Sunday, June 12, 2011

EMERGENCE DES ONGs ET LE DEVELOPPEMENT LOCAL

PLAN DE L’EXPOSE
INTRODUCTION
I. CONTEXTE HISTORIQUE DE L’EMERGENCE DES ONG ET APPROCHES DEFINITIONELLES DE CE CONCEPT
A. CONTEXTE HISTORIQUE
1. LA CRISE DE 1929
2. LES PROGRAMMES D’AJUSTEMENT STRUCTURELS
3. THEORIES EXPLICATIVES DU CONTEXTE HISTORIQUE DE L’EMERGENCE DES ONG
B. APPROCHES DEFINITIONELLES

II. TYPOLOGIE DES ONG
A. SELON LEURS CARACTERISTIQUES
B. SELON LEURS DOMAINES D’ACTIVITE ET DE COMPETENCE
C. SELON LEUR SITUATION GEOGRAPHIQUE
1. ONG DU NORD
2. ONG DU SUD

III. ONG ET DEVELOPPEMENT LOCAL
A. LE DEVELOPPEMENT LOCAL

1. DEFINITION DU DEVELOPPEMENT LOCAL
2. PRINCIPES GENERAUX

B. ATOUTS ET LIMITES DES ONG COMME ACTEURS DE DEVELOPPEMENT LOCAL

1. ATOUTS
2. LIMITES DES ONG
IV. PERSPECTIVES

A. LES ONG AUJOURD’HUI
B. PROPOSITIONS POUR UN MEILLEUR FUTUR DES ONG

CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE

INTRODUCTION

Le XX me siècle est une période marquante dans l’histoire du monde dans la mesure où plusieurs changements ont eu lieu, parmi lesquels le fameux discours du président américain Harry Truman; discours dans lequel le mot ‘’ Sous développement ‘’ fut prononcé pour la première fois. Le président Truman s’attarde à définir ce qui, selon lui, constitue le sous – développement ; il s’exprime en ces termes : « plus de la moitié des gents vivant dans ce monde vivent dans des conditions voisines de la misère. Leur nourriture est insatisfaisante. Ils sont victimes de maladies .Leur vie économique est primitive et stationnaire ». Suite à ce discours, plusieurs théories de développement vont voir le jour: d’abord la théorie de la Modernisation, suivie de la théorie de la Dépendance, et enfin la théorie Institutionnaliste. Toutes ces théories proposaient des solutions aux problèmes du sous développement du Sud et de l’Est. Par ailleurs, plusieurs stratégies seront également mises sur pieds parmi lesquelles la stratégie du développement « local » cible principale dans les programmes qui leurs ayant été destinés. Les bailleurs de fond ainsi que les organismes internationaux ayant constaté l’échec de l’Etat dans les années 1970, ainsi que celui des marchés dans les années 1980, vont alors se tourner vers d’autres obédiences dont les ONG (organisations non gouvernementales) qu’ils vont ériger en acteurs de développement. Basile Kenmogne dans « Les organisations Non Gouvernementales et le développement participatif » affirme à cet effet, que : « Les ONG seraient ainsi héritières d’un double échec : échec de l’appareil de l’Etat à garantir le bien – être de tous et à satisfaire tous les désidérata des populations ; incapacité du secteur privé commercial qui échoue dans sa prétention à assurer, par les seules vertus du marché, une redistribution équitable des biens et services » 3.Quelles sont donc les circonstances qui ont permis l’émergence des ONG, et leurs apports comme acteurs de développement ? Tout au long de notre devoir, nous nous appesantirons d’une part sur le contexte historique de l’émergence des ONG ainsi que sur les approches définitionnelles du concept d’ONG ; d’autre part nous traiterons de la typologie des ONG (II), puis des ONG et du développement local (Action, rôle et limites) (III) et enfin nous parlerons des perspectives (IV).





I- CONTEXTE HISTORIQUE DE L’EMERGENCE DES ONG ET APPROCHES DEFINITIONELLES DU CONCEPT D’ONG.

L’on ne saurait aujourd’hui parler des ONG sans évoquer auparavant le contexte historique de leur apparition, incluant les catalyseurs tant internes qu’externes ayants contribués à leur déploiement.

A. Contexte Historique de l’émergence des ONG

Les ONG arrivent sur la scène mondiale en 1840 avec la convention mondiale contre l’esclavage ; cependant, ce n ‘est qu’avec la naissance du Comité International de la Croix Rouge que les principes fondateurs de ce tout premier organisme non gouvernemental verront le jour dont trois des cinq principes sont l’impartialité, la neutralité, et l’indépendance. En effet le Comité International de la Croix Rouge (CICR), première organisation humanitaire, et pères fondateurs à l’instar de Henry Durant, Gustave Moynier et Guillaume Henri-Dufour va se déployer avec pour objectif principal l’aide aux victimes de la guerre.
Au fil des années, vont émerger d’autres types dont celles à vocation développementaliste, et dont la création sera effective au moment ou les bailleurs de fonds vont se rendre compte du double échec de l’Etat et du marché pour le bien-être des populations locales ainsi que leur développement ; C’est dans cette optique que Laetitia Atlani Duault (2005) va faire la remarque selon laquelle le mythe de l’Etat des années 1960 a été remplacé par celui de l’Etat plus le marché, et est devenu le triple mythe de « L’Etat , du marché et de la société civile » .Retraçons donc cette évolution qui est à la base de l’ émergence des ONG.

