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LE NATIONALISME AU GHANA

Plan de l’Exposé
INTRODUCTION
I. La Gold Coast précoloniale et Britannique

1. La Gold Coast Précoloniale
2. La Gold Cost sous domination Britannique

II. Contexte d’émergence du nationalisme en Gold Cost
1. Les facteurs internes
2. Les facteurs externes

III. Les mouvements nationalistes en Gold Coast et ses figures de proue

1. L’essor du nationalisme et ses figures de proue

a. L’essor du nationalisme
b. Les figures de proue du nationalisme en Gold Coast et leur action

2. La marche vers l’indépendance

CONCLUSION





Introduction
Suite à son contact avec le monde extérieur, l’Afrique sera traversée par une série d’évènements qui vont marquer d’une pierre blanche son histoire à savoir la traite négrière qui sera suivi de la colonisation. Ces deux étapes de l’histoire de l’Afrique seront à l’origine d’un ensemble de conséquences pour le moins désastreuses, tant pour son potentiel humain que pour ses richesses naturelles. C’est donc le souvenir des souffrances endurées ainsi que le désir de retrouver la liberté qui va favoriser la culture du sentiment nationaliste dans l’esprit des africains et qui conduira plus tard à l’émergence des différents mouvements nationalistes dans les diverses colonies et territoires sous tutelle d’Afrique. Commencée en Gold Coast, le nationalisme africain va peu à peu s’étendre sur le continent Africain et conduire dès les années 60 à la décolonisation complète des nations sous domination occidentale. Ainsi, c’est le nationalisme en Gold Coast objet de notre exposé qui servira de modèle au reste des colonies encore sous hégémonie. Cependant quelle était la situation de ce territoire avant et pendant l’arrivée des colons ? Quel y a été le contexte d’émergence du nationalisme et quelles en ont été les figures de proue. Notre exposé sera donc axé en (I) sur la Gold Coast précoloniale et Britannique, puis sur le contexte historique d’émergence du Nationalisme (II) et enfin sur les mouvements nationalistes en Gold Coast et leurs figures de proue (III).

I. La Gold Coast précoloniale et Britannique

1. La Gold Coast précoloniale
L’empire de la Gold Coast était situé au nord, dans les régions du haut-Sénégal-Niger. Les Etats les plus anciens sur le territoire ghanéen actuel sont les royaumes de Dagomba et Mamprusi dans le nord qui étaient prospères au 13ème et 15ème siècle. C’est vers cette époque que des immigrants de langue « Akan », dont les Ashantis et les Fantis quittent la savane pour venir établir leur suprématie au sud des forêts tout en formant une série de petits Etats. Au début du 15ème siècle, ces royaumes exercent un commerce avec les peuples subsahariens. Puis, dans la seconde moitié du 15ème siècle, la cité de Begho connait un important développement grâce au commerce de l’or. Les premiers Européens à pénétrer dans la région furent les explorateurs Portugais, qui lui donnèrent le nom de « Gold Coast » c'est-à-dire la côte de l’or, tant ils avaient été impressionnés par les parures que portaient les souverains et les dignitaires Ashantis. En 1481, ils créent le premier comptoir commercial à Sao Jorge de Mina sur le site actuel d’Elmina. La région devient le premier fournisseur d’or d’Europe avant la découverte des riches ressources de l’Amérique latine. La traite des noirs pratiquée au 16ème siècle, avait éveillé les intérêts de plusieurs pays européens. Au début du 18ème siècle, plus de trente comptoirs furent édifiés par ces derniers à l’instar des Anglais, des Hollandais, des Danois… dès 1642, les Hollandais chassèrent les portugais. Le commerce européen favorisa la domination des Ashantis établie autour de Koumassi, ancienne capitale, située au croisement de plusieurs routes commerciales. Ils deviennent maîtres du commerce avec le sud et le nord. Ce royaume devient ainsi très puissant et exerce son hégémonie incontestée sur les peuples voisins en payant leurs tributs en esclaves.
2. La Gold Coast sous domination britannique
Plusieurs rivalités entre pays européens se sont opérées pour le contrôle du commerce de l’or, des esclaves, et bien plus. Cependant, ces rivalités se sont conclus en la faveur des britanniques, qui avaient évincé progressivement leurs concurrents. La traite des esclaves sera abolie en 1807 par le parlement de Londres. Les années 1850 quant à elles firent l’objet des acquisitions des forts Danois, en 1872, celles des établissements hollandais et de la région côtière qui fut finalement contrôlée par les anglais ; ceci fit de ce territoire une colonie anglaise en 1874. Les ashantis étant en conflit cependant avec les Fantis, constituaient une menace pour les britanniques. Durant tout le 19ème siècle, ils s’opposèrent farouchement à la domination britannique. Il avait fallu quatre expéditions de 1874 à 1900 pour que cette domination britannique soit assurée. En 1901, sont finalement fixées les frontières de la colonie, soit la colonie proprement dite correspondant au Sud, l’Ashanti, les territoires du nord et une partie du Togo allemand. La Gold Coast fera l’objet de valorisation économique constante. Les britanniques y appliqueront deux régimes différents : la domination directe pour la grande partie du territoire, les territoires Ashantis et le nord pour leur part bénéficieront d’une domination indirecte.
II. Contexte de l’émergence du nationalisme en Gold Coast

