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ANALYSE DU CONFLIT INDO-PAKISTANAIS


Introduction
La geopolitique est un terme inventé par le Suedois Rudollf Kjeller (1846-1922) qui dans un article paru en 1901 la definit comme etant « L’etude de l’Etat comme s’il s’agissait d’un etre vivant ». Cette definition a connu une eveolution compte tenu des rapports de fluctuation des relations qu’entretiennent les Etats entre eux . Aujourd’hui on peut definir la geopolitique comme  l’etude de la volonte de puissance et son expression des Etats non seulement mais de tous les autres acteurs politiques. Elle aussi est l’étude des rapports entre les données géographiques naturelles et la politique des Etats. Cette implication de la géographie dans la politique justifie à plus d’un titre, l’orientation des politiques nationales et étrangères des Etats.  De nombreuses raisons sont généralement  évoquées pour expliquer un conflit opposant deux Etats. Dans le cas du sujet soumit à notre étude à  savoir le conflit Indo-pakistanais la décolonisation apparait de prime abord comme la conséquence principale du différend entre l’Inde et le Pakistan longtemps vécus ensemble sans heurts depuis des décennies jusqu’à la fin de la colonisation et la partition de l’Inde en 1947. Parti des deux Etats ce conflit s’est progressivement généralisé en s’internationalisant tout en mettant au-devant de la scène des acteurs de grandes envergures notamment les Etats unies, l’Union Soviétique(Russie), la Chine et même de l’union Européenne. En effet, ce conflit semble être l’objet de toutes les attentions tant régionales qu’internationales qu’on est tenté de se poser les questions de savoirs, quels sont les bases géopolitiques existant  entre l’Inde et le Pakistan ? En quoi consistent les relations entre ces deux Etats ? Quels sont les enjeux et les rôles joués par les autres acteurs intervenant dans ce conflit ? Mieux comprendre ces épineuses réflexions reviendrait à y répondre en adoptant la méthode de François Thual qui consiste « à Identifier les acteurs, analyser leurs motivations, décrire leurs intentions, repérer les alliances en gestations ou au contraire en voie de déconstructions  tant sur le niveau local, régional, continentale ou international ».
Ainsi nous procédons dans une première partie à l’analyse des sources de ce conflit à travers la présentation et le rappel historique (I) puis dans une deuxième partie ressortir les facteurs explicatifs de ce conflit (II) ensuite nous présenterons les différentes phases de guerres depuis 1947 jusqu‘à 1972 (III). Enfin narrer la forme contemporaine du conflit qui fait de la région du Cachemire un haut lieu du terrorisme(IV)

I.                   Background du conflit indo-pakistanais
La compréhension des relations tumultueuses qui lient l’Inde à son voisin le Pakistan n’est pas chose facile car depuis 64 ans, ces deux puissances nucléaires s’affrontent sans relâche. Aussi pensons-nous que leur situation géographique joue un rôle déterminant dans l’enracinement de ces tensions qui semblent se traduisent au fil du temps en une haine séculaire[1]. C’est pourquoi, il nous semble important d’amorcer ce travail à partir d’une présentation géographique de ces principaux acteurs et leurs différents terrains d’expérimentation (A). Ceci afin de poser par la suite les bases historiques de ladite haine (B).
A.    Présentation géographique
Si l’Inde et le Pakistan se trouvent être les principaux acteurs d’un conflit qui n’en finit pas, il est cependant important de constater que depuis 1948, les deux pays ne s’affrontent point sur leurs sols respectifs. C’est pourquoi, en plus de situer géographiquement l’Inde et le Pakistan (1), le Bangladesh et le Cachemire (2), terrains des différentes opérations feront également l’objet d’une présentation.
1.      Inde et le Pakistan
Géographiquement, l’Inde et le Pakistan se situent en Asie du Sud et sont tous deux issus de l’Empire britannique des Indes[2]. En 1998, les deux pays formaient une population d’à peu près 1,1 milliard d’âmes dont environ 969,7 millions pour l’Inde et constituaient une superficie de 4.083.690 km2 soit80.5% appartenant à l’Inde[3].
Sur le plan sociologique, les deux puissances constituent une mosaïque culturelle. Tandis que le Pakistan se définit comme un Etat religieux donc la religion est l’Islam, l’Inde quant à elle est un Etat laïc au sein duquel cohabitent tant bien que mal musulmans, hindous, et d’autres petites religions. Leurs sous-sols et sols respectifs offrent une diversité de richesses au rang desquelles figurent le blé, le riz, le maïs, les arachides, le soja, le sucre, le thé, le gaz naturel, l’aluminium, le fer, l’acier, etc.[4]
2.      Le Cachemire et le Bangladesh
Tout comme les deux pays précédant, le Bangladesh et le Cachemire sont des territoires d’Asie du Sud à la seule différence qu’ils ne sont directement pas liés entre eux. Tandis que le Cachemire est situé entre l’Inde (au Nord) et le Pakistan (à l’Est)[5], le Bangladesh est quant à lui limitrophe à l’Inde et située à sa frontière Est.
Le Bangladesh est un territoire de 144.000 km2 pour une population d’environ 122 millions[6]. Sa richesse naturelle est diversifiée (électricité, coton, ciment, textiles, blé, riz, arachide, sucre, etc.). En 1998,  il se trouve être le 4e producteur mondial de riz et sa production à lui seul représente les 5% de la production mondiale[7].
Le Cachemire est d’un point de vue géopolitique, « le crible où apparaît l’enlisement de la démocratie indienne dans une sale guerre. Et le révélateur des stratégies risquées du Pakistan, qui hésite à répondre depuis sa naissance, à la question fondatrice: quel Islam pour quelle nation?[8]».Il est donc le haut lieu de toutes les tensions entre l’Inde et le Pakistan et son statut de non Etat ne contribue qu’à embellir le théâtre des opérations. Le territoire du Jammu-Cachemire est, une vieille blessure de guerre[9]. Pour la majeure partie de son histoire, le Jammu-Cachemire était un endroit calme où régnait la paix et l’harmonie, et ce, entre les différentes religions et les peuples qui habitaient la vallée.  Or, à partir de 1586, date à laquelle l’empereur Moghol Akbar a repris le pouvoir, la situation sociale et politique a été grandement affectée par la tyrannie de ce dernier avec une violence gratuite et des persécutions dirigées spécifiquement pour des motifs religieux. Cette politique de persécution provoque en 1833 la disparition des ¾ de la population qui était majoritairement constituée de musulmans (94%)[10]. C’est donc il y a quelques centaines d’années, et bien avant la formation de l’Inde et du Pakistan moderne que les problèmes profonds de l’Etat du Cachemire tirent possiblement leurs origines. Peut-être que s’il n’avait pas été un territoire tampon entre l’Inde, le Pakistan et même la Chine, il aurait connu une histoire différente.

