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THE BASIC NEEDS APPROACH OU L'APPROCHE DE LA SATISFACTION DES BESOINS FONDAMENTAUX

UNIVERSITE PROTESTANTE D'AFRIQUE CENTRALE
FACULTE DES SCIENCES SOCIALES ET DES RELATIONS INTERNATIONALES (FSSRI)
Paix et Développement
Licence 2


Thème : The basic needs approach ou l’approche de la satisfaction des besoins fondamentaux.

Noms des exposants :
- BOMBA MBALLA BITOMO
- LISSOUCK MANUELA D
- MBONO BELLA BERTRAND - TCHOKOTEU MONGA AUDREY
- NOGO BRICE LIONEL - TSAMO NGUETSE JULIETTE H
- NOUMSI SANDRINE
- NOUTANG NOUTANG LOIC
- PONDI PAUL WILLIAM

PLAN DU DEVOIR

INTRODUCTION

I- CLASSIFICATION ET EMERGENCE DES BESOINS
A- CLASSIFICATION DES BESOINS FONDAMENTAUX
1- Maslow et la pyramide des besoins
2- Classification des besoins fondamentaux selon les autres auteurs
B- Emergence
1- Robert Mc Namara
2- L’OIT

II- LIMITES DE LA PYRAMIDE DES BESOINS DE MASLOW ET LES AUTRES CLASSIFICATIONS
A- LES LIMITES
1- Critique de la validité scientifique
2- Distinction entre besoin et désir
3- Aspects psychologiques et processus mentaux
B- AUTRES CLASSIFICATIONS DE L’APPROCHE DE LA SATISFACTION DES BESOINS FONDAMENTAUX
1- Classification opérée par la sociologie
2- Classification opérée par la philosophie
3- Les besoins fondamentaux de Virginia Henderson
4- La théorie de l’autodétermination

III- L’APPROCHE DE LA SATISFACTION DES BESOINS FONDAMENTAUX ET LE DEVELOPPEMENT
1- L’approche de la satisfaction des besoins fondamentaux comme stratégies de développement
2- Banque Mondial : Aide au développement
3- L’homme comme moteur de développement

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE



INTRODUCTION
Dans un contexte mondial de résurgence et de problématisation des questions alimentaires, agricoles, etc. liées à la recherche du bien-être, de la satisfaction des besoins fondamentaux et de l’élaboration des stratégies à plusieurs échelles internationales : OMD ; régionales : PAC et NEPAD et nationales DSRP et DSCE. Il est important de revisiter la problématique de développement non plus en terme de croissance économique, mais en terme plutôt de retombée individuelle de la croissance économique. Ainsi donc, le concept de développement peut être définit comme étant l’évolution d’un stade initial vers un stade plus avancé. Mieux, il renvoie à l’épanouissement physique, intellectuel et spirituel d’un Etre vivant. En 1945, ce terme prend une autre vision avec le discours du Président Américain H. Truman dans son 4ème point qui préconise de sortir les nations sous-développées de la misère, auxquelles on opposera plus tard les nations développées. D’après Sabri Abdallah : « le développement est un processus de changement global avec la croissance économique comme principale composante mais non-exclusif, cette conscience économique dit-il, peut suivre différentes voies suivant les besoins fondamentaux de la majorité » Ce qui revient à dire que le développement requiert aussi bien l’aspect qualitatif que l’aspect quantitatif. Ainsi, depuis le discours de 1945, de nombreuses stratégies ont été mises sur pied dans le but d’amorcer ce processus qu’est le développement. C’est donc à cet égard qu’interviennent les stratégies de développement qui sont en effet un ensemble d’opérations mises en place par un gouvernement dans le but d’améliorer le cadre de vie de ses populations et d’atteindre l’épanouissement d’individus pour mettre sur pied leur politique. Parmi ces stratégies nous avons le développement communautaire ou Ujama’a du président Tanzanien Julius Nyerere, et précisément l’approche de la satisfaction des besoins fondamentaux mettant ainsi l’homme au centre de tout processus évolutif. Dans son discours « Address to the board of governors; the World Bank group » à Nairobi du 24 septembre 1973. Il pose les jalons d’un plan quinquennal basé sur la réalisation du bien-être des populations issues du tiers monde. D’où la declaration: “I emphasized the need to design development strategies that would bring greater benefits to the poorest groups in the developing countries particularly to the approximately 40% of their populations who are neither contributing significantly to economic growth nor sharing equitably in economic progress.” En d’autres termes, j’insisterais sur le besoin d’élaborer des stratégies de développement capable de bénéficier à un plus grand nombre de catégories de pauvres dans les pays en voie de développement approximativement 40% d’entre eux qui ne contribuent pas significativement à la croissance économique ou qui ne profitent pas équitablement de celle-ci. Les besoins fondamentaux qui désignent l’ensemble des nécessités impérieuses dont la satisfaction est cruciale pour l’homme. Cette approche est inspirée de la pyramide des besoins d’Abraham Maslow diffusé en 1940. Quels sont les besoins fondamentaux de l’homme ? Doit-il toujours les satisfaire pour son plein épanouissement ? Et, quel est le lien entre la satisfaction de ces besoins et le développement ? Pour apporter des réponses à ces questions, notre devoir s’organisera en 3 parties essentielles. D’abord, nous présenterons la classification et l’émergence des besoins fondamentaux. Ensuite, nous passerons par les limites de la pyramide des besoins de Maslow et les autres classifications ; et enfin, nous établirons le lien entre la satisfaction des besoins fondamentaux et le développement.