Plusieurs motifs peuvent être donnés dans la perspective d’expliquer l’émergence des tous premiers nationalismes et de la mise en place du processus de décolonisation de l’Afrique occidentale britannique au sein de la Gold Coast. Les uns de ces motifs étant d’ordre internes et les autres externes. Les raisons internes font référence aux facteurs sans lesquels la Gold Coast n’aurait pu contribuer à la promotion voire même à la quête de l’autonomie de son territoire. Les facteurs externes quant à eux sont les évènements qui se sont déroulés hors de la Gold Coast, mais qui ont aidé à l’accélération du processus de décolonisation à l’intérieur du territoire.
Un bref examen de ces facteurs nous montrera comment ils ont conduit au chemin du nationalisme ghanéen.

1. Les facteurs internes

• Les élites du peuple
Les Ghanéens avaient en leur sein des personnes dotées d’un niveau d’instruction élevé et dont le background intellectuel suscitait le respect à l’instar de Kwame Nkrumah. De ce fait, il mobilisait des masses, dirigeait des pétitions écrites, des marches de protestations, et menait les dialogues entre le peuple de Gold Coast et les autorités britanniques.
• L’urbanisation
L’agrandissement des villes comme Accra, Koumassi, Tema et Takoradi aida à ce que les peuples de tous bords puissent s’unir. Une fois réunies au sein des régions urbaines, les populations étaient désormais liées non plus par des considérations tribales mais plutôt par des intérêts communs. Ceci facilita la communication entre les populations, laquelle permit le développement du Nationalisme.
• Les Journaux
Durant la période allant de 1940 à 1950 la prolifération des journaux permit à ce que les nationalistes ghanéens puissent œuvrer dans la lutte pour l’autonomie. Les deux à savoir la presse et les nationalistes renseignaient et éduquaient les populations indigènes sur le courant des actions à entreprendre aux moments les plus opportuns. C’est le cas des journaux tels que le « Daily Mail », « Accra Evening News »…
• Les Partis politiques et les unions commerciales
Les partis tels que le Convention People’s Party de Nkrumah et le Workers Association œuvraient dans le ralliement des individus de la Goald Coast à une cause commune. A l’intérieur de ces groupes les masses recevaient des informations et des enseignements sur l’action à mener. En l’absence de ces groupes, les mouvements nationalistes ne ce seraient déployés.
• L’évolution des voies de communications
Les routes et les voies ferrées établies entre les zones urbaines et rurales vont favoriser les combats nationalistes. Les mouvements des personnes, des idées et des ressources ainsi facilité, il deviendra dès lors plus évident de mobiliser les masses à quelque moment que ce fut.

