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ACTUALISATION DE L'HUMANISME ROUSSEAUISTE

Auteurs

KAMDEM Bismark, POUHE Harmonie Alice, SIMO SIMO Nathalie, SINEDJE KONKAM Letuina, SHANDA TCHAMO Angela, TAKEUGNE Brice Noel, TCHOKOTEU MONGA Audrey, TCHOUGONE Vanessa Carelle, TEMATIO NGUEVOU Maurice et TSAMO NGUETSE Juliette

RESUME

Le Siècle des Lumières (18eSiècle) a légué à l’humanité des philosophes de renommée planétaire qui structurent encore la pensée philosophique et politique depuis lors. L’une des principales figures de ce siècle des Lumières est Jean Jacques Rousseau (1712-1778), écrivain et philosophe genevois de langue française dont la quintessence de la pensée philosophique n’est plus à démontrer. Ce travail s’articulant autour de l’actualisation de l’humanisme rousseauiste a pour objectif non seulement de mettre en lumière la contemporanéité de l’humanisme de Rousseau, mais aussi évalue avant tout l’œuvre de ce dernier tant sur le plan de sa portée théorique que de son fondement qui met en exergue les notions de souveraineté et de loi comme instance normative de la société.

INTRODUCTION

Le 18eSiècle est pour les philosophes et la quasi-totalité des hommes de sciences, le Siècle de l’émergence de la pensée en ceci qu’il constitue le siège par excellence de la naissance des sciences modernes. De nombreux courants philosophiques émergent aussi au cours de cette période et au rang de celles-ci figure en bonne place la philosophie humaniste qui prend source dans la philosophie classique aussi bien avec Érasme qu’avec Montaigne qui, tous accordaient à l’Homme, à l’observation de la nature et à l’expérience une importance que l’érudition (la connaissance) des siècles précédents avait occultée[1].

Le siècle des Lumières va ainsi reprendre et développer l´héritage de l´Humanisme classique en le soumettant au rationalisme de Descartes[2] qui s´organise (l’Humanisme) autour d´une doctrine philosophique générale que la Révolution de 1789 va à la fois reprendre et schématiser en s’inspirant des pensées des philosophes comme Voltaire, Montesquieu et Jean Jacques Rousseau. Chacun de ces philosophes nous lance en effet une sorte d´avertissement et inaugure une analyse programmatique que l´Humanisme se doit d´accomplir[3]. Le respect de la dignité de l’homme est l’horizon pour ces philosophes et il faut apprendre à penser et à agir par soi-même pour l’amour de l’humanité. Les humanistes sont ainsi invités à être conséquents et pertinents dans l´action. L´humanisme n´est donc pas seulement une doctrine, mais c´est aussi un art de vivre[4].Il est ici question pour nous d’actualiser l’Humanisme rousseauiste et nous ne pouvons malheureusement nous empêcher de nous questionner sur la nécessité d’actualiser un tel courant de pensée.

Ainsi, nous posons comme question de recherche à laquelle nous devrons apporter des solutions adéquates, l’Humanisme de Rousseau est-il d’actualité? Il s’agira pour nous d’opérer un retour aux sources rousseauistes notamment dans ses écrits et de façon spécifique dans « Du contrat social ou Principes du droit politique » publié en 1762 et dans lequel, il expose de façon détaillée toutes ses théories sur l’homme et la société pour faire jaillir la quintessence de son humanisme. L’objectif d’une telle démarche ne manque pas d’intérêt car non seulement elle nous permet de revisiter les théories préconisées par ce philosophe il y a quelques Siècles, mais aussi elle donne une opportunité de les comparer à la société actuelle. Pour ce faire, nous étudierons dans une première partie l’Humanisme de Rousseau et dans une seconde partie, nous l’actualiserons.

I. L’HUMANISME DE ROUSSEAU

L’humanisme est un courant culturel qui s’est développé à la renaissance, tirant ses racines depuis l’antiquité grecque avec Protagoras qui affirmait déjà à cette époque que l’homme est la mesure de toute chose. Cet humanisme se retrouve également dans les travaux de Montaigne, Descartes, John Locke et bien d’autres. Toutefois, Rousseau, philosophe de la période des lumières, en fit une étude profonde en ceci qu’il s’attela à une étude sur l’homme portant sur son unité et sa diversité, sa place dans la société, son être et son devoir être, ce qui lui valut le titre d’humaniste.

A. La place de l’homme dans l’entreprise de Rousseau

Il s’agit ici de montrer la place qu’occupe l’homme dans l’humanisme de Rousseau, de savoir qu’elle est la caractéristique première ou fondamentale de l’homme, c'est-à-dire la nature humaine (1) et d’analyser cette homme entant qu’un être toujours en train de se faire c'est-à-dire de se perfectionner : c’est la perfectibilité (2).