1. La Crise des Années 1980

Sur le plan économique et social les années 1980 vont être pour la plupart des pays africains une véritable catastrophe ; forts du succès constaté en Europe par le plan Marshall, plusieurs bailleurs de fond vont se concentrer sur des politiques de développement bilatéral et multilatéral ; c’est pourquoi en Afrique, l’on a verra affluer d’énormes sommes d’argent dans le seul but de « développer » le continent. L’hypothèse qui soutenait cette action était celle selon laquelle : « Les pays pauvres manquaient de capital financier indispensable pour stimuler le développement ».
Ainsi vers 1965, le montant global de l’aide accordée aux Etats africains s’élève à 950 millions de dollars. Il est estimé que, vers la fin des années 1970, cette aide atteignait déjà 36 milliards de dollars, ceci étant du au grand boom des matières premières ; mais, lors de la fameuse crise provoquée par la guerre Iran – Irak en 1979, les banques des pays industrialisés décidèrent d’élever les taux d’intérêts de la dette des pays africains qui sera de 8 milliards de dollars en 1982. Du fait de ces dettes faramineuses, les Etats africains vont se voir dans l’incapacité d’aspirer à assurer le développement et la croissance de leurs pays, sinon à rembourser leurs dettes. Par là, les pays africains vont faire faillite et pour résoudre leurs problèmes ces derniers vont se tourner vers le système de marché afin d’assurer la croissance économique et le bien–être de ses populations. Jérémy Clift qualifiera la réalité de cette période de décennie perdue dans son article « Au-delà du consensus de Washington ».

2. Les Programmes d’ajustement structurel

Les gouvernements nationaux étaient les principaux agents de développement de la pensée économique jusqu’ ‘en 1980.Mais, la guerre Iran – Irak va amener un changement de la donne au niveau de l’économie africaine ;après l’accession à la présidence aux Etats-Unis de Ronald Reagan et au pouvoir en Angleterre de Margaret Thatcher, ces derniers vont s’atteler à instaurer le plan consistant en la privatisation des industries , la libéralisation de l’économie et la minimisation du rôle de l’Etat dans les affaires économiques .Ainsi ,les pays africains seraient obligés d’adopter une nouvelle réforme économique appelé Plan d’Ajustement structurel lancée par la Banque Mondiale et le FMI. Malheureusement ce nouveau mode de développement basé sur le marché échouera aussi ; cet échec va donc pousser les organisations Internationales à se tourner résolument vers les populations locales, au travers des ONG.
Face au double échec de L’Etat et du marché à mettre en marche le développement, naitrons les ONG dont la mise en place sera analysée par plusieurs théories dite explicatives dont les principales sont les théories politistes et les théories économistes.

3. Théories explicatives de l’émergence des ONG

Nées de l’échec à la fois de l’Etat et du marché, les théories explicatives de l’émergence des ONG sont rangées en deux groupes à savoir les théories politistes et les théories économistes.



 Les théories Politistes
Elles sont au nombre de deux : la théorie de la diversité sociale (Social Diversity Theory) et la théorie de l’expérimentation et de la flexibilité (Experimentation and Flexibity Theory). Ici, l’Etat est le seul à élaborer tous les programmes ; cependant, on se rend compte que les décisions administratives ont souvent un caractère anonyme et impersonnel, ce qui fait que ses décisions deviennent inefficaces à satisfaire le besoin des populations locales. Voilà pourquoi Emmanuel Tarray dit ce qui suit à propos de l’Etat « C’est un géant, certes, mais aux mains des Lilliputiens » . C’est de cette façon que plusieurs analystes situent l’émergence des ONG ; Les ONG ne sont pas forcément des forces alternatives ni des organismes de relai ou de substitut face au pouvoir anonyme et impersonnel de l’Etat, mais plutôt des organismes qui prennent en compte les besoins des populations restées à l’écart de l’action gouvernementale. Les ONG jouent donc un rôle de complémentarité à l’égard de l’Etat qui reste un catalyseur dans le développement.