2. Les facteurs externes

• L’impact de la 2nde Guerre Mondiale
La guerre de 1939-1945 a joué un grand rôle dans la mise en place du nationalisme ghanéen. Les anciens combattants après avoir pris conscience lors des batailles sur la vulnérabilité de l’homme blanc commencèrent à se poser des questions lorsque revenus de guerre sur les raisons de la colonisation britannique. La connaissance des ces hommes agrandit l’espoir des masses ghanéennes concernant leur autonomie.
• La politique britannique après 1945
Le gouvernement du labour party en Angleterre après la 2nde guerre mondiale s’est mis à envisager une politique de décolonisation. Ceci contribua à inciter le peuple de la Gold Coast à la culture de sentiments nationalistes.
• La période de guerre et la charte atlantique
Les promesses faites pendant la guerre par le gouvernement anglais sur la garantie de l’autonomisation des colonies d’outre-mer devaient être maintenues. De même, le principe de l’auto-détermination inscrit dans la charte atlantique de 1941 devait être respecté. Tout ceci participa à influer sur le peuple qui s’inquiétait déjà de sa future autonomie.
• Les supers-puissances
Les Etats-Unis d’Amériques qui avaient connu les affres de la colonisation en tant qu’ancienne colonie ainsi que l’Union Soviétique pays communiste et donc anticolonialiste qui avaient émergé comme de supers puissances étaient contre la continuité de l’administration coloniale. Avec la pression des nations les plus puissantes, les britanniques étaient alors obligés de prendre en compte en compte les doléances des nationalistes et d’envisager la cession de l’autonomie à leur territoire.
• La Charte des nations unies
La charte des nations unies était claire sur le point selon lequel la colonisation et l’administration coloniale étaient dépassées après 1945. Ceci une fois de plus consentit au renforcement de l’esprit nationaliste en Gold Coast.
• L’échec des consensus britanniques
Les changements ou les réformes offertes par la Grande Bretagne dans d’autres territoires ont aussi aidé à la montée des nationalismes en Gold Coast, le cas de l’accord de l’indépendance de l’Inde en 1947. En effet ce dernier favorisa l’anxiété des populations de la Gold Coast qui plus que jamais se posaient des questions quant au moment de l’obtention de leur indépendance.
• Marcus Garvey et le panafricanisme
D’origine jamaïcaine c’est l’un des premiers hommes politiques noirs de New York. Il est l’auteur du mouvement panafricaniste dont les premières manifestations eurent lieu en 1920 lors d’une grande parade au cours de laquelle Marcus Garvey s’auto proclama Président de la République du Gouvernement provisoire des « Etats Unis d’Afrique » et auquel il attribua les couleurs vert, jaune et rouge symboles du drapeau non conquis de l’Ethiopie trimillénaire. Il crée en 1917 en pleine période de ségrégation raciale la « United Negro Improvement Association » à New York qui rassemblait les noirs ayant de liens profonds avec leur histoire de déracinés. En 1924 il écrit un poème qu’il intitulera « Hail, the US of Africa» phrase que reprendra plus tard le nationaliste Kwame Nkrumah alors très influencé par les idées panafricanistes de Garvey, et qui l’encouragerons à fonder à son tour son propre mouvement panafricaniste moteur du processus de décolonisation entamé par la Gold Coast, et qui devait s’étendre aux autres territoires sous domination.



III. Les Mouvements Nationalistes en Gold Coast
Les mouvements nationalistes en Gold Coast ont été déterminants tant pour ce territoire que pour l’ensemble de l’Afrique noire ; car, ses militants se sont dévoués non pas seulement pour la cause de l’autonomie de la Gold Coast seule mais pour celle de l’ensemble des territoires africains.
1. L’essor du nationalisme et ses figures de proue

a. L’essor du nationalisme.
La constitution de 1946 que le gouverneur Sir Alan Burns était chargé de pratiquer ne rencontra pas l’approbation de l’opinion africaine éclairée de la Gold Coast. En effet, pour la première fois l’Ashanti et le Nord envoyaient des représentants au conseil législatif. Or, le retard culturel de ces deux régions empêcha l’organisation d’élections véritables. Les délégués de ces deux zones furent pratiquement désignés par les chefs.
Représentants d’intérêts féodaux, ils se trouvèrent alliés de fait avec les membres du conseil nommés par l’administration coloniale. Les représentants africains élus, mandataires des secteurs et catégories avancées du pays lancèrent une campagne d’opinion contre la constitution. La situation économique se trouvait d’ailleurs mauvaise car en effet, le swollen shoot un fléau qui ravageait les cacaoyers enrayait considérablement les intérêts des couches mêmes qui manifestaient une irritation politique. Pour éradiquer la maladie des plantes, le gouvernement colonial décida de faire arracher dans les districts touchés par le fléau tous les arbres, sans exception, y compris ceux qui n’étaient apparemment pas atteints. Malgré les indemnités, les producteurs suspectèrent cette initiative. Ils se demandaient en effet si les Anglais n’avaient pour initiative d’affaiblir le pays pour ensuite retarder sa marche vers l’indépendance. Or, pendant que les revenus des producteurs baissaient, le prix des denrées importées avaient augmenté. Car, la pénurie de ces denrées consécutives à la guerre avait entraînées une grande inflation. Les Africains estimaient que la caisse de stabilisation des prix du cacao (Cocoa Marketing Board) immobilisait trop de réserve financière, en fixant trop bas le prix d’achat aux producteurs. Or, un groupe de commerçants européens se rassemblèrent dans un syndicat, manifestant par là leur désir de maintenir le statu quo.