B.      Rappel historique des relations indo-pakistanaise avant 1948
Les relations indo-pakistanaises sont riches de revirement et de rebondissement dans l’espace temps. Cependant, nous pouvons globalement les situer sur deux periodes. Il s’agit notamment de la periode avant 1947 caracterisee  par un calme et une harmonie apparente (1). Et la partition qui marque le plus grand divorse de l’histoire des nations[11] (2).
1.      La periode preindependance
La période qui précède l’indépendance de l’empire des Indes britanniques est marquée par un calme apparent entre les différents peuples qui le constituent. Parmi ces différents constituants, figurent en bonne place le futur Pakistan, l’Inde et près de 562 micros Etats princiers indépendants[12]. L’inde britannique était une mosaïque de races et d’ethnies disparates aux langues foisonnantes (225 environ) et inintelligibles d’un groupe à l’autre, une société divisée par les cultes séparées et parfois violement hostiles. Bref cet empire n’était qu’un nom, une entité géographique, un immense réservoir de ressource naturel et non une nation. La colonisation britannique n’a donc fait que mettre en lumière des divergences qui existaient. Le territoire était jusque-là constitué de 300 millions d’hindous, 100 millions de musulmans et 60 millions de parias[13].
La cohabitation entre les deux communautés (musulmanes et hindous) était de bonne escorte malgré les divergences liées à la colonisation. En effet, sous la colonisation britannique, les hindoues bénéficièrent plus de l’éducation que les autres communautés d’autant plus que la loi musulmane interdit à ces derniers la pratique d’une activité à but lucratif. La peur de voir les hindoues seuls être les futurs maitres de l’Inde indépendante conduisit les musulmans à se réunir sous la League Musulmane créée dès 1906 et que l’on pourrait le qualifier d’un parti avangardiste, dotant ainsi l’Inde de deux partis politiques dont la League musulmane et la National mouvement congrès. Les ambitions des deux partis sont jusque-là convergentes. Le fossé va cependant se créer entre le congrès et la league aux élections de 1937. En effet, le congrès ayant largement remporté les élections va s’estimer suffisamment représentatif des musulmans et des hindoues et refuser ainsi de partager le pouvoir avec la league. Pour la league, cela constitua la goutte d’eau qui devait faire déborder le vase et l’amena dans une position complètement radicale : il s’agit non plus d’une indépendance d’une Inde unie, mais plutôt d’une Inde religieusement séparée. Dès lors, la league sous l’égide de Muhammad Jinnah Ali soutint que le congrès était une organisation pro hindoue qui allait perpétuer la domination dès le départ des anglais d’autant plus que c’étaient surtout les hindoues de caste qui bénéficiaient de l’éducation britannique.
2.      La partition et ses enjeux : le plus grand divorce de l’histoire
La pilule ayant été ainsi avalée, la league musulmane va dès 1940 réclamer la partition de l’Inde britannique et la création d’un Etat musulman indépendant de celui des hindoues : le futur Pakistan qu’il qualifie d’Etat des purs. Les efforts de Gandhi et son rêve d’une unité hindoue-musulmane[14] n’arrivèrent en rien à atténuer la détermination de Jinnah et bientôt celui-ci regroupa autour de lui près de 90 millions de musulmans. Le communalisme entre les deux religions atteignit ainsi un point de paroxysme où le chemin retour devenait quasiment impossible. Ainsi, à la veille de leur départ, les anglais devaient faire face aux choix intraitables de la league qui pourtant pendant longtemps avait considéré comme Gandhi et Nehru que l’unité était la voie à suivre. Dans un premier temps, les revendications de la league furent considérées comme une absurdité parce que les deux régions (le Pendjab[15] et le Bengale[16]) qu’elle revendiquait étaient séparées de 1500 km (cf. figure 1). De plus compte tenu de l’enjeu que représentent ces régions, toute région coupée du Bengale était voue à l’asphyxie parce qu’étant la porte d’entrée de l’Asie. Comme dernière absurdité du plan de Jinnah, la question de savoir ce qu’allaient devenir les minorités non musulmanes (20% à l’ouest et 40% à l’est) incluses dans le Pakistan et les 25% millions de musulmans qui resteraient éparpillés dans l’Inde toute entière ? Le 12 Aout 1946, Jinnah déclencha la journée d’action qui donna naissance aux émeutes de Calcutta avec comme bilan 5000 morts, 10000 blessés et 15000 sans-abris. Progressivement, ces émeutes embrasèrent tout le pays si bien qu’en 1947, l’Inde était virtuellement en état de guerre civile.
En février de cette même année 47, les anglais annoncèrent qu’ils allaient quitter l’Inde en  juin 1948 quoi qu’il arrive, mais l’intransigeance de Jinnah les contraignit à reconsidérer leur position. C’est alors que les tractations pour amener Gandhi et Nehru qui étaient plus favorables au dialogue  à accepter la partition prirent corps et ainsi, face à la souplesse de ces derniers, l’indépendance fut proclamée le 15 Aout 1947 en donnant naissance au Pakistan et à l’Inde. Cette indépendance fut lourde de conséquences :
Ø  De violents émeutes dans le Pendjab où hindoues, Sikhs et musulmans s’entretuèrent (250.000 morts)
Ø  La plus grande colonie de réfugiés que n’a jamais engendrée l’histoire de l’humanité fut enregistrée. En effet, pendant que les musulmans cherchaient à gagner le Pakistan, les hindoues et Sikhs cherchaient à atteindre l’Inde par tous les moyens. Le bilan s’estime à 10 millions de déplacés[17].
Le sort des Etats princiers comme le Cachemire n’ayant pas été décidé, il leur revenait de rejoindre le pays qu’ils auraient délibérément choisit. Le Cachemire composé d’une population hétérogène, mais majoritairement musulmane (80%) et ayant à sa tête un hindoue devient moins d’un an après la déclaration de l’indépendance, le théâtre de la démonstration du divorce inachevé entre les deux frères.