La théorie de la diversité sociale

Encore appelée « Social Diversity Theory » James Doublas est l’auteur de cette théorie ; Il affirme que la société entière est caractérisée » par une large variété d’opinions en ce concerne le bien public ; ce qui fait les pouvoirs publics ne peuvent r répondre de manière précisé à la variâtes des besoins de populations. C’est à ce titre qu’interviennent les ONG et les organismes à but non lucratifs comme acteurs privés à coté de l’Etat .Les ONG et autres organismes à but non lucratifs deviennent par là primordiaux dans les systèmes politiques ou le peuple est souverain ; bien que leurs rôles, leurs objectifs et leurs buts soient différents de ceux de l’Etat. Les ONG et autres mouvements et associations de solidarités sont, non pas des ennemis politiques mais comme des intermédiaires entre les populations et les pouvoirs publiques.


La Théorie de l’expérimentation et de la flexibilité

La théorie de l’expérimentation et de la flexibilité (Experimental and Flexbity Theory) est inspirée des insuffisances de la précédente, dans la mesure ou elle vient faire le constat selon lequel les lourdeurs bureaucratiques gouvernementales empêchent la réalisation de la promotion des biens publics à cause de leur caractère inflexible. Ainsi, ils ne sont pas à mesure d’apporter des changements dans le corps social, encore moins à trouver des solutions aux problèmes quotidiens des populations. Cependant, la pratique du développement amène les populations locales à prendre conscience du fait que le sous-développement n’ est pas une fatalité et que l’on peut y remédier grâce à une action collective , et surtout en dénonçant les rapports sociaux entre dominants et dominés, l’exclusion des paysans , des femmes et des petits travailleurs urbains des différents centres de décision. Voilà ce qui constitue les points d’actions des ONG et leur implication dans la sphère politique.

 Les théories Economistes
Dans cette catégorie, on en distingue deux, qui sont la théorie de la subvention (the Subvention Theory), et la théorie du bien public (Public Good Theory).

La théorie de la subvention
C’est elle qui explique l’émergence des ONG par les nombreuses subventions qu’elles perçoivent de la part des bailleurs de fonds, des institutions financières et des pouvoirs publics ; ce qui leur permet de mener à bien leurs projets et d’être plus compétitifs que certaines entreprises.

La théorie du bien public
Celle ci explique l’émergence des ONG par la défaillance de l’Etat à assurer les besoins primaires de la population ; cette fonction première de l’Etat qui « a charge de construire des infrastructures et de pourvoir aux conditions matérielles pour une vie meilleure des populations » . Mais à cause du manque de ressources suffisantes, l’Etat ne parvient pas à assurer à tous ses citoyens un minimum de bien être. Selon Jeremy Rifkin, d’ici 2020, seule deux pour cent de la main d’œuvre sera utilisée ; il déclarera d’ailleurs à cet effet « Over the next – quater century we will see the virtual elimination of the blue- collar , mass assembly line worker from the production process » .C ‘est de cette manière que se créeront des organismes tant locaux que nationaux pour subvenir aux besoins qui e concernent ni par l’ Etat , ni le marché.


B. Approches définitionnelles du concept d’ONG.

La définition du mot ONG reste jusqu’ ici quelque peu ambigüe. Car, en effet, il existe un panel de définitions sensées rendre compte de la signification de ce que c’est qu’une ONG mais qui apparaissent pour les uns comme pour les autres comme étant soit trop conceptuelles, soit trop générales ou même non spécifiées. C’est d’ailleurs le cas de le souligner avec la definition suivante, tirée de l’ouvrage « the Political Influence of Global NGO’s” qui s’énonce ainsi qu’il suit: « An NGO is generally defined as any organization which is not established by a government or a group of governments. Orthers refers to NGOs as non-profit pressure groups » .
En effet, l’on constate que cette définition présente un certain nombre d’insuffisances dans la mesure où elle ne fait que donner le caractère gouvernemental ou non d’organisations dont on ne perçoit ni le rôle ni l’objectif visé.
D’autre part, et pour reprendre Gérard Perroulaz nous avons la définition des ONG donnée par les Nations unies qui, elle, selon lui reste trop large pour être applicable dans tous les pays puisqu’elle inclut des organisations de nature très différente : mouvements sociaux, organisations proches d’Eglises ou des milieux de l’économie privée (associations d’entreprises), centres de recherches universitaires, ainsi qu’associations de parlementaires et d’autorités locales. D’ailleurs, plusieurs des organisations des Nations unies possèdent des guichets réglant les accréditations des ONG et les relations entre ONG et organisations internationales, sans que les critères soient forcément les mêmes. D’où la difficulté à définir le concept d’ONG dans sa dimension la plus complète.