1. La nature humaine

Contrairement à l’idée hobbesienne[5] selon laquelle l’homme est un être essentiellement mauvais, animé par un instinct d’égoïsme qui le pousse à être un danger pour son semblable parce qu’étant un loup, rousseau pense plutôt que l’humanité ou la nature première de l’homme c’est d’être bon et innocent. Pour lui il est fondamentalement bon et innocent. Mais c’est la société dans laquelle il est placé qui le corrompt et le dénature faisant ainsi de lui un être méchant et avide. Selon rousseau l’homme n’est jamais absolument diabolique et il faudrait distinguer l’être de l’homme du paraitre de l’homme. L’homme parait mauvais parce qu’il l’est devenu au cours de l’histoire mais il ne l’est pas dans son fond.

En effet, Selon Jean-Jacques Rousseau, l’homme, à son état de nature, fait preuve d’amour de soi[6] assurant ainsi son bien-être. Pour Rousseau, l’homme naturel est animé par deux passions : l’amour de soi et la pitié. L’amour de soi, c’est l’instinct de conservation, ce qui fait que l’homme cherche à se préserver et à se conserver ; ceci n’est pas à confondre avec l'amour propre[7] qui lui se développe avec la société. . L'amour de soi est donc un simple souci de conservation sans que la vanité entre pour quoi que ce soit dans les passions naturelles au contraire des passions sociales. La pitié incite, quant à elle, l’homme à avoir une « répugnance naturelle à voir périr ou souffrir tout être sensible et principalement nos semblables ». Il est aussi capable de pitié, ce qui le porte sans réflexion au secours de ceux qu’il voit souffrir. Il y a alors une égalité naturelle puisque tous les hommes sont égaux entres eux, sans différences. Dans Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, (1750), Il constate ainsi que le progrès et l’émancipation de l’homme aboutissent à la corruption des mœurs d'une société.

Egalement, dans Discours sur les sciences et les arts, Rousseau pense tout simplement que le progrès des sciences et des arts, preuve la plus éclatante de l’amélioration de l’homme, est surtout la cause des maux qui l’accablent. Il soutient dans le même sens que les sciences et les arts ne sont pas en eux-mêmes mauvais, mais, de fait, au sein de la société telle qu’elle est, ils véhiculent égoïsme, vanité, superflu et gout du pouvoir et de la domination de l’homme sur l’homme. Et si les arts et les sciences sont cause de corruption, c’est parce que leurs sources est déjà corrompue. Rousseau affirme donc que l’homme est transformé par la société de façon néfaste. Il devient ainsi égoïste et individualiste et est adepte des artifices et du paraître plutôt que de l’être, l’individu se perd ainsi dans la recherche du luxe et du superflu. Par conséquent, à l’état de nature, l’homme étant un être infra-moral, n’est ni bon ni mauvais moralement : innocent, il ignore tout de l’opposition du bien et du mal. Lorsque rousseau parle néanmoins de « bonté naturelle », il signifie simplement que dans cet état les facultés de l’homme ont pour fin naturelle son propre bien être. Cette finalité s’exprime donc dans l’amour de soi et la pitié, indépendamment de la raison et de toute vie sociale. De plus Rousseau nous dit que l'homme à l'état de nature n'est ni bon ni mauvais, tout simplement parce qu'il ignore la morale. La morale est une acquisition sociale. Cependant, dit Rousseau, nous qui savons ce que c'est que la morale, quand nous concevons l'état de nature par rapport à l'homme social, nous devons dire que l'homme naturel est bon. Il n'est pas bon par morale, ce qui impliquerait de réfléchir au bien et au mal et de choisir le bien. Il est bon sans avoir à réfléchir, sans calcul, spontanément. La morale implique la règle" Tu dois faire ceci, tu ne peux pas faire cela " des contraintes à respecter, des règles à respecter. Or, par définition, la règle est sociale. L'homme naturel est spontanément bon mais il ignore ce qu'est la morale. Il n'est pas vertueux.

Finalement, selon Rousseau, le passage de l’état de nature à l’état civil est donc désavantageux puisque l’homme naît bon, mais la société le corrompt. Mais il refuse que la perversion de l’homme soit antérieure à l’état civil c’est-à-dire à l’état de société c’est donc une fois entrer en société que l’homme naturel devient de « l’homme de l’homme » c'est-à-dire un autre que ce qu’il est, un second homme, produit du développement historique, qui a recouvert son essence la rendant méconnaissable, telle la statue de Glaucos défigurée par le temps et les éléments.

Rousseau pense néanmoins que par le biais de l’éducation on peut amener l’homme à canaliser ses actions vers de fins morales. Dans Emile ou de l’éducation, il pense que si la société dans laquelle l’homme est entrée l’a dénaturée, il serait possible par cette éducation, essayer d’empêcher un enfant de marcher sur les traces de cet homme de l’homme qui fait son propre malheur.

Toutefois il faut convenir avec Rousseau qui dans sa pensée va rejoindre Sartre, que ce changement de l’homme est dû au fait que l’homme soit animé par un sentiment qui le pousse à se faire de manière permanente, c'est-à-dire se perfectionner, pour satisfaire ses différents besoins.