II.                   Les facteurs explicatifs du conflit

Le conflit opposant le Pakistan et l’Inde pour l’obtention du territoire du Cachemire a plusieurs causes : elles remontent à la fin de l’Empire britannique des Indes, il y a plus de cinquante ans. Elles sont d’ordres historiques, géopolitiques, culturels et religieux. Pomme de discorde entre l’Inde et le Pakistan, le Cachemire représente bien plus qu’un simple conflit territorial, il s’agit surtout d’une lutte où se cristallisent les identités nationales des deux adversaires. Pour Jean-Luc Racine, le Cachemire est le crible où apparait l’enlisement de la démocratie indienne dans une sale guerre. Et le révélateur des stratégies risquées du Pakistan, qui hésite à répondre depuis sa naissance,  à la question fondatrice: quel Islam pour quelle Nation?


A.    Le facteur culturel et religieux:

La province du Cachemire est une région himalayenne, par conséquent tous les peuples y vivant ont pendant longtemps été séparés par des chaines de montagnes et ont développés des cultures très différentes dont l’indicateur central reste sans nul doute la langue. Plusieurs langues différentes existent. La cartographie linguistique divise le Cachemire en deux entités linguistiques : l’axe nord-ouest/sud où on y parle le burushaski, des dialectes sino-tibétains, le balti et le ladakhi dans la partie est. Dans la partie ouest, les langues utilisées sont : le cachemiri, le shina, le pendjabi, le dogri et le pahari, ce qui prouve la diversité culturelle de cette province. D’autres clivages culturels existent notamment celui entre la famille détentrice du pouvoir d’origine hindoue et le reste de la population à majorité musulmane. L’autre clivage culturel est constitué par la grande fracture qui existe entre les élites hindoues, les Pandits qui sont une classe de Brahmanes instruits et la jeune élite musulmane ayant étudié pour une grande majorité dans les universités étrangères.
Cette fracture a eu pour conséquence une grande inégalité socio-économique dont les principaux perdants sont les musulmans qui voient les Pandits hindous posséder la majeure partie des territoires, des emplois importants et des postes administratifs. Ce qui a eu pour conséquence d’élargir le fossé existant entre Hindous et Musulmans et d’attiser les jalousies. Ces sentiments de frustrations font partie de l’identité cachemirie et expliquent en grande partie les hostilités entre les deux groupes et ne tarderont pas à former les ingrédients essentiels de la question du Cachemire.
Ces inégalités économiques entre les deux populations des deux régions sont présentées comme une raison du partage de la province. Elles provenaient essentiellement de l’héritage politique britannique. S’y ajoute la peur des musulmans d’être dominés par les hindous, à cause de leur désavantage du point de vue de l’arithmétique électorale. Cependant, le facteur culturel le plus dominant dans ce conflit est certainement le facteur religieux. Le conflit ne peut en effet se comprendre sans cette dimension capitale. Il faut néanmoins relativiser, car appliquer à ce conflit le concept du choc des civilisations, cheval de bataille de Samuel Huntington est très réducteur et trouve rapidement ses limites. Il ne peut nous semble-t-il que relever d’une généralisation simplificatrice. Mails il est vrai que ce facteur a joué, joue encore un rôle important et continu d’entretenir ce conflit. Cette remarque est valable aussi bien pour l’Inde que pour le Pakistan.