I- CLASSIFICATION ET EMERGENCE DE L’APPROCHE DE LA SATISFACTION DES BESOINS FONDAMENTAUX

L’approche de la satisfaction des besoins fondamentaux est une stratégie de développement remontant dans les années 70 avec l’initiative de la Banque Mondiale. En effet, c’est dans cette période que l’on a élaboré la plupart des stratégies de développement après le discours de Truman en 1945 pour sortir les nécessiteux de la misère.
A- CLASSIFICATION DES BESOINS FONDAMENTAUX
1- Maslow et la pyramide des besoins fondamentaux
La pyramide des besoins est une représentation éponyme de théorie élaborée à partir des observations réalisées dans les années 40 par Abraham Maslow. Celui-ci est un psychologue américain qui définit l’homme comme un tout présentant des aspects physiologiques (organisation du physiologique et biologique), psychologique et sociologique (sécurité, appartenance, reconnaissance) et spirituels (dépassement)
Maslow détermine aussi une hiérarchie des besoins : la satisfaction des besoins physiologiques doit précéder toute tentative de satisfaction des besoins de protection (sécurité) ; lesquels doivent être satisfaits avant les besoins d’amour (appartenance) qui précèdent les besoins d’estime de soi (reconnaissance), au sommet de la pyramide se trouvent les besoins spirituels (dépassement)