2. L’idée de perfectibilité

A cause des accidents causés par la nature, l’homme cherche des moyens pour se protéger et améliorer sa condition, pour prévenir les caprices de la nature. La notion de perfectibilité a été forgée par Rousseau pour désigner la faculté de l’homme à dépasser les déterminations de l’instinct grâce à l’acquisition perpétuelle de nouvelles capacités qui perfectionnent son action et son entendement si au contraire, l’animal est resté lui un être naturel, cela signifie d’après Rousseau que la nature humaine doit comporter quelque chose de tout à fait spécifique : la « perfectibilité ». Alors que l’animal dispose d’instincts, conditions de son adaptation au milieu environnant, alors qu’il est en son genre parfait, l’homme est perfectible. C'est-à-dire cette faculté qui anime l’homme à toujours se perfectionner, cela revient à dire que l’homme à la différence de l’animal ne possède pas de nature ou d’essence qui le détermine à priori. En ce sens, il est libre car n’étant pas programmé. Son adaptation est toujours à inventer, elle n’est jamais parfaite, et c’est pourquoi, une fois l’impulsion donnée par les circonstances, il entre dans l’histoire. L’animal selon Jean Jacques Rousseau possède donc une nature; il ne fixe pas les règles de sa conduite. Comme le dit Kant « une raison étrangère a déjà pris soin de tout pour lui ». Il est d’emblée tout ce qu’il peut être ; sa naturalité exclut toute forme de liberté et de progrès. L’homme, non. Il a une histoire. L’apparition du mal dans l’histoire suit les manifestations de la perfectibilité : il s’agit du travail des métaux, la sédentarisation, progrès agricoles; le travail se divise et les hommes prennent l’habitude de la possession continue du sol. On passe ainsi à la propriété dont Rousseau qualifie de « funeste hasard » qui oriente l’homme vers la mauvaise direction, parce qu’étant avide de perfection et tout ce qui concours à la satisfaction de ses besoins. Ce que Rousseau pointe avec cette notion de perfectibilité c’est donc un trait distinctif de la nature humaine consistant à ne pas être figé dans les limites d’une nature.

En faisant donc de la perfectibilité la ligne de démarche entre l’homme et l’animal, Rousseau énonce un critère déterminant dans la nature de l’homme. On ne peut donc nier de fait que la condition des hommes change dans le temps, que l’historicité est essentielle au fait humain. Au contraire, la temporalité, le devenir, ne sont pas essentiels au fait animal. L’animal est. Il ne devient pas ; son immuabilité est un autre nom de sa stricte neutralité. L’homme quant à lui n’est pas, il devient. Ses caractéristiques présentes étant le produit de toutes les acquisitions qui l’ont sculpté. Enfin la perfectibilité constitue ainsi l’homme comme l’être dont la nature est de transformer la nature en lui (éducation), hors de lui (travail). Il est produit selon Rousseau, comme sujet historique dans une temporalité qu’il est permis de penser comme l’odyssée de la perfectibilité ou de la liberté, une liberté souvent trébuchante mais qui ne doit qu’à elle-même tout ce qu’elle peut être.

B. Jean Jacques Rousseau et l’humanisme

La conception du droit chez Rousseau s’inscrit résolument dans l’anthropologie et la politique. Le paradoxe dans lequel se situe la pensée de Rousseau mérite un moment d’attention si on veut saisir ce qui nous semble être une articulation décisive dans l’histoire moderne du droit; articulation qui a donné naissance à ce que nous désignons comme l’humanisme juridique ou conception du droit exclusivement liée à la liberté humaine. Le droit naturel moderne, aux yeux de Rousseau, conduit à une double aliénation, soit l’aliénation morale et l’aliénation politique de l’homme. En se préoccupant d’abord et avant tout de l’Etat, de la République, de la définition rationnelle du pouvoir et de l’essence de la souveraineté, le droit naturel moderne a fini par oublier l’homme au profit d’un pouvoir étatique dominant et efficace prenant la forme d’une monarchie renouvelée et contenue dans les limites des lois ou d’une représentation parlementaire également bien déterminée dans ses règles.

1. La loi comme instance normative

L’état de droit chez rousseau repose sur une préoccupation fondamentale : « Je veux chercher si, dans l’ordre civil, il peut y avoir quelque règle d’administration légitime et sûre, en prenant les hommes tels qu’ils sont, et les lois telles qu’elles peuvent être. Je tâcherai d’allier toujours, dans cette recherche, ce que le droit permet avec ce que l’intérêt prescrit, afin que la justice et l’utilité ne se trouvent point divisées». En d’autres termes, comment est-ce qu'une autorité quelconque peut être imposée de manière légitime à un peuple ? Trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun, s’unissant à tous, n’obéisse pourtant qu’à lui-même, et reste aussi libre qu’auparavant. Tel est le problème fondamental dont le Contrat social donne la solution. Tout le problème est donc dans l’état social de sauver la liberté primitive. Y renoncer serait renoncer à la qualité d’homme, aux droits de l’humanité et par là même aux devoirs qu’elle impose. Comment alors, concilier les nécessités de l’association et le maintien de la liberté naturelle qui ne peut être aliénée? Comment concevoir le contrat social de telle façon que l’individu dans l’état civil, conserve sa liberté ?

