les programmes de lutte contre les maladies transmissibles afin qu'ils soient à la hauteur de la tâche d'alléger le fardeau des maladies ; disposer d'un système de soins de santé solide qui réponde aux besoins et qui appuie efficacement la lutte contre les maladies, assurer l'appui nécessaire au développement durable d'un système de soins de santé efficace; habiliter les peuples d'Afrique à agir pour améliorer leur propre santé et assurer l’éducation sanitaire en Afrique. Selon le NEPAD l’amélioration du domaine sanitaire  peut donc passer la participation de l'Afrique aux processus visant l'obtention de médicaments à des prix abordables, notamment ceux auxquels sont engagées les compagnies pharmaceutiques internationales et la société civile internationale et par l’examen des possibilités d'utiliser d'autres systèmes d'approvisionnement pour les médicaments et les fournitures essentiels ; la mobilisation des ressources requises pour intervenir de façon efficace contre les maladies et la mise en place de solides systèmes sanitaires ; l’acheminement des campagnes en faveur d'un appui financier international accru pour lutter contre le VIH/SIDA et les autres maladies transmissibles ; la collaboration avec d'autres organisations internationales comme l'OMS et les bailleurs de fonds afin de s'assurer que l'appui au continent est accru pour atteindre au moins 10 milliards de dollars EU par an ; Ce processus d’amélioration devra également conformément au programme du NEPAD passer par un encouragement des pays africains dans la perspective d’ accorder la priorité aux soins de santé dans leurs propres budgets et dans l’accroissement progressif des budgets pour parvenir à un niveau déterminé d'un commun accord. La culture fait partie des efforts de développement du entrepris par le NEPAD car en effet ce dernier consacre une attention particulière a la protection du savoir traditionnel particulière à la protection et au développement du savoir traditionnel notamment les œuvres littéraires et artistiques nourries de tradition comme aux travaux scientifiques, performances, inventions, découvertes, conceptions, marques, appellations et symboles, informations encore non divulguées et toutes autres innovations et créations fondées sur la tradition et des activités intellectuelles.
 Dans les domaines industriel, scientifique, littéraire ou artistique. Les dirigeants du NEPAD prendront d’urgence des mesures pour faire en sorte que le savoir autochtone de l’Afrique soit protégé par des législations appropriées. Ils favoriseront aussi sa protection au niveau international en travaillant pour ce faire en étroite collaboration avec l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).
La dernière initiative entreprise par le NEPAD en faveur du développement de l’Afrique est écologique et environnementale. Une Afrique avec un environnement sain et productif est une condition préalable et indispensable à la réussite du NEPAD. Pour assurer la protection de l’environnement des programmes cohérents qui établiront l’ordre les priorités et d’interventions seront élaborés. Ces initiatives en matière d’environnement doivent pouvoir évoluer parallèlement avec la lutte contre la pauvreté pour aboutir à un développement socio-économique de l’Afrique. La gestion de l’environnement dans le cadre du NEPAD visera à cet effet huit interventions prioritaires à savoir lutter contre la désertification, protéger les zones humides, stopper la prolifération des espèces exotiques envahissantes, gérer les côtes, freiner le réchauffement planétaire, créer des zones transfrontalières de protection de l’environnement, Gouvernance écologique et Financement. Le NEPAD envisage des interventions modèles de remise en état des terres dégradées visant les facteurs qui en ont provoqué la dégradation, multiplier des interventions modèles africaines de protection des zones humides dont les bénéfices socio-écologiques offrent un excellent rendement. Etablir des partenariats pour empêcher l’implantation d’espèces exotiques envahissantes ou lutter contre elles. Protéger les ressources côtières et en assurer la meilleure exploitation possible, l’on suggère encore une fois des interventions modèles qui pourront être suivies d’un programme plus vaste. L’Initiative pour l’environnement offre le net avantage de regrouper de nombreuses initiatives qui peuvent être engagées dans des délais relativement courts et dont le rendement par rapport aux investissements est exceptionnel en termes de création d’une base socio-écologique permettant au NEPAD de prospérer.