L’histoire mythique de la création du Cachemire montre bien les implications religieuses qui sont en jeu. Ainsi beaucoup d’endroits au Cachemire sont considérés comme sacrés pour les Hindous. A cela s’ajoute le fait que la culture hindoue a joué un rôle essentiel dans l’Etat jusqu’au 14eme siècle. De son côté la religion musulmane a fait son apparition dans la province au 8eme siècle. Elle prend son envol à partir de 1300 jusqu’aux années 1800, période pendant laquelle les musulmans règnent sur l’Etat. La partition exprime à elle seule le contentieux religieux en ce sens que les nouvelles frontières vont séparer deux peuples aux religions différentes. En 1940, le leader de la ligue musulmane dans un discours célèbre déclarait : qu’Hindous et Musulmans formaient deux nations distinctes et appartenaient même à deux civilisations différentes principalement fondées sur des conceptions et sur des idées opposées.


B.     L’aspect politico-économique

L’autre point marquant du contentieux politique autour de la question du Cachemire est sans doute sa position géostratégique enviable. Ce territoire se trouve en effet aux confins de l’Himalaya, entre la Chine, la Russie et l’Afghanistan à tel point que Nehru l’exprima en ces termes dans une lettre envoyée au Vice-roi: le Cachemire est de première importance pour l’Inde dans son ensemble pas seulement à cause des évènements des dernières années, mais aussi à cause de la grande importance stratégique de cet Etat frontière. En outre Nehru avait un attachement émotionnel pour ce territoire car tous les ancêtres indiens y vivaient avant qu’ils n’émigrent au 18 siècle.
En outre, le territoire cachemiri possède les sources de la majorité des rivières qui s’écoulent ensuite sur le territoire pakistanais. Par voie de déduction, son accession à L’Inde est très déstabilisante pour le Pakistan, ce qui le met en situation de totale dépendance. L’eau, denrée de plus en plus rare, fait de cette province, un territoire convoité. En effet, le Cachemire est traversé par le haut bassin de l’Indus, indispensable pour le système d’irrigation du Pakistan.
Il constitue donc une arme de pression potentielle pour l’Inde. Il faut également considérer l’importance stratégique du Cachemire par rapport à la Chine, concurrente directe de l’Inde dans la région pour le statut de plus grande puissance et à l’expansion de l’ex-Union soviétique.
On peut ajouter que la question du Cachemire est progressivement devenue un enjeu d’identité nationale pour les deux belligérants. Par ailleurs les inégalités économiques entre les deux populations des deux régions sont présentées comme une raison du partage de la province. Ces inégalités provenaient essentiellement de l’héritage politique britannique.
D’un côté l’Inde met en avant la nature de sa constitution multiculturelle et laïque pour expliquer que le Cachemire a toute sa place dans l’Union indienne. De l’autre, le Pakistan, insiste davantage sur l’élément géographique en arguant de la géographie de par le fait des pics montagneux, ce qui rend la communication plus facile avec le Pakistan.
Ces difficultés et ces malheurs issus de la décolonisation, constituent le début des drames qui se prolongent encore aujourd’hui. Ce conflit est d’autant plus difficile à résoudre qu’il fait suite à une histoire complexe qui a marqué cette région par le saut de la déraison et de l’émotionnel. La valeur stratégique et géopolitique de cette province, pour les grandes puissances, complique par conséquent la résolution de ce conflit.
L’on voit d’emblée se profiler la silhouette de deux protagonistes les plus importants du conflit cachemiri. L’on peut se demander par conséquent dans quelle mesure ce conflit revêt un caractère interétatique. Plus encore ce n’est pas seulement l’affectation du seul territoire du Cachemire, c’est toute la région de l’Asie du Sud-Est qui est concernée par cette question.