La conception que Rousseau se fait de l'état de nature est complexe: l’homme est naturellement bon mais rapidement la société le corrompt, jusqu'à ce que chacun agisse bientôt égoïstement en vue de son intérêt privé. Le contrat social, tel qu'il est théorisé dans Du Contrat social (1762), a pour but de rendre le peuple souverain, et de l’engager à abandonner son intérêt personnel pour suivre l’intérêt général. L’État est donc créé pour rompre avec l’état de nature, en chargeant la communauté des humains de son propre bien-être. Le contrat social rousseauiste est d’avantage proche du contrat hobbesien en ce qu’il vise lui aussi à rompre avec l’état de nature (le contrat lockéen visant, lui, à le garantir par un cadre légal). Mais, à la différence de Hobbes comme de Locke, le contrat social rousseauiste ne charge pas un tiers de la sauvegarde de la vie ou de la liberté et de la propriété de chacun, mais charge les citoyens eux-mêmes de cette sauvegarde par le principe de la volonté générale. Le contrat rousseauiste est un pacte d’essence démocrate, dans lequel le contrat social n’institue pas un quelconque monarque, mais investit le peuple de sa propre souveraineté.

Cependant, ne serait-il pas nécessaire de trouver une forme de gouvernement qui mette la loi au-dessus de l'homme? Rousseau conçoit l'Etat juste comme l'Etat où chacun aura conscience d'être libre parce qu'il ne doit obéir à aucun homme mais seulement à la loi. Il faut substituer aux relations d'hommes à hommes la relation du citoyen à la loi " ?

2. L’Etat de droit

L’Etat de droit correspond chez Rousseau à l’Etat civil, c’est dire cet état pour lequel les hommes décident de quitter l’état de nature pour y vivre. C’est dans cet état que les libertés et droit des citoyens sont garantis par le droit parce qu’émanant de leur propre volonté (la volonté de tous et de chacun). Selon Rousseau c’est dans l’Etat civil que l’homme jouit pleinement de ses droits et libertés. Cet état est démocratique parce qu’il est gouverné par les représentants du Peuple qui exercent le pouvoir au nom de ce dernier. Mais l’exercice du pouvoir ne doit pas être l’occasion de tuer la démocratie et les droits des citoyens. Aussi, pour se prémunir contre le danger de l’arbitraire, la volonté générale dispose des garanties essentielles qui sont celles de veiller au respect et à la préservation de leurs libertés et droits. On qualifie d’État de droit, un État dont les lois sont conformes à de grands principes supérieurs garantis par la Constitution. Dans De l’esprit des lois, Montesquieu affirme que le pouvoir ne doit jamais être concentré entre les mains d’une seule autorité. Il convient au contraire de distinguer trois fonctions - les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire - et de les confier chacun à des organes distincts. Seul un tel système, où les pouvoirs s’équilibrent entre eux, permet d’éviter une dérive arbitraire. L’Etat de droit est donc ce nom que mérite, seul un ordre juridique dans lequel le respect du Droit est réellement garanti aux sujets de droits, notamment contre l'arbitraire[8]. Pour Rousseau, l’état de droit est une condition essentielle de la garantie suprême de la protection des droits fondamentaux du peuple. Le peuple dispose de libertés et de droits que l’on dit fondamentaux, parce qu’ils s’imposent à tous et en toutes circonstances. Ils doivent être protégés de toute violation, d’où qu’elle vienne. Ces droits sont généralement précisés dans des textes auxquels on accorde une valeur supérieure: la constitution. L’État de droit n’est donc véritablement garanti que s’il existe des mécanismes permettant de sanctionner la violation des droits fondamentaux et de la hiérarchie des normes. L’état de droit repose donc ici sur la loi que les individus eux-mêmes se sont prescrites. Il s’agit ici du privilège de la volonté générale au détriment des droits particuliers.

II. ACTUALITE DE L’HUMANISME ROUSSEAUISTE

A. L’Héritage Républicain

Loin de mourir matériellement comme son auteur, l’humanisme de Rousseau subsiste jusqu’à ce jour. La modernisation et la mondialisation ayant améliorée certains concepts et changée les noms desdits concepts, nous verrons dans la suite de ce travail comment s’applique dans nos sociétés contemporaines l’humanisme de Rousseau.