II. TYPOLOGIE DES ONG

A. Selon leurs caractéristiques.
Pour faire une classification des ONG, une approche différente et intéressante serait de regrouper les ONG selon des caractéristiques qui les différencient essentiellement, tel que l’affirme Basile Kenmogne, de la bureaucratie administrative des institutions gouvernementales que de la « rigidité » des bureaux d’étude.
De ce fait ce dernier va les distinguer ainsi qu’il suit :
• Les ONG qui du fait de leur capacité à agir « au ras du sol », atteignent les pauvres et les secteurs sociaux les pus défavorisés ;
• Les organisations flexibles qui adaptent leurs solutions aux réalités locales écartant ainsi la rigidité inopérante des plans préétablis ;
• Les ONG à capacité d’agir au moindre coût : les microprojets et micro-entreprises dans lesquels elles interviennent utilisent du matériau peu onéreux et les charges financières sont réduites.
• Les ONG à capacité innovante : agissant au niveau local au moindre coût et sur une échelle réduite (villages, localités etc.)
• Les ONG sans buts lucratifs qui gèrent les crédits de l’aide au développement avec plus de rigueur et moins d’opacité.

B. Selon leurs domaines d’activité et de compétence
D’autre part, dans un souci de relever les compétences indéniables d’analyse et d’action dans certains domaines (environnement, droits humains, aide humanitaire, promotion des femmes, commerce international, promotion de la paix) il convient de rassembler les ONG autour de certains domaines d’activité, ou pôles de compétences. C’est dans cette optique que Philippe Ryfman propose de renoncer à des définitions unidimensionnelles, qui ne couvrent souvent qu’une partie de la réalité, pour donner le nom d’ONG aux entités qui réunissent un faisceau de cinq caractéristiques à savoir :
• La notion d’association (soit le regroupement de personnes privées) avec un projet non lucratif au bénéfice d’autrui.
• La forme juridique d’association à but non lucratif, selon les droits nationaux.
• Le fait d’être un espace autonome face à l’Etat ou des puissances privées. L’Etat ne doit pas être à l’origine de la création de l’ONG même si celle-ci peut avoir des liens avec l’Etat. La même autonomie doit exister face à l’économie privée, l’Eglise, des sectes ou des groupes criminels.
• « La référence à des valeurs impliquant, en même temps qu’un engagement librement consenti, la volonté affichée d’inscrire l’action associative dans une dimension citoyenne insérée dans un cadre démocratique. »L’ONG devient ainsi un des segments de ce que l’on appelle la « société civile ».
• Le caractère transnational de l’action : une action qui est menée dans un autre pays (que le pays d’origine) où elle cherche à défendre les droits humains ou à intervenir pour la protection de l’environnement et le développement durable.
Cette approche permet d’appréhender le monde des ONG avec une certaine prudence, en étant conscient que les organisations utilisant l’étiquette « ONG » peuvent être de nature très différente, telles les ONG de pure création gouvernementale (GONGOs, governmental NGOs ; en français ONGOG, organisations non gouvernementales organisées par le gouvernement) ou les organisations mises sur pied par des entreprises ou des milieux défendant des intérêts commerciaux (BINGOs, business NGOs).

C. Selon leur situation géographique

Une troisième approche consisterait à distinguer les ONG suivant les régions du monde en terme d’industrialisation c'est-à-dire des plus « développées » au moins « développées » c’est ainsi que nous aurons d’une part les ONG du Nord et d’autre part les ONG du Sud.

1. Les ONG du Nord
L’on entend ici par ONG du Nord l’ensemble des Organismes Non Gouvernementaux présents et actifs au sein des pays industrialisés. Le rôle principal de ces dernières apparaît comme étant celui de soutenir les ONG nationales et locales, les organisations paysannes, les mouvements associatifs et les initiatives communautaires, essentiellement en contribuant à assurer un appui moral, un transfert de techniques de même qu’une aide financière aux programmes de développement. Ce dernier impliquant d’une part une coopération renforcée avec les pouvoirs publics ainsi qu’avec les institutions privées et d’autre part la mise en place de nouvelles politiques et des changements structurels basés sur des initiatives privées locales.
John Benett et Sarah Gibs quant à eux définissent les ONG du Nord internationales ou transnationales comme celles qui ont leurs fondements au sein des pays les plus riches en revenus. Les ONG du Nord sont le plus souvent associées aux « donor NGO’s » du fait qu’elles ont la plupart du temps leurs bureaux basés au sein de pays industrialisés, dont plusieurs octroient des fonds à ce qu’ils ont appelé « indigenous organisations » faisant le plus souvent référence à leurs « partenaires ». Une ONG du Nord se doit d’être auto opérationnelle, délivrant des services directement à certains groupes de populations. De plus, ils considèrent les ONG comme jouant habituellement le rôle d’organisations intermédiaires responsables de la canalisation, de l’administration et de la comptabilité des fonds injectés dans leurs locaux pour les partenaires ou pour les projets à l’étranger.