III.             Relations Indo-pakistanaises: D’une guerre à l’autre
Nonobstant les sources essentielles du conflit l’antagonisme croissant entre les deux communautés musulmane et hindoue ; la question du Cachemire c’est aussi un conflit territorial Indo-pakistanais où s’affrontent les intérêts étatiques divergents. En fait le conflit s’est développé au lendemain de l’indépendance de l’Inde et s’est soldé par des épisodes sanglants. Pendant plusieurs décennies des affrontements ont régulièrement opposés les forces des deux pays. En effet l’analyse de ces affrontements fait ressortir trois principales guerres en 1947 à 1948 celle de 1965 et de 1971. Un quatrième conflit de nature nucléaire pouvait être analysé mais a été évité de justesse en 1998 grâce à l’intervention des Etats-Unis et de la communauté internationale qui imposèrent des sanctions économiques à l’Inde et au Pakistan. 
La Première guerre de 1947-48
La première guerre de 1947-1948 est la conséquence directe de l’indépendance de l’Inde et du Pakistan s’est conclue en 1949 sous l’égide de l’ONU par un accord de cessez-le-feu. De cette guerre le Cachemire  est alors divisé en deux le Nord appelé Azad Kashmiri ou Cachemire libre contrôlé par les Pakistan et le sud (Jammu et cachemire) sous contrôle indien. Ce conflit est né de l’occupation illégale du Cachemire par les forces pakistanaise et de la demande d’intervention de l’Inde par le chef princier du Cachemire. L’Inde pour intervenir exigea du Cachemire de se reconnaitre comme un territoire indien.
La deuxième guerre Indo-pakistanaise : 1965
Dix-sept ans après la première guerre Indo-pakistanaise qui a immédiatement suivi la partition, un second conflit a éclaté lui aussi causé par la querelle territoriale portant sur le cachemire. Cette guerre a été déclenchée par le Pakistan qui voulant vraisemblablement tirer parti de la faiblesse apparente de l’Inde après sa défaite contre la Chine en 1962 qui a conduit à l’occupation d’importants territoires  au cachemire notamment « l’Aksaï Shin » et tout le long de leur frontière commune. Cependant les Pakistanais ayant sous-estimé le redressement de l’armée indienne qui grâce à l’aide Soviétique est finalement défait et celle s’achève par la médiation de ceux à Douchambé au Tadjikistan qui replace les deux pays dans la situation initiale 
La guerre du Bangladesh : 1971
Une troisième guerre oppose alors les deux pays ; elle ne s’inscrit pas comme les deux précédentes dans le cadre de la question du cachemire ; mais résulte  du mouvement d’indépendance  du Bangladesh. En effet la démission du général Ayuh Khan en 1970 amène la tenue des élections libres où le Pakistan orientale se voit reconnaitre son importance démographique, il devait disposer de 162 sièges sur 300 mais le résultat des élections permet  à la League Awani d’obtenir 160 sièges contre 81 au parti du peuple de Z A Bhutto. Ce résultat  inacceptable pour Ali Bhutto et les militaires conduisit à une répression de grande ampleur au Pakistan oriental qui en réaction proclama son indépendance le 27 mars 1971. Mais la fuite de près de dix millions de réfugiés en Inde pousse l’Inde à intervenir aux cotés des bengalis ; avec le soutien de l’URSS le 3 décembre 1971. Le 15 décembre 1971 la guerre prenait fin par la défaite du Pakistan et la reconnaissance de l’indépendance du Bangladesh. Celle-ci aboutit tout de même à un accord diplomatique extrêmement important dit « Accord de Simla » en 1972. Par cet accord, l’Inde et le Pakistan conviennent que tout différend bilatéral y compris sur le Cachemire doit être résolu au même niveau. Dans cet accord l’Inde et le Pakistan s’engagent  désormais « à régler leurs différends par les moyens pacifiques grâce à des négations bilatérales ou par tout autre moyen pacifiquement convenu entre eux » Il est aussi convenu également dans cet accord que la ligne de cessez-le-feu de 1947 « devra être respectée par les deux pays sans préjudice pour la position de parti adverse. Aucune partie ne cherchera à altérer unilatéralement, quelles que soient leurs divergences et les interprétations légales » toutefois la mauvaise gestion de la vie politique du Cachemire par l’inde et les exactions fréquentes de l’armée indienne, stimulent  à partir des  années 1990 les groupes Cachemiris militants les plus violents à qui des groupes islamistes appuyés par le Pakistan apportent aide et soutient militaires. La tension est alors extrême entre les deux pays qui atteignent son apogée lors du conflit du Kargil en 1999 à un moment où l’Inde et le Pakistan ont rejoint depuis 1998 le club fermé des pays possédant l’arme nucléaire. C’est dans cette nouvelle réalité avec l’accession aux deux pays au rang de puissances atomiques que le conflit Indo-pakistanais va connaitre un des  épisodes les plus dangereux, car la tension entre les deux pays reste encore vive aujourd’hui. Elle a été ravivée suite aux événements du 11 septembre 2001 et aux attentats contre le parlement Indien.