1. La Constitution

La constitution, qui est un ensemble de lois fondamentales régissant l’organisation et le fonctionnement des pouvoirs et constituant la loi suprême d’un Etat, est une notion laissée par Rousseau. Ce texte lie à la fois les gouvernants et les gouvernés et limite les pouvoirs de chacun pour éviter l’anarchie. La voter par référendum au suffrage universel fait montre de la volonté des hommes libres d’y entrer ou non. De ce fait, le constat peut être fait suivant lequel, certaines lois énoncées par la constitution ont été inspirées de Rousseau. Cela semble alors être le cas de la déclaration universelle des droits de l’homme à portée universelle et intemporelle. En effet, celle-ci est partiellement inspirée par la pensée rousseauiste[9]. Et ce, dans le sens où elle affirme que les hommes naissent libres et égaux, tout comme le pense Rousseau. De même, il serait sensé de ne pas renoncer à sa liberté car le faire serait aussi renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, ainsi qu’à ses devoirs[10]. Ainsi, si l’homme perd sa liberté, il perd aussi sa qualité de sujet pour devenir objet. C’est peut-être pour cette raison que la société est désormais conçue sous forme de contrat libre et volontaire, entre les hommes libres et égaux en droits. La constitution est alors faite de telle sorte que les hommes se sentent tous libres et égaux. Même si cette notion d’égalité n’est pas toujours comprise ou appliquée au même niveau par la déclaration des droits de l’homme comme par Rousseau. Car, malgré que les deux affirment que les hommes naissent libres et égaux, la notion de liberté chez Rousseau, contrairement à la déclaration universelle des droits de l’homme n’a pas de limite puisque, selon lui, aucun homme ne devrait renoncer ne serais ce qu’à une infime partie de sa liberté au profit des autres. De plus, Jean Jacques Rousseau est, à travers ses divers ouvrages, à l’origine la révolution française ; il est, par rapport à la révolution française, une de ses références importantes. Sachant que le peuple est souverain, il est aussi le seul habilité à voter les lois et charge des exécutants de les appliquer. Rousseau avait donc prévenu que si tous les pouvoirs n’appartenaient pas à un seul dirigeant, les gouvernants essaieront d’abuser de leur statut et de confisquer le pouvoir. Cela peut être démontré sur le continent Africain qui est caractérisée par la personnalisation du pouvoir et qui plus tard est à l’origine de diverses grèves et contestations.

2. La volonté générale ou le concept de souveraineté.

Selon Rousseau la souveraineté n’appartient pas au plus fort ou à quelques-uns en vertu de quelques privilèges prétendument naturels. Cette dernière appartient au peuple et est inaliénable et indivisible. La souveraineté est donc la volonté générale dégagée par la majorité, et qui est la source de la loi telle qu’on l’appréhende encore de nos jours au sein de la plupart des systèmes constitués du monde entier.

Pour Rousseau le peuple étant souverain chaque citoyen possède une fraction de la souveraineté. Si le peuple est composé de 10.000 citoyens chaque citoyen possède la 10.000ème partie de la souveraineté. La conséquence est que chaque citoyen doit participer au choix des gouvernants et que la démocratie doit reposer sur le suffrage universel.

Cette idée particulière du suffrage universel qui va faire partie du système électoral moderne est donc ainsi formulée et son mécanisme dévoilé par le biais de la pensée rousseauiste concernant la volonté générale. Les élections au suffrage universel direct sont donc la base des démocraties modernes dans la majorité des Etats, qui tendent à imposer l’égalité des droits dans toutes les sphères de la vie sociale. La volonté générale ici comprise et expliquée par Rousseau est ce qu’aujourd’hui on entend par démocratie. Cette dernière qu’Abraham Lincoln va définir comme « le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ». En effet, c’est le peuple qui est souverain, c’est lui qui légifère mais aussi, délègue le pouvoir exécutif à un gouvernement qui se charge d’assurer le respect des lois. Basée sur la liberté et l’égalité des citoyens, la démocratie correspond aux impératifs de fonctionnement des sociétés modernes, où prime l’individu. La démocratie a alors été instauré dans chaque Etat même si d’aucun peuvent penser qu’il ne s’agit pas d’une véritable démocratie.

Ainsi fondé sur la valorisation de l'individu et sur l'égalité juridique, l'idéal démocratique moderne émerge à l'aube du XVIIIe Siècle. Cette nouvelle conception qui ébranle la société d'ordres et de privilèges de l'Ancien Régime, est solennellement affirmée dans la France de la Révolution dont la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui proclame que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit». Cet esprit valorisant de l’espèce humaine est symphoniquement reprise à l’ère de la mondialisation par les organisations internationales telles que les Nations Unies avec la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948[11] ou encore l’Organisation de l’Unité Africaine[12] avec la charte africaine des droits de l’homme et des peuples de 1981 qui non seulement concèdent des droits aux hommes, mais en octroie aussi aux corps constitués[13].