 III.            BILAN ET PERSPECTIVES
A.     Bilan
            Le NEPAD a généré des résultats probants dans des domaines comme la gouvernance et l’éducation. Le NEPAD est directement à l’origine des stratégies de développement les plus importantes dans des secteurs prioritaires comme l’agriculture (avec le CAADAP) ou les infrastructures (avec le PIDA)[35]. Le fait que l’ensemble des pays africains s’efforce d’appliquer les normes et les règles de ces deux stratégies continentales est un succès considérable. Le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs est une approche originale qui vise à faire le bilan de la gouvernance (économique, politique…) dans des pays qui se portent volontaires. Lors de ce processus, un groupe indépendant d’experts effectue un diagnostic franc et objectif du pays et ses conclusions sont partagées avec les pairs du président dont le pays a été examiné. C’est une expérience unique au monde. A ce jour, 23 pays se sont portés volontaires. Donc le NEPAD, sur ces trois points notamment, a eu une mise en œuvre visible.
            Sur la question des alternances et de la démocratisation, il est à noter que le nombre de pays africains qui organisent des élections démocratiques a augmenté de manière considérable au cours des 10 dernières années. On peut citer à titre d’exemple le Ghana. Sur le plan éducationnel et culturel, la célébration de la Journée de l’Afrique du NEPAD en 2009, a abouti à l’adoption d’un projet commémoratif visant à promouvoir la musique et les arts autochtones. Le projet encourage la recherche, la documentation et la publication des approches endogènes dans les arts, l’alphabétisation et le développement. Un certain nombre d’étudiant(e)s ont pu mener à terme des programmes du niveau de la maîtrise et acquis de l’expérience professionnelle.   
Le secteur privé est également considéré comme un facteur vital pour l’objectif économique du NEPAD : changer le rôle de l’Afrique dans l’économie mondiale. Une vingtaine de projets auraient été étiquetés « NEPAD ».  Sur le plan agricole, les investissements à travers le continent ont été accrus de 10% dans les budgets nationaux, selon les organisateurs, et les objectifs du NEPAD sont aussi autant d’aiguillons pour les États. Le Sénégal a par exemple aligné son objectif de dépense dans le domaine de la Santé sur celui du NEAPD. Dans le domaine des nouvelles technologies, un projet pilote visant à équiper plus d’une centaine d’écoles en ordinateurs a été lancé, et est financé par le secteur privé, le but étant à terme d’équiper des centaines de milliers d’écoles avec l’aide des bailleurs de fonds.
Cependant plusieurs insuffisances subsistent. Tout d’abord la démarche du NEPAD ne revient en effet qu’à un petit groupe d’Etats qui entend entretenir le Leadership au sein du partenariat sur la base d’une promesse restreinte. [36]Ainsi de nombreuses interrogations sont en suspens et plusieurs doutes subsistent quant à l’avenir du NEPAD.
·         Les sociétés civiles africaines c’est  à dire ceux pour qui le NEPAD est censé être destiné n’ont pas été consultés ou associés à son élaboration, ses concepteurs ayant opté pour une démarche de type « top down ». Jusqu’à présent, ce fut le travail de quelques comités ou élites très restreints (sans doute compétents et dotés de bonnes intentions), mais qui ont davantage privilégié la conquête de la reconnaissance internationale.
·         L’on observe également une implication à vitesse variable dans ce programme, selon le poids économique et/ou la puissance politique des pays. Certains dirigeants de pays vulnérables ou en proie à des troubles internes (Côte d’Ivoire, Centrafrique, Zimbabwe, Soudan, Congo-Kinshasa, etc.) semblent marginalisés ou « exclus » de ce dossier. Il existe en plus un risque réel que cette initiative serait aperçue comme un instrument d’hégémonie politique pour son « directoire » des 5 porteurs qui entendent garder le leadership. Certains recommandent le rejet pur et simple de ce n-ième programme libéral dont ils se souviennent encore très bien des « effets sociaux dévastateurs ».
·         De plus, l’objectif de croissance de 7% parait excessivement ambitieux. La question clé des financements privés et publiques reste posée ; et la priorité accordée aux infrastructures requiert non seulement des financements de investissements onéreux, mais suppose également des charges récurrentes couteuses pour les budgets.
·         L’accent est ici mis sur les exportations comme facteurs de croissance. Or l’on sait que exportations primaires aux cours très instables ne peuvent durablement entrainer la croissance. Seules une remontée en gamme et une diversification des produits exportés peuvent favoriser la croissance durable.
·         Les besoins financiers annuels pour assurer les objectifs du NEPAD sont estimés à 60 milliards de dollars, soit plus de quatre fois le montant annuel de l’APD et des IDE. Il importe de rappeler, quand on cite le plan Marshall, que l’aide américaine représentait alors 2.5% du PIB (contre 0.1% actuellement). Ce taux représentait, comparé au PIB actuel, 250 milliards de dollars.
·         Le NEPAD concerne l’ensemble de l’Afrique, ce qui en fait son originalité ; et est en cohérence avec la constitution de l’Union Africaine. En revanche, on peut douter des relations effectives entre l’Afrique du Nord et l’Afrique Subsaharienne, et entre les grandes puissances africaines, telles que l’Afrique du Sud et le Nigéria, et les « petits » Etats.  
·         Les niveaux régionaux pour mettre en œuvre le NEPAD, et donc les capacités des institutions et organisations régionales africaines, restent flous. Le NEPAD retiennent les organisations officielles dont on sait qu’elles ont de nombreuses limites et que les processus d’intégration régionale se font d’avantagent autour du pays frontière et de dynamiques « informelles ». Il faudrait renforcer les capacités de négociation et de gestion à des niveaux régionaux.
·         La question de la cohérence  du NEPAD avec les autres agendas des bailleurs de fonds du G8 et plus de l’Union européenne (UE)  se pose : comment assurer la cohérence avec le plan du Caire (1999) entre l’Afrique et L’UE avec l’accord de Cotonou  (juin 2000), avec le programme de Barcelone et le programme MEDA entre L’UE  et l’Afrique du nord  ou avec l’opération  «  tout sauf  les armes » concernant les pays les moins avancés. Elles-mêmes  en  contradiction avec les accords  de partenariats  économique (APE) préconisés par L’UE. [37]
Il est important de noter que si on se refaire à certaines projections explicites, le cadre temporel du mécanisme népérien, 2000-2015, présente certes l’avantage d’exister comme repère et de coller à la déclaration des Nations Unis sur le millénaire en lui empruntant pour l’essentiel les grands objectifs de développement et d’élimination partielle de la pauvreté en 2015 ; il ne recèle pas moins l’inconvénient d’un horizon trop court pour un travail approfondi de prospective qui tienne compte du poids des variables lourdes sur le développement économique et social d’un continent en déperdition et aux défis mondiaux. C’est pourquoi il aujourd’hui indispensable d’élaborer des déterminants majeurs d’une stratégie de développement de l’Afrique qui tienne compte des spécificités du continent africain.
B.     Perspectives
Ces perspectives seront des piliers centraux d’une stratégie qui implique les domaines de l’éducation, du bâtiment, de la communication, des arts de la culture etc.
·         L’éducation et la formation : la philosophie de l’éducation poursuivit dans la majeure partie des pays africains-à l’exception du Ghana et du Nigéria- a été de délaisser, voir même de mépriser les enseignements lié à l’agriculture et à l’agro-industrie. Par ailleurs, les structures des filières enseignées en Afrique Subsaharienne a souvent été, elle aussi, en déphasage total avec toute ambition de développement réel ; lorsqu’on note que 70% des jeunes élèves et étudiants évoluent dans les sciences de l’ingénieur, et 30% dans les sciences humaines, proportion inverse en Afrique. Force est de reconnaitre que ce ne sont pas les connaissances en sciences sociales qui produiront des infrastructures dont l’Afrique à besoin pour accélérer son rythme de développement.