b. Les Figures de proue du nationalisme en Gold Coast et leur action

J. B Danquah et F. Kwame Nkrumah
L’opposition africaine va s’accentuer avec l’intervention des anciens combattants revenus de l’Inde et de la Birmanie. En effet ceux-ci exigeront que se fasse également pour l’Afrique l’indépendance qui venait de s’imposer en Asie. Toutes ces forces effervescentes vont alors se regrouper autour d’un avocat raffiné, aristocrate de naissance, dénommé J. B Danquah. Celui ci était un réformiste qui croyait en l’autorité d’une minorité éclairée au sein de son parti, le Rassemblement de la Gold Coast Unie (U.G.C.C) qui sera constitué en 1947. Un bond en avant sera réalisé dans la marche vers la libération politique lorsque J. B Danquah après avoir en vain sollicité d’autres universitaires, fera appel à un jeune Africain du nom de Kwame Nkrumah étudiant à Londres, afin d’en faire le secrétaire général du parti. Ancien élève des missionnaires devenu instituteur, Nkrumah avait émigré aux Etats Unis quelques années plus tôt (1935) dans l’optique de poursuivre sa formation. Licencié de sociologie et d’économie politique, il sera élu président des étudiants africains du Canada et des Etats Unis où il sera fortement influencé par les idées panafricanistes de Marcus Garvey.
En novembre 1947, Nkrumah arrive en Gold Coast et devient donc secrétaire général de l’UGCC qu’il transformera en un parti de masse qui touchait toutes les classes sociales. Dès 1948 ce dernier organise le boycott des produits européens afin que ces derniers baissent les prix des marchandises. Il initie le radicalisme au sein de l’UGCC qu’il va utiliser plus tard contre l’administration coloniale britannique. Nkrumah va également propager en très peu de temps la devise du parti. En effet, en Septembre 1948 il fonde le « Accra Evening News » instrument de communication au travers duquel il incitera le peuple de Gold Coast à lutter contre la domination britannique. Il sera à l’origine de nombreuses autres manifestations dont celles qui ont accompagné les émeutes populaires à Accra ainsi que dans les villes côtières avec pour bilan 29 Africains tués et des centaines de personnes arrêtées dont Nkrumah et Danquah. La commission d’enquête Watson constate par la suite la gravité du ressentiment populaire et conclut que l‘autonomie politique de la Gold Coast aurait pu faire en sorte que la situation ne dégénère. C’est ainsi que le gouverneur crée une commission de réforme constitutionnelle sous la présidence d’un magistrat africain, J.H. Coussey. Le rapport de cette commission apparaît comme étant une tentative de conciliation des aspirations autonomistes des Africains avancés avec la volonté de la Grande-Bretagne de contrôler le rythme d’évolution politique et l’attitude réactionnaire des chefs traditionnels. Toutefois, elle va proposer un système parlementaire avec une assemblée dont tous les membres seraient élus.
Entre temps les dirigeants de l’UGCC reprochèrent à Kwame Nkrumah son activisme et son désir d’associer et d’entraîner immédiatement les masses. De Secrétaire général, il devînt trésorier. Il fondera par la suite un comité de jeunes dont il était l’animateur. Du fait qu’il était devenu un objet de méfiance au sein du parti, il rompt avec ce dernier entraînant avec lui l’aile marchante du parti à savoir les jeunes, les femmes du peuple, les citadins impatients d’action. Avec eux il créa en juin 1949 le CPP. (Rassemblement du Parti Populaire). Face aux propositions britanniques les deux partis relevèrent leurs méthodes d’action. L’UGCC répondit « Discussion pour l’autonomie le plus tôt possible ». Le CPP lui lança « Action Positive pour l’autonomie immédiate : self government now ». De cette manière Nkrumah prenait parti contre le rapport Coussey et déclencha par ailleurs une campagne de désobéissance civile qui ne se fit pas sans émeutes. De plus le CPP lança une campagne d’action positive et les syndicats annoncèrent une grève générale pour le 8 janvier 1950. Suite à cela Nkrumah fut arrêté.
Malgré cet état de fait, un des dirigeants du CPP : Gbedemah qui venait d’être libéré maintint le moral des nationalistes. Le CPP l’emportera par la suite aux élections d’Accra et de Cape Coast.
Un de ses représentants réussit à faire abaisser l’âge de vote de 25 ans à 21ans. Ce fut un grand succès pour le CPP dont le principal appui était la jeunesse ; et c’est à ce moment que sera introduit dans le parti le titre de « diplômé de prison ».
Les Autres Nationalistes.
o Gbedemah
Il apporta son aide dans la création du « Accra Evening News » et devînt président du « Comittee of Youth Organisation ». Il devient leader lorsque Nkrumah est emprisonné et s’investit en bon organisateur. Il aida le CPP et ses membres à gagner les élections de 1951 et y institua le « prison graduate ».
o Adjii Aka
Il sera instrumentalisé dans la formation de l’UGCC. En 1954 il rejoindra le CPP de Nkrumah et organisera des soulèvements popuaires en 1948. Il contribuera également à la création du « African National Times » qui sera d’une grande aide dans le déploiement du nationalisme et dans la conquête de l’autonomie.
o Le Chef Traditionnel Nii Kwabena Bonne
Il œuvrera dans la campagne de boycott organisée contre les traités Européens et Syriens, et qui fut vivement encouragée par les autres leaders traditionnels.