Cependant, cette démocratie moderne dont Rousseau posera les bases n’est pas représentative mais directe. En effet si le peuple ne peut intervenir lui-même pour délibérer et discuter l'élaboration des lois il doit y avoir au moins un référendum d'acceptation. Les gouvernants, et les ministres, n’y sont que les commis (mandat impératif) du peuple, de "simples officiers exerçant en son nom le pouvoir ..." [14]

Par ailleurs, dans un tel système de démocratie directe Rousseau ne pense pas que le meilleur gouvernement soit le gouvernement démocratique, c'est-à-dire un gouvernement dans lequel le peuple soit à la fois législatif et exécutif : idée de séparation des pouvoirs, contenue dans la démocratie contemporaine. Ainsi, ce serait à la monarchie républicaine c'est-à-dire le pouvoir exécutif d'un homme dépendant de la souveraineté du peuple comme c’est le cas aujourd’hui au sein du système présidentiel américain, de constituer un gouvernement. Ce qui s’avèrera être possible mais dangereux. En effet l'exécutif étant aux mains d'un seul homme, de commis qu'il doit être par rapport à la volonté générale peut devenir maître et tyrannique.

Rousseau va à cet effet préférer le gouvernement oligarchique, c'est-à-dire le gouvernement de quelques-uns soumis à la volonté générale, à la souveraineté populaire, pour la raison que le peuple aura moins à craindre du gouvernement de plusieurs que du gouvernement d'un seul (par exemple le gouvernement de la Convention avec Robespierre).

Faute de pouvoir mettre en œuvre la démocratie directe du fait comme nous l’avons susmentionnés de la grande étendue des Etats modernes, de nouvelles approches démocratiques qui tendent à mettre l’homme au cœur du processus de développement ont été développées et il convient de les résumer sous l’appellation de démocratie participative. Ce type de démocratie propre aux Etats modernes peut se présenter sous plusieurs variantes. Il s’agit de:

v Du fédéralisme pour les pays d’expression anglaise en générale (USA, Nigeria, Allemagne, etc.),

v Le régionalisme pour les pays généralement d’expression française (Cameroun, France, Cote d’Ivoire, Gabon, etc.).

Quel que soit l’angle d’approche, force est de constater que la fragmentation de l’Etat en micro Etats ou régions donne une grande chance de participation des citoyens à la vie de l’ « Etat mère » parce qu’étant appelés à élire directement leurs représentants ou être consultés sur les questions relevant de l’avenir de leur zone territoriale. Plus loin, cette démocratie a abouti à la décentralisation des pouvoirs qui s’oppose à la déconcentration du pouvoir central. Cette nouvelle trouvaille démocratique encore connue sous l’appellation de démocratie locale préconise que les populations soient véritablement mises au centre de la gestion de leur localité. Ainsi, depuis 1990, on a vu naitre des formes de participation citoyenne très diversifiées telles que les Conseils de quartier, conseils de développement, conseils consultatifs de jeunes, d’anciens, concertation sur projets, budgets participatifs, conférences de citoyens[15]. L’humanisme rousseauiste est donc partout dans le monde d’actualité avec cependant quelques limites.

B. Limites de l’Humanisme Rousseauiste

1. Les limites

La loi comme instance normative de la société, l’Etat de droit, la constitution, la volonté générale, la démocratie, n’est-ce pas là un ensemble de concepts qui au nom du sacrosaint principe du « contrat social » vide l’homme de sa faculté de penser? Ces différents principes sont la manifestation de l’exercice de la violence politique légitime ou symbolique des plus forts sur les plus faibles car la « démocratie du nombre[16] » ou « démocratie du chiffre » rejette sans contestation aucune les idées des moins nombreux aussi bonnes soient-elles. Le contrat social est donc le siège par excellence de la dictature légale et légitime. Au regard du monde contemporain, il est donc évident de se rendre compte qu’au nom de l’expression de la volonté générale, la « démocratie du chiffre» est partout en crise et le récent « Printemps Arabe » le démontre à suffisance. On en vient ainsi à se demander si l’humanisme rousseauiste n’est pas révolutionnaire?

Si Rousseau aurait été contre les violences[17], force est de reconnaitre que son œuvre a eu une influence dans la conception révolutionnaire et notamment du « printemps arabe » parce qu’au-delà de s'inscrire dans un cadre général de rénovation, de régénération du politique, mais aussi de régénération des mœurs[18]; c’est la manifestation de la volonté générale ou de la souveraineté du peuple qui désormais transcende les volontés particulières en devenant ainsi une sorte d’assimilation de tous les membres de la société. Le printemps arabe est donc en partie redevable à Rousseau. L'idée que ce qu'a fait des peuples du Maghreb l'Histoire (corruption, pauvreté, dictature, etc.) n'est pas une fatalité incontournable mais qu'il y a moyen de bâtir une nouvelle histoire sur de « nouvelles bases » est aussi profondément dans la lignée de Rousseau. C'est là même qu'est son influence majeure[19]. Cependant, l’expression de la souveraineté populaire suffit-elle pour repartir sur de nouvelles bases? Ne nous conduit-elle pas à une déconstruction et reconstruction perpétuelle et qui aboutit finale à une instabilité politique comme c’est le cas en Egypte ou encore en Lybie où depuis plus d’un an ce même peuple conteste tout: militant pour A aujourd’hui et le rejetant quelque jours après. Est-ce donc vraie que la volonté générale est toujours droite et tend toujours à l’utilité publique[20] ?