IV.             La forme contemporaine du conflit Indo-pakistanais

La nouvelle donne internationale: le Cachemire comme haut lieu du jihad
Les attentats du 11 septembre et la guerre en Afghanistan ont eu des conséquences très graves sur la situation intérieure au Pakistan, sur le conflit au Cachemire et plus généralement sur les relations indo-pakistanaises. En effet, à partir de la fin des années quatre-vingt-dix, le conflit du Cachemire a changé de nature pour deux raisons liées à deux dates: la nucléarisation du sous-continent en 1998 et le lancement de la guerre américaine contre le terrorisme commencée en Afghanistan en 2001. Cette double mise en lumière a attiré plus que jamais sur le sous-continent l’attention des puissances qui depuis 1947 ne se sont guère intéressées à la question du Cachemire si non en cas de tensions graves ou de conflit ouvert.

A.    Les incidences sur le Pakistan

Les attentats du 11 septembre et la guerre contre  « le terrorisme » dite guerre préventive menée par les Etats-Unis en Afghanistan ont constitué un total bouleversement pour le Pakistan, conduisant celui-ci a sérieusement réévalué sa politique étrangère et notamment la place de la religion traditionnellement et historiquement forte dans l’identité nationale.
Sous la pression de la communauté internationale et les événements du 11 septembre, vont modifier la variable de la politique étrangère pakistanaise en amenant le Pakistan à revoir sa politique de soutien aux djihadistes notamment au Cachemire, attitude qui tranchait alors avec la pratique traditionnelle des autorités pakistanaises. Celles-ci, ont très tôt entretenu des liens étroits avec les islamistes de la région. Dès 1994, elles ont soutenu les Talibans « formes dans les madrasas pakistanaises » dans leur conquête du pouvoir en Afghanistan afin d’acquérir une nouvelle profondeur stratégique face à l’Inde. L’instrument privilégié de cette politique était les services secrets de l’ISI, auxquels le pouvoir civil et surtout l’armée avaient confié, la gestion des dossiers afghan et cachemiri. Au Cachemire, Moucharraf lui-même alors qu’il était à la tête de l’armée pakistanaise, avait formé une joint-venture avec des groupes islamistes lors de l’infiltration en territoire indien, à la hauteur de Kargil. Pour le pouvoir pakistanais, les mouvements islamistes offraient une possibilité de manœuvre non négligeable permettant de maintenir la pression sur le gouvernement indien à moindre cout. En outre la politique afghane menée depuis plus de 20 ans par l’ensemble des gouvernements pakistanais avec le soutien large et inconditionnel de l’Arabie Saoudite (ils furent les deux premiers Etats à apporter une reconnaissance officielle du gouvernement des Talibans installe en Afghanistan en 1996), qui sera complètement remise en cause par les attentats du 11 septembre et le déclenchement par les Etats-Unis de la guerre en Afghanistan.
Paradoxalement, les attentats du 11 septembre vont apporter à l’Inde l’opportunité de développer sa condamnation du « terrorisme transfrontalier » dans un contexte international très sensible à son vocabulaire et à ses thèses de lutte antiterroriste des lors que la nébuleuse islamiste radicale encouragée par le Pakistan sur ses deux frontières, devenait l’objet d’une préoccupation internationale majeure. Si les positions du Pakistan semblent être plus défensives qu’offensives, les dirigeants indiens interprètent l’évolution de la politique extérieure pakistanaise comme une menace directe contre leur pays. Les autorités indiennes sous-entendent en effet, que ce litige pour le territoire est vivement alimente par la religion musulmane. D’ailleurs, New Delhi accuse Islamabad d’appuyer l’intégrisme islamiste qui utilise le terrorisme, pour une partition plus juste du territoire du Cachemire, sur la base de la religion. Il ne faut cependant pas accuser l’Islam de tous les maux dans cette histoire puisque que les hindous ont également leurs responsabilités dans l’alimentation du conflit. En effet, en 1992, « des Hindouistes extrémistes détruisent la mosquée de Ayodhya, geste qui provoque plusieurs affrontements meurtriers entre groupes religieux » Malgré tout, il semble que l’intégrisme musulman ait pris le dessus au Cachemire depuis quelques années.