2. La marche vers l’indépendance
La marche vers l’indépendance des Etats Africains noirs a été l’un des phénomènes les plus spectaculaires de la deuxième moitié du 20ème siècle. Impulsée par la Gold Coast, elle finit par s’étendre aux autres colonies et territoires sous tutelle d’Afrique.
Dès la sortie de Kwame Nkrumah de prison sous l’impulsion du gouverneur Arden Clarke, ce fut le début d’une collaboration loyale, mais où Nkrumah jouait le rôle décisif. Il envisagea de changer le nom de Gold Coast en Ghana pour se rattacher à l’histoire africaine la plus ancienne, et s’efforça de briser l’opposition des chefs.
La Constitution de 1954 faisait élire tous les membres de l’assemblée au suffrage universel. Le Cabinet avait désormais l’entière charge de la politique intérieure, le gouverneur ne conservait que les Affaires étrangères et la Défense.
Les oppositions n’avaient pas disparu : celles de l’UGCC, celle des territoires du Nord, celles des chefs et des planteurs de l’Ashanti (National Liberation Movement : N.L.M) dirigés par le sociologue Busia. En 1956, des élections nouvelles donnèrent une légère majorité à ces partis régionaux dans leurs contrées, mais, dans l’ensemble, le CPP conservait une large majorité.
Par ailleurs, La nouvelle assemblée se réunit pour élaborer une réforme constitutionnelle conforme à l’indépendance qui fut formellement remise au gouvernement du Royaume Uni. Les partis minoritaires tentèrent en vain de demander une formule fédérale et préférèrent quitter la salle pour ne pas participer au vote qui fut ainsi acquis à l’unanimité de la majorité CPP présente. Le gouvernement britannique adopta l’acte d’indépendance, et sur la demande conjointe des deux leaders Danquah et Nkrumah, le pays prit le nom de Ghana. Nom qui symbolisait surtout la renaissance politique de l’Afrique Noire. L’indépendance fut déclarée le 6 mars 1957, avec l’accord des Anglais. Appuyé sur d’importantes réserves financières, le gouvernement put réaliser un grand travail d’infrastructure économique et social. Le Ghana resta également dans le Commonwealth.


Conclusion.
Au terme de notre exposé où il était question du nationalisme au Ghana il en ressort que la Gold Coast du nationaliste et panafricaniste Francis Kwame Nkrumah, qui sera marquée par une decolonisation particulièrement douce du fait de la politique coloniale Britannique qui y prévalait, aura été le point de départ du déploiement des mouvements nationalistes dans l’Afrique entière et par extension de la survenue des différents processus ayant conduit aux indépendances des Etats africains.













Bibliographie

Deschamps Hubert « Histoire Générale de l’Afrique Noire de Madagascar et des Archipels ». Volume II De 1800 à nos jours. Tome II. Paris PUF
Ki-Zerbo Joseph, « Histoire de l’Afrique Noire » Paris, Hatier 1972.

“Ordinary Level History for Cameroon School”. By Anucam Group. 2nd Edition. 2008.

Bothela Enow, in “Advanced Level History Pathfinde”. Edition de janvier 2004.
Delaveau. B, Mongnet. C, Salifou. A, in « Décolonisation et problèmes de l’Afrique indépendante ».Paris, Edicef.

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