Au regard des démocraties contemporaines et surtout les démocraties africaines caractérisées par les coups d’Etats militaires et les holdups électoraux de tout ordre, peut-on dire avec Rousseau que la force ne produit aucun droit[21] ? Rousseau s’est manifestement trompé en posant pour principe que le droit serait au-dessus de la force. Son erreur se révèle dans son humanisme où il conçoit l’homme comme un être naturellement bon pensant ainsi qu’à travers l’éducation, on parviendrait à extirper de l’homme« le mauvais » parce qu’étant essentiellement extérieur. Il se refuse ainsi de lire comme Thomas Hobbes la société telle qu’elle se présente à lui, or c’est en réalité cet élément conflictogène et séculaire qui naturellement caractérise l’espèce humaine et le pousse à tout vouloir pour lui et rien pour les autres, à ériger la force en droit pour protéger ses intérêts et ceux de sa prébende.

Le droit de la force ainsi institué permet à la minorité, détentrice de la puissance économique, militaire et intellectuelle de ratatiner la plèbe qui croupie sous le poids de la famine, de la sous scolarisation et du chômage. Le contrat social ayant ainsi crée les classes sociales, les lie également par un lien de dépendance. La société des justes n’est donc qu’utopie parce que n’étant sous toutes ses formes qu’un champ de luttes dans lequel la survie dépend de la possession d’au moins l’une des trois puissances susmentionnées.

2. Le cas pratique du printemps arabe

L’humanisme de Rousseau étant basé sur le contrat social, c'est-à-dire entre les peuples et ses dirigeants, nous avons assisté en début d’année 2011 à une rupture de manière forte de celui-ci. En effet, une vague de soulèvement s’est déclenchée dans les pays du Maghreb, mais aussi dans certains pays arabophones d’Orient tels que le Bahreïn, le Yémen, et plus proche de nous encore la Syrie ou des combats meurtriers ne cessent de faire rage.

Si nous prenons le cas de l’Égypte par exemple nous nous rendons compte tout d’abord que ce pays a sans doute après la Tunisie vécu une des plus grandes crises de ces vagues de soulèvements, mais cela s’explique aussi par son passé tumultueux et même très tortueux. Ce mouvement gigantesque du peuple égyptien associe trois composantes actives : les jeunes « ré-politisés » par leur propre volonté et dans des formes « modernes » qu’ils ont inventées, les forces de la gauche radicale, celles rassemblées par les classes moyennes démocrates. Les jeunes (environ un million de militants) ont été le fer de lance du mouvement. Ils ont été immédiatement rejoints par la gauche radicale et les classes moyennes démocrates. Les Frères musulmans dont les dirigeants avaient appelé à boycotter les manifestations pendant les quatre premiers jours (persuadés que celles-ci seraient mises en déroute par la répression) n’ont accepté le mouvement que tardivement, lorsque l’appel, entendu par l’ensemble du peuple égyptien, a produit des mobilisations gigantesques de 15 millions de manifestants. Les jeunes et la gauche radicale poursuivent trois objectifs communs: la restauration de la démocratie c'est-à-dire la fin du régime militaire et policier, la mise en œuvre d’une nouvelle politique économique et sociale favorable aux classes populaires surtout la rupture avec la soumission aux exigences du libéralisme mondialisé, et celle d’une politique internationale indépendante qu’ils qualifient de rupture avec la soumission aux exigences de l’hégémonie des États-Unis et du déploiement de son contrôle militaire sur la planète. La révolution démocratique à laquelle ils appellent est une révolution démocratique anti-impérialiste et sociale. Bien que le mouvement des jeunes reste diversifié dans sa composition sociale et ses expressions politiques et idéologiques, il se situe dans l’ensemble « à gauche ». Les manifestations de sympathie spontanées et fortes avec la gauche radicale en sont le témoignage. Le thème de la démocratie reste le thème fort de revendication de ces jeunes qui n’ont connu depuis leurs naissance que le régime des militaires qui impose leur volonté et leurs force ou volonté à tout le peuple, on va aller jusqu'à se rendre compte que ce pays subit depuis un nombre conséquent d’années un couvre-feu très restrictif et très contraignant de leurs libertés qui s’en voient ainsi bafouées.

Cet exemple égyptien inspire à suffisance cette actualisation de l’humanisme de Rousseau où l’on se rend compte que ce contrat social qui en est la base, lorsqu’il est bafoué peut et conduit souvent à l’état de nature où plus aucune règle n’est respectée et tous les droits sont violés indifféremment du statut ou du rôle ou même encore de la classe que l’on occupe dans cette société.