B.     Le revirement Indo-pakistanais

Dans un tel contexte favorable à la condamnation du terrorisme, le général Moucharraf au pouvoir depuis son coup d’Etat en 1999, comprenait vite l’enjeu, abandonnait sa politique afghane pour faire de nouveau du Pakistan l’allie privilégié de Washington dans sa guerre préventive contre les islamistes d’Afghanistan. Toute la question était de savoir si Moucharraf renvoyait sa politique de soutien à l’ouest aux islamistes afghans en l’occurrence aux Talibans, pouvait-il faire autant du cote du Cachemire ? Cette question est comme un déchirement pour le Pakistan, quand on sait l’importance du Cachemire pour les Pakistanais. Il est en effet, au cœur même des relations avec l’Inde, il est également l’épicentre de l’héritage de la partition qui donna le jour au Pakistan en 1947. Il est aussi un facteur de choix qui justifie et légitime le poids de l’armée dans le pays et la part importante que cette institution occupe dans le budget national. Ayant compris cela, le général président, contraint d’abandonner sa politique de soutien traditionnel aux islamistes, prononce un discours fleuve le 12 janvier 2002 a la nation pakistanaise, s’élevant contre l’intolérance et le fondamentalisme. Discours tres progressiste au fond, s’attaque principalement aux sectarismes religieux, en voici quelques extraits marquants : les pakistanais en ont assez de la violence sectaire et il est temps de réagir. Il est temps de prendre de graves décisions. Notre peuple épris de paix n’a qu’une envie : se débarrasser de la culture de la Kalachnikov  Dans la foulée de ce discours, il impose un contrôle stricte sur les madrasas et prononce la dissolution de plusieurs partis islamistes les plus virulent tel Jaish-i-Mohammed et Lashkar-i-Taïba. S’agissant du Cachemire, Musharraf maintien en revanche sa politique de soutien à la cause cachemirie. Il annonce même dans son discours son soutien inconditionnel à la cause des cachemiris à qui il apporte un soutien je cite : « moral, diplomatique et politique. Ce pourquoi, les groupes jihadistes au Cachemire continuent à bénéficier d’un traitement de faveur. Nombre de leurs leaders ont été relâche permettant ainsi la reprise de l’appel au Jihad au Cachemire. Cette politique de complaisance du president pakistanais s’explique par les réactions virulentes à son discours du 12 janvier 2002, mais aussi par une autre variante propre à la vie politique pakistanaise, qui s’explique par la percée notable des partis islamistes aux élections générales d’octobre 2002. L’alliance des partis islamistes dite «le Mut-tahida Majlis-i-Amal MMA, Conseil d’action unifiée) a remporté plus de 50 sièges à l’Assemblée nationale. Un autre para être de choix, fait qu’Islamabad, encourage toujours les mouvements islamistes paramilitaires en les utilisant comme un instrument d’une stratégie de choix dans sa politique de déstabilisation de l’Inde. Ce qui veut dire clairement que la politique pakistanaise de lutte anti-terroriste, un peu contre nature conduite par Musharraf, ne peut atteindre les mouvements de résistance au Cachemire, c’est un peu comme une ligne rouge qu’aucun président pakistanais ne peut franchir tant
L’importance du Cachemire revêt un caractère stratégique pour les Pakistanais. La question du Cachemire est fort complexe, c’est probablement avec le conflit israélo-palestinien, l’écheveau politique le plus difficile à résoudre. Le Cachemire, ou poussent les roses, ou se déroule la guerre « la plus haute au monde », demeure aussi une région synonyme de beauté et de raffinement culturel. Le professeur Saddiq Walid, recteur de l’Université islamique du Cachemire, pense qu’il est toujours possible aujourd’hui d’avoir une diversité identitaire dans une province fatiguée par tant d’années de tragédies. On peut supposer par un détour de pensée que la question du Cachemire est peut-être moins complexe qu’elle n’y parait, si toutefois la tolérance qui a caractérisée cette culture de la diversité triomphera de nouveau dans une région traditionnellement et historiquement tolérante. Malheureusement, il faut se rendre à l’évidence, la géopolitique du Cachemire, confirme en définitive la complexité des choses. On a d’un côté un Etat pakistanais qui prêche pour la théorie des «  deux nations », de l’autre cote un Etat indien qui tout en insistant sur le caractère laïque de l’Union indienne, sur le sacrosaint principe indien du respect de la diversité religieuse et culturelle, l’Inde terre de paradoxe par excellence, n’a peut-être pas fini de résoudre ces contradictions internes aujourd’hui. Cet Etat indien laïque est actuellement gouverne par une coalition dirigée par des nationalistes hindous qui professent une idéologie discriminatoire qui ne laisse aucune place pour les minorités, notamment musulmanes et chrétiennes, même si elle ne met pas véritablement en question la nature démocratique du système politique indien. La question du Cachemire pose à mon sens des grandes questions qui relèvent de l’ordre et du désordre de notre monde, au Cachemire, en Palestine, en Irak et ailleurs même si les clés du conflit restent largement locales: le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le respect et l’application stricte du droit international partout où il y a violation de ce droit, la question identitaire, l’idée de la nation et de sa conception aujourd’hui dans un monde en constants changements, sans oublier bien évidemment l’épineuse question du poids et des limites de la diplomatie notamment onusienne.
Figure 2 : Schéma actantiel du conflit indo-pakistanais