·         L’agriculture et l’agro-industrie : aucune puissance globale au plan mondial ne l’a été sans transiter au préalable par la puissance agricole, le système éducatif africain se doit d’accorder une place primordiale à toutes les sciences liée à l’agriculture. En outre, chaque pays africain devrait se donner pour objectif de créer davantage de collèges et lycées agricoles, puis des Instituts universitaires et Universités dédies à l’agro-industrie.

·         La santé : il est difficile de s’occuper des besoins en soins de santé des populations africaines qui, à 70% font confiance à la médecine africaine. Cependant, l’insistance actuelle à continuer à observer à médecine traditionnelle est suicidaire pour l’Afrique.  Elle éloigne la possibilité réelle dans la quête d’une meilleure santé pour l’Afrique. Le véritable développement de l’Afrique passerait donc par une maitrise plus affirmé de ces deux médecines, et par une construction plus déterminée d’Etats efficients c’est-à-dire efficace.
·         Le rôle de l’Etat dans la quête du développement :   Les Etats africains, dans l’élaboration de leurs stratégies de développement, devraient mieux se consacrer à trois (03) actions principales. La première serrait celle d’accorder davantage de place aux initiatives scientifiques, technologiques, économique et culturelle locales, par le biais d’un soutien financier aux projets pertinents, plutôt que de favoriser des propositions de cabinets de consultants expatriés qui n’aboutissent pas toujours aux résultats souhaités en termes de développement. Ensuite, s’attacher à remodeler la moralité des acteurs dans les structures de service public en y réintroduisant les valeurs éthiques de l’ainesse, ou de sens de la solidarité collective. Et enfin, créer un environnement varié de saine émulation en s’assurant que les jeunes africain formés dans les écoles d’administration ou les universités ne rêvent pas tous d’une carrière politico-administrative dans le but de s’accaparer de la plus grande fraction du « gâteau national ».
       