Cette pyramide du bas vers le haut est l’ordre dans lequel apparaissent les besoins de l’homme ; la satisfaction d’un besoin entraîne un autre besoin à satisfaire. S’agissant donc :
- Des besoins de maintien de la vie : c’est un besoin physiologique de base. Ils sont satisfaits lorsqu’un individu peut manger et boire autant qu’il peut, dormir et bouger, maintenir sa température normale. Cet échelon de la pyramide renferme tous les besoins que peut avoir une personne pour survivre. La non-satisfaction des besoins physiologiques entraîne la mort.
- Les besoins de sécurité : c’est le 2ème niveau de la pyramide de Maslow. L’absence de douleur, mais également la possibilité de procéder à des rites procurent un sentiment de sécurité. Quand on parle de besoin de sécurité, il s’agit de l’association des besoins de sécurité physique et psychologique comme la paix, la stabilité, la protection. L’insatisfaction de ceux-ci procure, entraîne la peur et l’anxiété.
- Les besoins d’appartenance : ces besoins font l’objet du 3ème palier de la pyramide de Maslow. Ces ont des désirs de vivre une relation avec autrui, de faire partie d’un groupe, de créer des relations, de communiquer. Par conséquent, ces besoins st orientés vers autrui, vers les sentiments ou les émotions qu’il peut procurer. L’insatisfaction de ces besoins entraîne la solitude et le malaise social.
- Besoins d’estime de soi : il s’agit ici de la confiance en soi, de la réalisation des désirs d’interdépendance, de la liberté. Ce palier est alors celui des individus en quête d’estime de soi. La non satisfaction de ces besoins entraîne un sentiment d’infériorité.
- Le besoin de réalisation : ce niveau est plus spirituel. Il regroupe les désirs philosophiques, religieux et d’accomplissement de soi. Ce palier permet la prise de conscience et autorise le développement personnel.
2- Classification des besoins fondamentaux selon les autres auteurs
A la suite de Maslow qui pensait que l’homme ne pouvait travailler, se développer s’il n’arrivait pas d’abord à satisfaire ses besoins fondamentaux, plusieurs autres classifications ont été élaborées pour soutenir cette thèse.
a- Alfred ADLER
A la suite de Maslow, Alfred ADLER insiste pour sa part sur la position de l’individu dans son groupe social par rapport à la libido, en ce qui concerne le besoin d’estime. Cette idée a été reprise par les psychosociologues américains aboutissant à un certains nombres de concepts parmi lesquels nous pouvons citer le besoin d’estime, d’indépendance professionnelle s’apparentant à l’ambition. ADLER explique par ailleurs à l’aide d’un exemple : le phénomène de la formation permanente dans lequel on voit les individus s’intéresser à des formations correspondantes à leurs intérêts après avoir obtenu un métier (qualifié d’alimentaire), ce qui leur assure ainsi la vie matérielle mais sans satisfaire les intérêts.
b- Bronislaw MALINOWSKI
Pour lui, la culture se fonde sur la nature humaine c’est-à-dire sur le fait que l’individu doit se nourrir, respirer, dormir, se reproduire, éliminer ses déchets, quelque soit l’endroit où il se trouve et sa civilisation d’appartenance. C’est à partir de ces idées que se développa dans les années 70 une intense volonté de définir précisément les besoins fondamentaux et surtout quels moyens devaient être employés pour les satisfaire.
c- William C. SCHULTZ
W. C Schultz développa la théorie des besoins interpersonnels fondamentaux selon laquelle l’homme a des besoins biologiques et également des besoins de relation avec son semblable dont la satisfaction contribue également à son épanouissement. Pour cela, il distingue 3 besoins:
- Le besoin d’inclusion : celui-ci renvoie à la nécessité d’établir une relation physiologiquement confortable et satisfaisante avec autrui que ce soit dans l’interaction que dans l’association, l’intérêt mutuel et sentir que le soi est valorisé.
- Le besoin de contrôle : il concerne l’établissement et le maintien d’une bonne relation de soi avec autrui renvoyant au contrôle du comportement d’autrui et le pouvoir sur lui. Ce besoin implique par là la compétence et la capacité de responsabilité d’autrui, ainsi que la considération par autrui de sa propre compétence et de sa propre responsabilité.
- Le besoin d’affection : quant à lui permet d’établir et de maintenir une relation d’affection mutuelle avec l’autre (sentiment réciproque d’aimer autrui et d’en être aimé, de se sentir aimable). Ces besoins interpersonnels selon Schultz doivent se satisfaire dans l’interdépendance des 3 besoins c’est-à-dire en équilibre des relations humaines.

d- Johan GALTUNG
Cette grande figure des études de paix, complexifie l’énumération en distinguant 4 classes de besoins: ceux qui favorisent la sécurité, le bien-être, la liberté et l’identité. Par ailleurs, cette approche se trouve donc conforté par le psychosociologue Maslow qui cherche à montrer par sa pyramide des besoins que certaines exigences fondamentales de l’existence doivent être satisfaites pour que d’autres plus élevées puissent l’être à leur tour.