Conclusion
En somme il était question dans notre devoir sur le conflit Indo-pakistanais de faire une analyse géopolitique de ces affrontements qui non que trop duré. Durant son analyse nous avions présenté et fait une situation historique de l’émergence  du conflit Indo- Pakistan. Puis nous avons identifié les facteurs mieux les causes du conflit et de ceux-ci, nous avons montré les origines religieuses et cultures puis les causes géopolitiques. Ensuite cette analyse ne saurait se faire sans  élucider les différents moments de guerre qui lie les deux principaux protagonistes partant de la partition du 15 aout 1947 jusqu’en 1972. Enfin la recrudescence d’important acteurs  notamment  des Etats Unis de la Russie de l’union Européenne ont internationalisé le conflit qui depuis la nucléarisation de l’Inde et le Pakistan en 1998 et les attentats du World Trade Center le 11 septembre 2001 ont  transformé le conflit à une lutte contre le terrorisme où le Cachemire devient le lieu par excellence du Djihad musulman. En effet ce l’important de l’étude de ce conflit révèle tant ses enjeux tant territoriaux,  idéologiques, culturels, politiques et même économique qu’on est sensé de donner raison à la théorie de Mc Kinder qui situait cette région du monde comme la zone la plus importante pour le contrôle et la puissance ; même s’il semble régner une accalmie depuis 2008.        











Bibliographie
1.      encyclopédie A la une : les grands événements du 20e siècle et les journaux de l’époque, vol 7, éd. Atlas, Paris 1981
2.      Jeanne-Marie, Amat-Roze. Les images économiques du monde, Paris SEDES, 1998
3.      Fadel, TROUDY. « Le conflit du  Cachemire: un demi-siècle d’affrontements indo-pakistanais »,
4.      Stéphane, BOVIN. « L’histoire d’un royaume inachevée : Le Jumma-Cachemire un conflit insoluble » doc PDF,



                                                              


[1]Cf. encyclopédie A la une : les grands événements du 20e siècle et les journaux de l’époque, vol 7, éd. Atlas, Paris 1981
[2]L’empire britannique des Indes était constitué d’un immense territoire morcelé en plusieurs territoires indépendants. Il représentait donc une mosaïque de races et d’ethnies disparates aux langues foisonnantes (225 environ) et inintelligible d’un groupe a l’autre. C’était également une société divisée par des cultes séparées et parfois violement hostiles.
[3]Jeanne-Marie, Amat-Roze. Les images économiques du monde, Paris SEDES, 1998, pp 197 & 250
[4]Jeanne-Marie, Amat-Roze, op.cit., pp 198; 199 et 251
[5]Cette position géographique du Cachemire justifie largement les raisons pour lesquelles l’Inde et le Pakistan se sont plus affrontés pour le Cachemire et non le Bangladesh.
[6]Jeanne-Marie, Amat-Roze, op.cit. p134
[7]Op.cit. p 361
[8]Fadel, TROUDY. « Le conflit du  Cachemire: un demi-siècle d’affrontements indo-pakistanais », p4
[9] Stéphane, BOVIN. « L’histoire d’un royaume inachevée : Le Jumma-Cachemire un conflit insoluble » doc PDF, p7
[10]Stéphane, BOVIN. Op.cit. p7
[11]Cf. Encyclopédie A la une, op.cit.
[12]Fadel, TROUDY. Op.cit., p2
[13]Notons cependant que les parias étaient plus proche des musulmans qui leurs étaient moins hostiles que les indous.
[14]Cf. Encyclopédie A la une, op.cit., p33
[15]Terre des 5 rivières, grenier de l’Inde, organisant un réseau d’irrigation, de routes et de voies ferrées
[16]Avec pour centre Calcutta, 2e capital de l’empire après Londres, premier port de l’Asie
[17]Op.cit.

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