·         Intégration continentale et développement de l’Afrique : la meilleure façon d’accélérer les flux socio-économiques intra africain est pour l’Union Africaine, d’adopter en accord avec tous ses pays membres, une résolution faisant d’une langue africaine une « langua-franca » qui serrait enseignée sur tout le continent. Ainsi la langue choisie (le Swahili par exemple) ouvrirait enfin l’Afrique au africains, aiderait à la reconfiguration psychologique, affective et économique du continent, en spécialisant certaines régions à la production de certains biens et services à moindre cout et en imaginant de nouveau schéma de communication humaine. Les échanges économique et même la culture en serraient largement facilite ; et les bienfaits du tourisme intra-africain aux populations qui se chiffrent désormais à un milliard d’individus, seraient aussi évident qu’incontestables.

CONCLUSION

Parvenus au terme de notre exposé qui portait sur  le NEPAD, la Bonne gouvernance et le développement de l’Afrique , nous retenons que le NEPAD est une initiative Africaine adoptée en octobre 2001 comme un plan de relance économique de l’Afrique destinée d’une part à créer en sa faveur des conditions propices a une croissance et à un développement durable en considération de son intégration a l’économie mondiale. Cependant, il recèle des insuffisances en termes de démarche et de temps qui sont aujourd’hui des facteurs déterminants pour le décollage de l’Afrique. Il serait nécessaire pour l’Afrique de s’inventer un modèle qui prenne certes en compte les exigences de la globalité du monde mais en restant avant tout focalisé sur les réalités africaines. Car, en effet,  le développement  endogène est une approche territoriale et locale inscrit dans « le paradigme du développement par le bas » qui selon,  Proulx « concerne davantage les pays en développement que les pays développés »[38] .Ce développement s’accommode mal des solutions imposées d’en haut et surtout de l’extérieur  voilà pourquoi la situation économique de l’Afrique est toujours fortement dépendante de l’Aide Publique au Développement.    

BIBLIOGRAPHIE

BRODIN, CLAIRE : « Le NEPAD, Une Initiative Politique De L’Afrique,  Penser Son Développement Au XXIe Siècle www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/Brodin.pdf

Dossier NEPAD,  Afrique contemporaine No204,  4e  Trimestre, 2002.

FOUNOU-TCHUIGOUA, BERNARD (Directeur de Recherches) : Le NEPAD ou le Défi du Rattrapage, Forum du Tiers Monde, Nairobi, Kenya, 26 – 28 April 2002.

MELBER, HENNING: The G8 and NEPAD-More than an elite pact? University of Leipzig papers on Africa, 2004.

PONDI,  JEAN-EMMANUEL : Repenser le développement à partir de l’Afrique, Afrédit, 2011.

TAYLOR IAN, “Towards Africa’s Development or another False Start?”Lynne Rienner publishers, 2005.



[1]www.fredericmartel.com/pdf/documents.pdf: Harry Truman’s Speech President of the United States of America 1949.
[2] Économiste américain (New York 1916-Austin, Texas, 2003).Dans les Étapes de la croissance économique (1960), il distingue cinq stades dans toute société en voie d'industrialisation : la société traditionnelle, les conditions préalables au démarrage, le démarrage, les progrès vers la maturité et l'ère de la consommation de masse. On lui doit en économie le concept de take-off (« décollage »).
[3] Pondi, Jean-Emmanuel : « Repenser le Développement à Partir de l’Afrique », Editions Afrédit, 2011, Page 42.
[4] Rist, Gilbert : « Le Développement : Histoire d’une Croyance occidentale », Paris, Presses de. Sciences po, Coll, références inédites, 1996.
[5] Traité signé le 25 mars 1957 par la France, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Italie et la République fédérale d’Allemagne, établissant la Communauté économique européenne (CEE) — devenue Union européenne depuis la signature du traité de Maastricht. Microsoft ® Encarta ® 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation.

[6]Réunion qui s’est tenue du 18 au 24 avril 1955, à Bandung, sur l'île de Java en Indonésie, réunissant vingt-trois pays d'Afrique et six pays d'Asie, et qui a été à l'origine de la création du mouvement des pays non-alignés. Microsoft ® Encarta ® 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation.