2. Les ONG du Sud
Les ONG du Sud quant à elles renvoient à l’ensemble des Organisations Non Gouvernementales constituées et actives dans les pays en voie de développement. C’est à ces dernières qu’incombe en général la responsabilité et la compétence du développement du fait de leur proximité et de leur encrage dans les réalités des populations, qui au sein des pays en voie d’essor du Sud font obstacle au développement.
Le nombre d’ONG s’accroit brutalement dans les années 1980 à un moment où les pays donateurs se préparent à expérimenter des alternatives de « direct government-to-government funding» Les économies keynésiennes échouèrent lamentablement dans de nombreux pays ; il existait une infime possibilité de supporter l‘idée selon laquelle l’aide au développement à grande échelle introduite au travers de gouvernements réservoirs aille vers un développement dit « take off »

III. ONG ET DEVELOPPEMENT LOCAL

Avant d’analyser le rôle des ONG dans le développement local, il importe de savoir ce que l’on entend par développement local ainsi que les principes généraux qui le conditionnent.

A. Le développement local

1. Définition
On a souvent tendance à confondre le local avec le rural. Le local est un concept qui a été développé par les géographes pour exprimer la notion d’espace et de territoire. Ce territoire peut se situer en milieu urbain comme en milieu rural, c’est-à-dire en milieu dominé par les activités autres que celle agricoles ou alors dans un milieu dominé par les activités agricoles.
Ce qui différencie le local du rural, c’est que le local fait référence à un espace alors que le rural lui, fait référence aux activités. L’association des deux termes (développement et local) renvoie à l’articulation de deux caractéristiques fondamentales à savoir : la durée qui doit marquer la démarche de développement qui se veut être un processus, et l’espace qui se veut être un territoire local concerné par cette démarche.
A partir de ces éclaircis, le développement local peut être défini comme un processus de transformation socio-économique et culturelle opéré sur un espace en vue d’y promouvoir le bien-être. Cette transformation doit être le fruit d’un projet collectif négocié entre toutes les composantes de la population à laquelle incombe la mise en œuvre du projet. Plus qu’un discours ou une politique, le développement local est une pratique . Le développement local repose sur un territoire de solidarité entre habitants, et sur un projet collectif sur le long terme de cet espace. Il repose sur une démocratie participative, et de gouvernance à travers l'entrée de la « société civile » dans les instances de proposition et de décision du territoire . L'appropriation collective du projet de territoires, par tous ses acteurs, est fondamentale et doit reposer sur un territoire choisi et non imposé, sur une souplesse et une liberté dans le choix des stratégies de développement ainsi définis par et pour le territoire.

2. Principes généraux

Comme principes généraux du développement local nous avons :
• Le territoire en tant qu’espace pertinent
Bien souvent les projets et plans s’adaptent aux délimitations administratives préétablies. Leur durabilité est ainsi mise en doute. En effet, la voie souhaitable serait plutôt d’initier le développement local dans des territoires correspondant à des espaces de solidarité et comme le dit J.P. Prud’homme (1996) « des espaces dont les habitants ont une histoire commune, à laquelle ils sont attachés individuellement et collectivement, dans lequel enfin, ils ont envie de construire un avenir commun ;

• Un project commun
Le projet commun doit constituer le point principal du développement local. Il doit émaner de l’expression populaire et collective sur et pour un espace. En tant que tel, il doit prendre en compte l’ensemble des préoccupations de la formation sociale et économique même si au départ une hiérarchisation s‘impose ;
• Un lien d’exercice de la démocratie locale et du partenariat
Le projet collectif doit être le lien d’apprentissage par excellence d’une réelle démocratie au niveau local. En effet, c’est dans le projet collectif que les différentes composantes de la société, l’Etat et les bailleurs de fond vont exprimer leurs différentes stratégies. La complexité du projet collectif exige que soit mis en place des structures de concertation. Ces dernières doivent être des centres de dialogue et de négociation de manière à parvenir à une appropriation et à éviter ainsi des phénomènes de marginalisation voire d’exclusion de certaines parties de la population du territoire;

• Un projet commun qui privilégie les ressources locales
Pour que les acteurs parviennent à maîtriser leur projet, il est important que celui-ci s’appuie d’abord sur les ressources et potentialités existantes. Les ressources humaines sont tout aussi importantes que celles financières. Ce n’est pas l’extérieur qui doit décider des besoins financiers. Ce sont les besoins du projet dans le temps et l’espace qui doivent déterminer le volume de l’assistance financière. Enfin la population doit s’investir tant financièrement que matériellement pour matérialiser sa volonté dans le projet collectif.