CONCLUSION

Parvenu au terme de notre étude où il était question d’actualiser la pensée humaniste de Rousseau. Nous pouvons dire d’avantage que le siècle des lumières est le siècle déterminant où la philosophie humaniste prend véritablement encrage[22], car avec les travaux des penseurs tels que Thomas Hobbes, John Locke et plus précisément Jean-Jacques Rousseau, l’homme a pris définitivement et désormais le centre de la pensée et se met au cœur toute œuvre. Il est clair que le philosophe Jean-Jacques Rousseau est ce penseur qui, dans la majeure partie de ses œuvres s’est consacré à donner un sens à l’être de l’homme. Véritable révolution de la pensée, son œuvre immense, parcourt aussi bien des générations de pensée et continue d’influencer la pensée moderne et la philosophie politique moderne voire post moderne dans sa genèse transcendantale et son épiphanie temporelle[23]. La philosophie rousseauiste est une philosophie de la liberté, qui arrache l’Homme au déterminisme de la nature et de son passé pour le faire accéder à l’autonomie intellectuelle et morale. Elle récuse les théories fatalistes ou déterministes qui tendent à coincer l’homme dans une posture d’immobilisme. S’inscrivant comme l’un des précurseurs les plus influents des défenseurs des droits de l’homme notamment avec ses notions de volonté générale, le droit et de respect des libertés qui sont sans doute les expressions principales de la démocratie moderne, Rousseau marque définitivement son empreinte sur la considération de l’homme entant qu’une valeur absolue au-dessus de laquelle on ne saurait placer une autre. C’est donc à bon droit que Kant dit de Rousseau qu’il est le Newton du monde moral[24].

Bibliographie

· Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, Article 1

· Encyclopédie Microsoft Encarta 2009

· G. Cornu : Vocabulaire juridique, PUF, 1987, p 325

· Gérard GENGEMBRE. Rousseau a inspiré la révolution française dans « À vos plumes citoyens ! Écrivains, journalistes, orateurs et poètes, de la Bastille à Waterloo », 1988, p. 46.

· Jean-Jacques, ROUSSEAU. « Du Contrat Social ou principes du droit politique », Ed. 1762, orthographe modernisée, P29

· Jean-Jacques, ROUSSEAU. « Du Contrat Social ou principes du droit politique », Ed. 1762, ortho graphemo dernisée, P29 et 47

· La charte africaine des droits de l’homme et des peuples, article 2

· Le Centre Ressources Prospectives du Grand Lyon. La « démocratie participative » : état des lieux et premiers éléments du bilan. Réalisé par Cédric POLERE. Document internet, PDF

· Pascal, TOUOYEM. Cours de philosophie politique et morale : contrat social /humanisme, UPAC, 2012

· www.moderne.canalblog.com



[1]Encyclopédie Microsoft Encarta 2009

[2]Charles, COUTEL. Idées : les lumières de l’Humanisme. Université d'Artois Centre Ethique et Procédures (Douai). Samedi 22 mars 2008, p1

[3] Op.cit.

[4]Op.cit

[5] Thomas Hobbes philosophe contractualiste du XVIIe siècle pour qui la nature de l’homme est mauvaise, l’homme est un loup pour l’homme

[6] L’amour de soi est selon rousseau ce sentiment qui anime l’homme a l’état de nature et qui le pousse a se conserver pour son bien être

[7] L’amour propre c’est la perversion de l’amour de soi. Elle est celle qui se trouve dans la société

[8]G. Cornu : Vocabulaire juridique, PUF, 1987, p 325

[9] www.moderne.canalblog.com

[10] Op.Cit

[11]La déclaration universelle des droits de l’homme stipule en son Art 1 que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de consciences et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité »

[12] L’organisation est connue depuis 2001 sous l’appellation d’Union Africaine

[13]En son article 2, ladite Charte stipule que : « toute personne a droit à la jouissance des droits et libertés reconnus et garantis par la présente Charte sans distinction aucune notamment de race, d’ethnie, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou toute autre opinion, d’origine national ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ».

[14] Contrat social, Livre III~ Chap.7

[15]Le Centre Ressources Prospectives du Grand Lyon. La « démocratie participative » : état des lieux et premiers éléments du bilan. Réalisé par Cédric POLERE. Document internet, PDF

[16] Pascal, TOUOYEM. Cours de philosophie politique et morale : contrat social /humanisme, UPAC, 2012

[17] Il ne faut pas oublier que les idées de Rousseau sur l'éducation, dans l'Émile mais aussi dans La Nouvelle Héloïse, s'inscrivent dans son projet général, et donc politique, de régénérescence sociale. Enfin il y a la vie de Rousseau, l'homme du peuple, l'autodidacte qui s'est hissé au niveau des plus grands sans jamais renier ses origines, l'incorruptible qui finit par devenir une vraie légende.

[18]Gérard GENGEMBRE. Rousseau a inspiré la révolution française dans « À vos plumes citoyens ! Écrivains, journalistes, orateurs et poètes, de la Bastille à Waterloo », 1988, p. 46.

[19] Op.cit.

[20]Jean-Jacques, ROUSSEAU. « Du Contrat Social ou principes du droit politique », Ed. 1762, ortho graphemo dernisée, P29

[21]Op.cit. p47

[22] Pascal, TOUOYEM. Op.cit

[23] Op. cit

[24] Op cit

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