[7] C’est là le premier congrès du mouvement de non-alignement luttant contre toutes formes de colonialisme et permettant de faire bloc face aux deux puissances de la guerre froide, les Etats-Unis et l’URSS.
[8] La Charte de l’OUA et les documents sur l’Union africaine cités sont disponibles sur le site Internet www.africa-union.org.
[9] Communauté Economique Européenne.
[10] Brodin, Claire : Le NEPAD, Une Initiative Politique De L’Afrique,  Penser Son Développement Au XXIe Siècle, article téléchargé le 1er Mai 2O12 à 21h 45.
[11] Idem.
[12] Système de stabilisation des recettes minières
[13] Idem.
[14] NALEDI, Institut National du Travail et du Développement économique : Le NEPAD face à ses défis. Alternatives à la mondialisation néolibérale, 2004. Téléchargé le 1er Mai 2012 à 21h 14.
[15] Messanga, Nyamding, Charlemagne : La faillite du développement en Afrique, in « Repenser le Développement à partir de l’Afrique ». Editions Afrédit 2011. Page 99.
[16] Sur la politique française, cf. le discours de La Baule de François Mitterrand en juin 1990.

[17] « Programme de renaissance de l’Afrique pour le millénaire » (Millenium Partnership for the African Recovery
Programme) : MAP.
[18] FOUNOU-TCHUIGOUA,  BERNARD (Directeur de Recherches) : Le NEPAD ou le Défi du Rattrapage, Forum du Tiers Monde, Nairobi, Kenya, 26 – 28 April 2002, téléchargé le  01-05-12 à 21h59.


[19] 1. Réduction de l’extrême pauvreté et de la faim; 2.Education primaire pour tous ; 3.Suppression des disparités hommes/femmes ; 4. Réduction de la mortalité infantile ; 5. Amélioration de la santé maternelle ; 6. Combattre le VIH/sida, le paludisme et autres maladies; 7. Assurer un environnement durable ; 8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

[20] Réunion comite de mise en œuvre de juillet 2002, soit 4 pays par zone
[21]Taylor, Ian: NEPAD towards Africa’s Development or another False Start? Lynne Rienner publishers, 2005, Page 45.
[22] Taylor, Ian: NEPAD towards Africa’s development or another False Start? , Page 7.
[23] www.nepad.org
[24] Plan d’Action pour l’Afrique : www. nepad.org.
[25] Pondi, Jean Emmanuel : Repenser le développement à partir des spécificités africaines in  “Repenser le Développement à partir de l’Afrique” Page 41
[26] Tsafack, Manfosso, et Tchouassi, Gérard : Quel modèle de développement en Afrique cinquante ans après les indépendances, In Repenser le développement a partir de l’Afrique, Afrédit, 2010.

[27] Le secteur privé selon le NEPAD s’engagera dans la mise en œuvre de programme d’action en utilisant l’expertise locale en conservant et /ou considérant les réalités Africaines.
[28] Ceci parce que le NEPAD relève plus d’une vision politique que d’une vision de développement ainsi ces initiatives ne sont pas des étapes de développement.
[29]Melber, Henning: The G8 and NEPAD-More than an elite pact? , University of Leipzig papers on Africa 2004, Page 5.
[30] Dossier NEPAD, Afrique Contemporaine, No 204, 4e trimestre2002, la documentation Française, page 56-61.
[31] Ceci est constituer des protocoles et des références permettant d’évaluer la préparation l’utilisation des communications électroniques et a pour but de consolidation les capacités de réglementation.
[32] Ces mécanismes de financement  visent une collaboration avec les institutions  de développement en Afrique tel que  la Bank Panafricaine de Développement, les équipes spécialisé des Nations Unis et les bailleurs de fonds bilatéraux
[33] L’harmonisation des frontières se fait ta travers l’harmonisation des normes et des réglementations selon le mode de transport et en collaboration avec organisation régionaux pour mettre sur en place le développement des transports.
[34] Qui est définit comme étant un état complet de bien-être physique et mental, contribue à l’augmentation de la productivité et par conséquent à la croissance économique définition de l’Organisation Mondiale de la Santé.

[35] PIDA : « Programme de développement des infrastructures en Afrique », 2003.

[36]  Dossier NEPAD, Afrique contemporaine, numéro 204,  P46- 47.
[37] Idem.

[38] Ibid Repenser le Développement à partir de l’Afrique, page 323.

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