B. Atouts et limites des ONG comme acteurs de développement local

1. Atouts

Face aux défaillances de l’Etat pour gérer l’économie, les ONG se sont développées sur la base locale en reprenant le secteur de la solidarité. Elles permettent la mise en commun des ressources et l’organisation d’un groupe d’individus volontaires dans la réalisation d’un objectif commun. En effet, ce sont des organisations de proximité, c’est dire qu’elles sont au plus près de la population et prennent ainsi en considération l’avis de celles-ci. C’est par rapport à leurs besoins réels que sont établis les projets que comptent accomplir les ONG. Ces dernières sont donc un plus dans le processus de développement car, il ne s’agit plus d’apporter aux localités ce qui semble leur manquer mais plutôt cibler les besoins réels des populations. Ce sont des Organisations crédibles, car les populations voient l’évolution du projet par elles-mêmes. Elles ont leur mot à dire quant à la tournure que peut prendre la réalisation du projet C’est donc dire que les objectifs à atteindre sont modulables, selon que les populations trouveraient un plus grand intérêt par exemple dans la construction d’un puits, plutôt que dans l’établissement d’une école, comme elles auraient peut-être souhaité au départ. Les ONG ont aussi pour avantage d’avoir plusieurs domaines d’interventions (santé, éducation,…). Pour aboutir à la réalisation des objectifs qu’elles se fixent, les ONG sont ouvertes au partenariat, avec d’autres ONG, les coopératives et l’Etat. Cependant, bien que les ONG coopèrent avec l’Etat, elles conservent une certaine souveraineté vis-à-vis de Celui ci. Elles sont autonomes et n’agissent pas par rapport au plan de l’Etat mais elles viennent plutôt combler les manquements de ce dernier, mieux encore, elles procèdent à un rapprochement d’avec les localités et s’implantent sur l’ensemble du territoire, même dans des zones peu accessibles.
Bien plus, la disponibilité, la présence et la contribution réelle dans tous les secteurs de développement socio-économique est un atout majeur des ONG. Ces dernières sont en fait constituées de personnes très disponibles qui vont vers les populations pour connaître leurs besoins réels et ces personnes essaient de combler les attentes des populations le plus efficacement possible. Nous pouvons prendre le cas de l’ONG ELENA qui a été créée en 1991 pour offrir une formation aux jeunes filles et aux femmes privées d’éducation. Basée à Mamfe, dans le nord-ouest du Cameroun, elle a pour objectif d’améliorer les conditions de vie des femmes plongées dans le dénuement, non seulement en les éduquant mais aussi en les rendant autonomes. Cette ONG organise des rencontres de football pour amener les femmes à se rassembler et à se côtoyer pour échanger sur les sujets qui les concernent (la grossesse, les MST, …) et ainsi recevoir une certaine éducation de la part des moniteurs de l’ONG, d’où leur disponibilité.
Du fait de l’expansion des ONG, il est possible de retrouver la même organisation dans plusieurs pays. C’est un plus car, le fait d’aller d’une zone à une autre et retrouver une organisation qui nous aurait encadrés nous permet d’avoir des bases où nous nous trouvons. Les ONG agissent dans le but d’aider les populations et donc ne regardent à aucune spécificité des personnes (religion, appartenance politique…). Bien au contraire, elles usent de leur statut pour combattre les discriminations présentes dans telle ou telle localité. En Cote- d’Ivoire par exemple, L’ONG‘’Beda-CI’’ a été créée en mars 2009. Son objectif est l’insertion sociale des albinos et l’amélioration de leurs conditions de vie. Il arrive parfois que ces personnes subissent des violences de la part du reste de la population du fait de certaines superstitions qui voudraient qu’ils soient différents des autres. Cette association lutte pour la réinsertion des albinos dans la société ivoirienne. Bien que les ONG disposent de nombreux atouts, elles connaissent aussi de nombreuses limites qu’il conviendrait de relever.

2. Limites des ONG
Nous constatons déjà que les ONG actuellement sont très nombreuses et elles continuent d’être créées. Cette pullulation de ces organisations les dessert plus qu’autre chose car elles ont besoin d’un certain financement et le trop grand nombre d’entre elles entraîne une concurrence, une espèce de course au financement. L’intérêt pécuniaire est mis au premier plan, or les ONG sont de principe des organisations à but non lucratif. La place primordiale qu’occupe le financement que devrait avoir les ONG fausse le caractère bénévole des ONG car, les personnes travaillant pour ces ONG ont une rémunération. L’on se demande alors si la création massive des ONG n’est pas un moyen de se faire de l’argent ? Nous constatons que les ONG nées récemment sont souvent dues à une reconversion dans ce secteur d’un jeune diplômé sans emploi. Ce type d’ONG dépend largement des financements accordés par les donateurs aux projets, pour assurer le fonctionnement et notamment le paiement des salaires.
Du fait de cette course au financement, certaines ONG souffrent d’une insuffisance criarde de ressources financières et matérielles. De même que les ONG trouvent leur compte dans le financement proposé par des personnels mais aussi et surtout des institutions publiques, elles peuvent aussi se retrouver dépendantes des orientations des politiques publiques d’aide au développement. Le bon fonctionnement intérieur des ONG dépend en grande partie de ces financements. L’autre limite importante que rencontre les ONG est que l’Etat peut décider de dissoudre une ONG qui ne s’illustrerait pas dans des actions allant dans le sens des objectifs qu’elle se serait fixée. Le fait pour des ONG de ne pas respecter leurs textes statutaires est un autre désavantage pour ces organisations.
Il s’en suit que, les ONG ayant tout de même un caractère volontaire et une dimension humanitaire, elles sont sujettes aux changements d’opinion de la part de ses adhérents. Ils peuvent décider de partir de l’Organisation bien qu’ils se soient engagés à œuvrer pour le développement. Au sein de l’Organisation, il peut exister des querelles de leadership pour les directions (lutte d’intérêts) entre les adhérents. Il s’agit d’une question de prestige, ainsi les objectifs sont relayés au second plan.
De surcroît, certaines ONG se servent de leur statut pour commettre des exactions dans le cadre de leur exercice d’aide au développement. Par exemple, Un rapport de Save the Children, une ONG britannique, dénonce les agissements de pédophiles au sein des organisations humanitaires. L’étude fait état de milliers d’enfants victimes d’abus sexuels de la part de soldats de l’ONU ou de membres d’ONG agissant dans le cadre de l’ONU. Le problème est connu depuis 2002. En décembre 2006, Kofi Annan avait réuni une conférence internationale sur ce sujet dramatique. Depuis, les choses n’ont guère changé, malgré de nombreuses déclarations de principes et des décisions qui sont demeurées lettre morte.