B- EMERGENCE
1- Robert Mc NAMARA
C’est à Robert Mc Namara que l’on doit l’approche de la satisfaction des besoins fondamentaux. Président de la Banque Mondiale à l’époque, il l’utilisa dans son discours prononcé à Nairobi devant le conseil des gouverneurs de la Banque Mondiale en 1972.
En effet, Robert Mc Namara développa l’idée selon laquelle le Sud très miséreux était incapable de prendre en main son destin. C’est dans ce sens qu’émergent dans les années 60 les travaux ou stratégies qui s’articulent autour de la satisfaction des besoins fondamentaux et impérieux des populations de Sud. Dès lors, on voit là une urgence de satisfaire les besoins essentiels de l’homme pour observer un quelconque développement. C’est par l’épanouissement de l’homme et sa prospérité qu’une croissance soit possible. La satisfaction des besoins fondamentaux apparaît donc comme une préoccupation incontournable dans le processus de développement du tiers-monde.
Pr Robert Mc Namara, les populations miséreuses doivent avoir accès aux mêmes richesses et aux mêmes traitements dans les sociétés, il milite ici pour la justice sociale et la croissance. C’est dans ce sens qu’il dit : « les gouvernements des pays en développement devraient davantage se préoccuper des besoins les plus essentiels tels que la nutrition, le logement, la santé, l’éducation et l’emploi de leur population. » L’objectif ultime était non seulement d’améliorer les conditions de vie des populations du tiers-monde, mais également d’élever leur production pour les inclure dans le système économique mondial. A cause du NOEI (Nouvel Ordre économique International), qui prévalait alors, offrant des solutions plus radicales au problème de développement, l’approche de Mc Namara n’eu pas de retentissement immédiat. Soulignons également que cette approche a favorisé certaines organisations qui se fondaient sur la satisfaction des besoins fondamentaux pour s’ingérer dans les affaires internes des Etats ; tels que l’O.I.T (Organisation Internationale du Travail)
2- L’O.I.T
L’O.I.T est une organisation qui a pour but de promouvoir l’accès à l’emploi. A la conférence mondiale de l’emploi, en 1970, l’O.I.T à recentrer les débats sur la satisfaction des besoins fondamentaux. Mais seulement cette idée n’était pas nouvelle, car, elle avait déjà été émise par la Banque Mondiale. Le rapport Dag Hammarskjöld de 1975 était en effet d’avis que le développement devait respecter à la fois des limites inférieures c’est-à-dire la satisfaction des besoins fondamentaux et les limites extérieures ou les contraintes environnementales. L’assemblage des trois instances telles que la Banque Mondiale, l’O.I.T, le Forum du Tiers-monde eu donc pour effet d’apporter une audience plus considérable à l’approche de la satisfaction des besoins fondamentaux. Ces organismes qui militaient dès le départ pour des causes différentes par la suite se retrouvèrent à œuvrer pour le bien-être des populations du tiers-monde qui selon eux, les besoins fondamentaux s’avéraient être un impératif urgent et à satisfaire.


II- LIMITES DE LA PYRAMIDE DES BESOINS DE MASLOW AUTRES CLASSIFICATIONS

A- LIMITES

L’exigence du respect de la hiérarchie dans la satisfaction des besoins fondamentaux chez Maslow apparaît comme le point d’achoppement des critiques émises à son encontre ; cette hiérarchie impose qu’un besoin supérieur ne peut être atteint à condition de satisfaire les besoins inférieurs, alors qu’un palier de besoin peut être dépassé selon les cas. La pyramide de Maslow a été créée, élaborée, en se basant sur les réalités socioculturelles d’une société : la sienne. Mais sachant que chaque société a ses propres réalités socioculturelles, on ne pourrait appliquer la pyramide élaborée par Maslow puisqu’elle ne concerne qu’une population occidentale instruite. Le faire alors ne serait que fausser les données obtenues car les bases étaient différentes.
Critique de la validité scientifique

D’après Maslow, c’est lorsqu’on a satisfait un besoin (inférieur) que se crée un nouveau besoin, et ainsi de suite. Aussi, il n’est donc pas dit que la chronologie élaborée par Maslow soit unique et applicable à tous. Car, l’individu est subjectif : ce qui est primordial chez l’un ne l’est pas forcément chez un autre. Par conséquent, la satisfaction des besoins n’est pas forcée de suivre la logique de la pyramide de Maslow. Cela s’explique par la motivation. Car nous constatons qu’un individu est plus motivé à obtenir, à satisfaire un besoin qu’il n’a pas, qu’à le garder ; et cela qu’importe le palier du besoin.