V. PERSPECTIVES
A. Les ONG aujourd’hui
- De nombreux objectifs fixés par les Nations Unies ne sont et ne seront pas atteints en 2015, et pas seulement en Afrique. De plus, bien des situations de misère et de désordre ne peuvent être intégrées par les Objectifs du millénaire fixés par l'ONU, car ils ne sont pas quantifiables. C'est le cas de la pauvreté, de la maltraitance des femmes, de la privation d'enfance, de la guerre, de la peur, de l'insécurité, du manque d'accès aux ressources de base, de l'inégalité.
- L'aide publique au développement - en pourcentage du revenu national brut des pays donateurs - est au plus bas. Les exportations des pays pauvres en franchise de droits vers les pays du Nord baissent régulièrement, à l'exception des ventes d'armes et de pétrole.
- La pauvreté, premier facteur de violence, de destruction des services publics et de recul de la démocratie va s'aggraver, sous toutes ses formes. Alors que, aujourd'hui, près du quart de l'humanité survit avec moins de 2 dollars par jour (le vrai seuil de pauvreté), dans trente ans, ce sera, si rien ne change, le cas de près de la moitié de l'humanité. A l'autre extrémité de l'échelle, la fortune se concentrera entre des mains de moins en moins nombreuses. Plus aucun ordre mondial ne sera alors possible et le terrorisme aura alors fait place à la guerre véritable, entre les nantis et les autres, à l'intérieur même des nations les plus riches.
- Les entreprises participent plus que jamais au changement du monde par la façon dont elles mettent en œuvre le progrès technique, dont elles font évoluer la nature du travail, de la distraction, de la formation, de la consommation. Mais, obsédées par les exigences de l'immédiat, et même si elles sont aujourd'hui infiniment plus influentes que les États, elles n'ont plus, malgré leur taille de plus en plus grande, les moyens d'agir sur les grands enjeux qui déterminent la durabilité du développement.
- À côté des États et des entreprises des partis politiques et des syndicats sont apparus permettant aux gens de s'entraider. Mais ces organisations n'ont plus les moyens de traiter tous les problèmes nouveaux, qu'elles ne maîtrisent pas, liés à des enjeux qui dépassent le cadre traditionnel du politique et de l'économie.
- Pour traiter ces problèmes nouveaux sont apparues de nouvelles organisations, les ONG, entreprises à but non lucratif, productrices de biens et de service de dignité. Elles mettent en œuvre des valeurs simples, universelles : les droits de l'homme d'aujourd'hui comme ceux des générations passées et futures. Ces ONG forment aujourd'hui une part significative de l'activité mondiale, peut-être plus du dixième. Elles constituent un formidable outil de transformation économique, politique, culturelle, sociale, de la planète.
- Les ONG peuvent donner du sens à la mondialisation, qui n'est souvent, sans elles, que l'internationale des marchés et des guerres. Ces organisations portent les idées de gouvernement mondial, de fraternité, de droit des générations futures, d'équité sociale, le droit des femmes et des minorités.
- Les ONG donnent un sens à la démocratie et à ses fondements : liberté d'expression, protection des femmes et des enfants, lutte contre la peine de mort, droit au travail, au crédit, au logement.
- Les ONG donnent un sens à la lutte pour le développement durable, dont elles ont inventé le concept, la protection de la diversité, la sauvegarde des langues, des cultures, des espèces animales et végétales, du climat et des ressources rares.
- Les ONG savent seules, aujourd'hui, lutter efficacement contre la pauvreté, sous toutes ses formes, culturelles, morales et financières. En particulier, elles seules savent comment aider les plus démunis à se prendre en main, par le microcrédit, arme essentielle de l'avenir.


B. Propositions pour un meilleur futur des ONG

Il est indéniable que le rôle des ONG dans le développement en général, et dans le développement local en particulier, est d’une importance à nulle autre pareil. Seulement, cela n’exclut pas le fait que les ONG ont encore des manquements dans leurs politiques d’action pour le développement. De ce fait, pour améliorer leurs politiques et paraître plus crédibles aux yeux de tous, nous nous proposons de soumettre à l’endroit des ONG quelques propositions pour un futur meilleur.
Les ONG, dans leurs différents projets doivent exprimer les préoccupations et les doléances des populations. Elles doivent s’intéresser aux réalités des populations c’est-à-dire avoir un ancrage effectif dans les populations qu’elles prétendent représenter. Les ONG doivent être crédibles en ce qui concerne leurs institutions. Souvent, les organes de contrôle comme le conseil d’administration ou le bureau exécutif n’existent que sur du papier ou ne jouent pas pleinement leur rôle .
Les ONG doivent devenir plus professionnelles, plus légitimes dans la désignation de leurs organes dirigeants, plus transparentes dans leur organisation, leur fonctionnement et leur financement. Jacques Attali, lui pense que la solution serait de remplacer l’expression « ONG » qui réunit trois des mots les plus détestables dans toutes les langues : "organisation" qui évoque la bureaucratie, "non" qui évoque la destruction et "gouvernemental" qui évoque l'appareil d'État. Il propose à la place l’expression « IDS » qui veut dire Institutions de Solidarité. Par ailleurs, il pense aussi que les réunions des IDS doivent devenir institutionnelles et autonomes. Selon lui il faudrait créer une ONU des ONG, ou plutôt une Organisation mondiale des institutions de solidarité, une OMIS ou World Solidarity Institutions Organisations, la WSIO .
Aussi, les ONG ne doivent pas mettre l’Etat à l’écart de leurs activités, ou alors essayer de le substituer, car comme le dit si bien Jenny Pearce : « NGOs cannot and should not replace the state in promoting development. » Les ONG doivent plutôt travailler en collaboration avec les Etats. Elles doivent informer l’Etat sur la situation des populations auxquelles il n’a pas directement accès pour qu’ensemble ils puissent élaborer des politiques et des projets de développement plus crédibles et plus efficaces.










CONCLUSION
Au terme de notre exposé où il était question de parler de l’émergence des ONG et de leurs apports dans le développement local, il en ressort clairement que les ONG sont de véritables agents de développement local et constituent, depuis leur implantation sur le terrain, de véritable alternatives face à l’Etat et au marché ; leur nombre de plus en plus grandissant leur permet de constituer une véritable force, et de surcroît elles participent à la structuration et la formation d’une société civile plus consciente de ses droits. Cependant il est triste de noter que les Organisations Internationale et les ONG du nord sont généralement financées par les gouvernements européens qui orientent les stratégies de développement vers des mesures sécuritaires pour leurs propres intérêts. De plus, on remarque que les populations pour lesquelles sont mises en place ces stratégies et projets de développement ne sont pas directement impliquées dans ce processus car appliqué dans les pays du Sud selon l’approche « up down » c'est-à-dire du haut vers le bas qui met de cotés les réalités et les véritables acteurs de ce développement que sont les populations locales elles mêmes. Face à ce constat, peut-on dire, que les ONG accomplissent vraiment leur mission, qui est celle d’aider les populations du sud à sortir du sous-développement ? Quelles autres stratégies de développement nous faut- il appliquer en ce début du 21ème siècle, afin d’atteindre les OMD d’ici l’année 2035 ? Avant d’envisager les réponses à ces différentes préoccupations il serait judicieux de revenir sur l’environnement sociopolitique actuel des pays en voie de développement qui se caractérise par des concepts « mondialisés » à savoir celui de démocratie, de droit de l’homme et de développement participatif ; concepts clés qui ont structuré et sur lesquelles une nouvelle stratégie de développement a été fondée.
Bibliographie

 BAS ARTS “The Political Influence of Global NGOs.Case Studies on the Climate and Biodiversity Coventions ”
 Tagou Celestin, « Rétrospectives des théories de stratégies de développement : de Truman aux OMD»
 Kenmogne Basile, « Les Organisations Non Gouvernementales et le Développement Participatif, l’engagement des volontaires du progrès au Cameroun » Edition l’Harmattan.
 Pearce Jenny, « Development, NGOs and Civil Society” Oxfam, 2006.
 Ryfman Philip « Les ONG », coll. Repères, Paris, La Découverte, 2004
 Perroulaz Gérard, « Le rôle des ONG dans la politique de développement : forces et limites, légitimité et contrôle », Annuaire suisse de politique de développement. Vol. 23, n°2 | 2004.

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