1- Distinction entre besoin et désir
Il faudrait toutefois faire la différence entre besoin et désir et ne pas confondre ces deux notions ; car tandis que le besoin est compris comme étant un acte inconscient, une nécessité urgente, pressante, cherchant à palier un manque, le désir par contre est conscient, une envie précipitée et urgente de quelqu’un.Par conséquent, sauter d’une voiture en marche pour éviter un accident, ou alors se défendre lors d’une attaque dans le seul but de ne pas mourir,… est un acte inconscient considérée comme un besoin alors que se faire plaisir, acheter une nouvelle télévision alors qu’on en a déjà ne relève que d’une envie contrôlée et contrôlable.

2- Aspect psychologique et processus mentaux
La théorie de Maslow n’est pas cependant soutenue dans sa généralité par les études expérimentales. Par exemple, celle de Barbara Goebel, de Dolores Brown (1981) et même celles de Hall et Nougaim. Barbara G. et Dolores B. montrent que les besoins sont classés par ordre d’importance, selon les tranches d’âge, selon qu’on soit jeune ou vieux (9 à 80 ans). Le besoin qui domine alors à tout âge est celui de l’affection. Ainsi d’après elles, la chronologie de Maslow n’est pas toujours réalisée. Aussi, le besoin le plus important est celui de la réalisation et se développe plus chez les adultes jeunes. Hall et Nougaim (1968) dans leur étude montre plutôt que c’est le besoin de réussite qui reste toujours très fort et en par conséquent une priorité.
De plus, d’autres observations montrent que certaines personnalités ont tellement besoin de réalisation qu’elles oublient la satisfaction des besoins physiologiques.


B- AUTRES CLASSIFICATIONS DES BESOINS FONDAMENTAUX

Au vu des étapes hiérarchiques opérées par l’approche de Maslow, certains théoriciens et d’autres apports tels que la philosophie, la sociologie ont proposé différentes approches.

1- Classification opérée par la sociologie
La sociologie est considérée comme une science qui étudie les comportements de l’homme dans la société. Dans l’étude des besoins d’un individu, la sociologie les classe en trois catégories :
- Le besoins primaire ou vital, physiologique : il s’agit de manger, boire, respirer, dormir ;
- Le besoin secondaire ou social : il s’agit par exemple du besoin qui pousse un individu à se laver, à se loger, se vêtir,…
- Le besoin tertiaire ou personnel : ce sont les nécessités propres à un individu. Ils permettent à l’homme de se sentir à l’aise ; par exemple les voyages.

2- Classification des besoins opérée par la philosophie
Epicure (311 à 270 avant Jésus-Christ) est un philosophe grec qui fut à l’origine d’une classification des besoins. Pour lui ; l’homme a des besoins qu’il doit assouvir. Sa classification tourne autour de quatre points :
- Les besoins naturels : ils sont indispensables à la vie, au bien-être, au bonheur ;
- Les aspirations naturelles : ce sont les besoins dont l’homme peut se passer à l’instar des jeux, de l’amour, du sexe ;
- L’aspiration de création humaine comme la gloire, la richesse ;
- L’aspiration mystique comme le désir d’immortalité, d’être doté de puissance. Ces besoins sont irréalisables.

3- Les besoins selon Virginia Henderson
Sa proposition est une approche médicale et plus technique. Elle a mis sur pied 14 besoins fondamentaux, considérés comme des capacités à l’homme pour vivre de façon autonome, sans avoir besoin de l’aide d’autrui. Il s’agit de 1-respirer, 2-boire et manger, 3-éliminer, 4-se mouvoir, concevoir une bonne posture et maintenir une circulation sanguine adéquate, 5-dormir, 6-se vêtir (ces 6 premières vitalités correspondent au premier niveau dans la pyramide de Maslow, à savoir les besoins physiologiques), 7-maintenir la température du corps dans des valeurs proches de la normale, 8-être propre, soigné, 9-éviter les dangers, 10-communiquer avec ses semblables, 11-agir selon ses croyances et ses valeurs, 12-s’occuper en vue de se réaliser, 13-se vêtir, et 14-apprendre.



4- La théorie de l’auto-détermination
Il s’agit de la satisfaction par l’homme, des besoins essentiels à sa survie. Il s’agit :
- Les besoin d’autonomie : la personne décide volontairement de ses actions
- Le besoin de compétence : c’est le sentiment d’efficacité et de l’homme sur son environnement à l’instar du gout d’exploration, de la curiosité
- Le besoin de relation à autrui : c’est le sentiment d’appartenance et de bien être que doit ressentir l’homme dans la société.

III- L’APPROCHE DE LA SATISFACTION DES BESOINS FONDAMENTAUX ET LE DEVELOPPEMENT
Il est question ici de montrer que cette approche de la satisfaction des besoins fondamentaux peut contribuer au développement.

1- Approche de la satisfaction des besoins comme stratégies de développement

Cette approche comporte trois éléments fondamentaux selon Mc NAMARA une stratégie de développement rural basée sur l’agriculture, un volet institutionnel et un volet infrastructurel tout ceci concourant a la réalisation du bien-être.

L’agriculture constitue le cinquième point du discours de Mc Namara, il parle de stratégie de développement rural comme levier fondamental de l’approche de la satisfaction des besoins fondamentaux. Pour lui, il s’agit de permettre aux 40% des populations du Sud qui participent de peu a la croissance économique ou qui ne bénéficient pas assez des fruits de la croissance économique. En effet, il prévoit pour le plan quinquennal de 1974 a 1978 un investissement de 4,4 milliards de dollar pour l’agriculture soit une augmentation possible de 5% de la production agricole ; notamment par l’accès des populations des plus pauvres au microcrédit et grâce a une nécessaire reforme foncière permettant a la couche vulnérable d’avoir accès a la terre. L’augmentation de la production agraire est nécessaire en vue de résoudre les problèmes alimentaires, de chômage, réduire la faim et les crises alimentaires de part le monde. L’agriculture va donc permettre au pays Tiers de lutter contre l’extrême pauvreté d’intégrer la marche internationale mais aussi de constituer a partir d’une politique fiscale le self-reliance.

Concernant le volet infrastructurel : Robert Mc Namara plaide en faveur de la décentralisation de l’Etat, de la création des coopératives des associations, et de l’intervention des ONG pour une grande participation des populations dans le processus de développement. Il compte sur l’effort des PVD eux-mêmes mais aussi sur la solidarité internationale. La création des centres de recherche et de vulgarisation des recherches agronomiques doit être soutenue dans les pays tiers ; l’agriculture pour accompagner

Sur le plan de l’accompagnement infrastructurel : Mc Namara propose l’amélioration des infrastructures de transport sur le désenclavement de la zone rural et l’approvisionnement des villes. La multiplication des centres de santé pour lutter contre la mortalité infantile, les épidémies et élargir l’accès aux soins élémentaires. Les écoles pour l’éducation des populations conforment aux problèmes qu’ils rencontrent. Permettre l’accès à l’eau potable et financer l’irrigation pour augmenter la productivité des sols arides. D’où cette approche s’érige en stratégie de développement et par conséquent, concoure a l’aboutissement du développement.

2- La Banque Mondiale : l’aide au développement

L’approche de la satisfaction des besoins fondamentaux se posera en stratégie de développement avec le président de la Banque Mondiale Robert Mc NAMARA pour qui l’éducation, l’accès a l’eau et a habitat décent, l’accès aux soins primaires a travers la solidarité internationale exprimée par l’APD afin d’élever la productivité des plus pauvres dans le système économique. La Banque Mondiale devra financer a hauteur de 22milliards de dollars pour la période de 1974-1978 1000 projets avec un accent particulier sur les 40% des populations du Tiers Monde qui vivent dans l’extrême pauvreté. Le rôle de la Banque sera aussi de faciliter l’accès au microcrédit des couches vulnérables et d’accompagner la reforme foncière.

3- L’homme : moteur du développement

L’approche de la satisfaction des besoins fondamentaux place l’homme au centre de la problématique du développement. Tout d’abord, elle a le mérite d’intégrer une plus grande participation des populations dans la résolution des problèmes de sous- développement. Ensuite, elle innove dans le cadre des stratégies de développement en proposant une approche par le « bas » non seulement en favorisant le leadership et l’entreprenariat des individus, mais aussi part l’accompagnement des efforts communautaires dans la perspective du développement local. Enfin, elle veut satisfaire les besoins basics et réaliser le bien être à la fois individuel et collectif pour l’épanouissement des couches vulnérables des pays tiers. Force est de reconnaitre que le développement dépend de la qualité de l’homme et si les besoins de première nécessité qui contribuent a la croissance de l’être humain ne sont pas atteint encore moins satisfait, il est néanmoins certains que penser le développement soit un rêve chez les hommes. Puisque le développement se fait par l’homme et pour l’homme.











CONCLUSION

Parvenu au terme de notre analyse dont la préoccupation majeure était d’étudier de manière détaillée structurée le concept de l’approche de la satisfaction des besoins fondamentaux. Nous aurons observés l’agencement chronologique des faits au niveau de la classification des besoins fondamentaux (par des auteurs tels que Maslow et Adler) puis l’émergence dudit concept par le théoricien Robert Mc Namara ; et enfin, les limites au théorème ont été énoncées particulièrement au niveau de la polémique sur la validité scientifique et de la distinction entre désir et besoin. Nous retenons de notre étude que la satisfaction de l’ensemble de ces besoins s’avère être d’une primordialité absolue voire vitale à l’épanouissement de tout individu au cours du processus de croissance. Une fois ces besoins satisfaits, l’individu en question peut être considéré comme apte à développer toutes ses facultés (intellectuelles, motrices, culturelles etc.) indépendamment de sa classe sociale pour agir comme agent de développement. C’est dans cette optique que tous les pays du monde ont pour devoir de mettre en place des processus stratégiques visant à réduire le taux de famine, de pauvreté, bref les besoins de l’homme relativement à sa spatio temporalité. En effet, il serait dommage de mettre à l’ombre le fait que, comme l’a souligné le spécialiste Julius Nyerere de l’UNESCO, l’approche de la satisfaction des besoins fondamentaux se doit d’être axée sur l’homme ainsi que ses besoins fondamentaux et utilisée comme modèle de développement. Cependant, le réalisme des faits montre que l’approche de la satisfaction des besoins fondamentaux tend à réduire l’être humain à une dimension substantielle ou basique au détriment de son coté pluri dimensionnel dû à la complexité du phénomène humain. Force est alors de constater que, les organismes internationaux n’ont pas vraiment réussi dans l’application de cette stratégie de développement et n’ont pas intégré dans la conceptualisation le critère de durabilité et des questions liées aux droits de l’homme. C’est alors qu’à la fin des années 80, naissent un ensemble de réformes visant à réduire la dette des pays tiers-mondistes en particulier, les pays latino-américains : c’est le consensus de Washington.



BIBLIOGRAPHIE :

1. Le développement histoire d’une croyance occidentale, Gilbert Rist, 2ème édition mise à jour et augmentée d’une postface ; p.205-276
2. Mc Namara, Robert Strange : Address to the board of governors, the world bank group, Nairobi, 1973
3. Pyramide des besoins de Maslow, google



Abreviations et sigles

bm: Banque Mondiale
PVD: Pays en Voie de Développement
APD: Aide Publique au Développement
NOEI: Nouvel Ordre Economique International
OIT: Organisation International du Travail
Dsce : Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (le Cameroun)
Dsrp : Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté
Omd : Objectif du Millénaire pour le Développement
Nepad : Nouveau Partenariat pour le Développement d’Afrique
UNESCO : Organisation des Nations Unies pour la Science l’Education et la Culture
ONG : Organisation non Gouvernementale

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