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ANALYSE DE LA VIE DE MERE TERESA A PARTIR DES OUTILS DE LA COMMUNICATION NON VIOLENTE

«Nous vivons au milieu d’une mer de pauvreté. Néanmoins on peut réduire cette mer. Notre travail n’est qu’une goutte dans un seau, mais cette goutte est nécessaire.» Mère Teresa

Plan

Introduction

I. La Communication Non Violente (CNV)
A. Définition
B. Processus
II. Calcutta au temps de Mother Teresa
A. La Deuxième Guerre Mondiale
B. L’avènement indépendance de l’Inde
III. contemporains
IV. Mère Teresa et la question des démunis de Calcutta
A. Les œuvres
B. Les thèmes développés par Teresa de Calcutta
V. Héritages térésiens
A. Les reconnaissances
B. La Bienheureuse Mère Teresa today : les multinationales de la charité
VI. Critiques

Conclusion

Références bibliographiques





Introduction
La lutte non violente a depuis longtemps constitué un moyen efficace pour les hommes dans leur quête perpétuelle du bonheur ou encore du mieux être bien que les contours de cette notion de bonheur restent à clarifier. Des présocratiques à Ellen Johnson-Sirleaf prix Nobel de la Paix 2011, les noms des acteurs de la non violence sont légions, variant d’un continent à un autre, la lutte étant partout consacrée à l’éradication totale de toutes les formes d’injustice. Les domaines d’intervention des ces activistes de la non violence sont aussi divers que leurs nombres. Ainsi, nous pouvons sur le plan politique, citer des sommités mondiales comme Nelson Mandela, Desmond Tutu, Dalaï-lama et bien d’autres. Sur le plan social, nous pouvons entre autre avoir Wangari Maatai, Johan Galtung etc. Cependant, la religion semble se présenter comme étant le socle par excellence des acteurs de la non violence : ceci pourrait être lié au fait que les piliers des grands mouvements religieux (Mahomet, Jésus Christ) étaient déjà eux-mêmes acteurs de la non violence. A la suite de ces derniers, se sont dressés des figures historiques comme Martin Luther King Junior, St Augustin, l’Abbe Pierre et Agnès Ganxha Bajaxhui pour ne citer que ceux la.
Agnès Ganxha qui constitue le focus de notre travail est née en 1910 à UsKüb et est albanaise d’origine. A l’âge de 18 ans, elle quitte sa famille pour s’engager dans la vie consacrée au couvent en Irlande chez les sœurs Notre-Dame-de-la-Lorette. En décembre de la même année, elle fut envoyée en Inde où elle arriva le 6 janvier 1929 et s’installa comme enseignante à l’école des filles sainte Marie. En mai 1931, elle fit ses premiers vœux et le 24 mai 1937, son engagement définitif et reçoit comme nom Mère Teresa. Elle devient selon ses propres déclarations, « l’épouse de Jésus pour toute l’éternité .» En 1944, elle est nommée directrice de l’école des filles sainte Marie et c’est donc dans cette partie du monde qu’elle passa le reste de sa vie : ce qui lui vaut aussi l’appellation de Térèse de Calcutta et une nationalité indienne. Turlupiner par le sort des démunis (malades et mourants) sans assistance aucune des rues de Calcutta, elle obtient en 1948 une autorisation de quitter sa congrégation pour se consacrer entièrement à eux.
La pertinence des œuvres accomplies par Mère Teresa ne souffrant d’aucune contestation, l’objectif de ce travail est donc de les analyser sous l’angle de la CNV afin d’en déduire si elle peut réellement être considérée comme une personne non violente. Pour ce faire, il est important de nous fixer sur ce que nous entendons par CNV.

I. La CNV

A. Définition
Selon Marshall Rosenberg , la communication non violente est « le langage et les interactions qui renforcent notre aptitude à donner avec bienveillance et à inspirer aux autres le désir d’en faire autant .» Nous pouvons nous rendre compte à partir de cette définition de Marshall que la CNV est une façon de communiquer qui nous permet de prendre soins de nos besoins et de trouver un plaisir à satisfaire ceux des autres. Elle met ainsi en lumière le plaisir de communiquer avec les autres quelque soit le milieu (familial, professionnel, associatif, etc.) dans lequel nous nous trouvons. « elle nous aide donc à nous mettre en lien avec ce qui est vivant en nous et dans les autres instant par instant; avec ce que nous ou les autres pourrions faire pour nous rendre la vie plus belle, tout en ayant conscience de ce qui peut faire obstacle à notre façon naturel de donner et de recevoir . » Le langage de la communication non violente que Marshall Rosenberg appelle encore « le langage du Cœur » éveille notre capacité à nous révéler empathiques et vrais. Tout en donnant à chacun la possibilité de transformer une situation capable de susciter la violence, elle permet à celui-ci de satisfaire ses besoins fondamentaux de manière harmonieuse et pacifique puisqu’ « elle nous invite à être davantage conscients de nos perceptions, à accueillir et gérer nos émotions, à nous relier à nos besoins et nos émotions . » Cependant, la CVN obéit à des règles bien précises.

B. Processus de la CNV
Une bonne communication non violente telle que développée par Rosenberg suit quatre principes majeurs qui loin d’être une condition sine quo none, constituent un cheminement parmi tant d’autre. Ce processus est la méthode OSBD et elle nous permet de :
 énoncer des observations rigoureuses que nous distinguons et séparons de nos jugement et de nos évaluations ;
 différencier nos sentiments de nos interprétations et de nos jugements ;
 découvrir et exprimer nos besoins profonds (aspirations et motivations) ;
 présenter nos demandes de façon positive, concrète et réalisable ;
 De développer nos capacités à clarifier ce que nous vivons et à exprimer les demandes claires ;
 Apprendre à décoder l’agressivité de manière à rétablir ou à instaurer un dialogue où chacun se sent reconnu ;
 Accroitre le pouvoir de créer des structures qui soutiennent la façon de donner (don naturel), il s’agit des structures qui seront au service de la vie .

II. Calcutta au temps de Mother Teresa
La compréhension des œuvres accomplies par Mère Teresa réside dans la compréhension de la société indienne dans laquelle elle a vécu et ceci plus précisément de la ville de Calcutta.
A. La Seconde Guerre Mondiale
L’entrée de la Grande Bretagne dans la deuxième Guerre Mondiale en 1939 ne fut pas sans conséquence sur sa colonie indienne qui se retrouva très vite au cœur du conflit. En effet, après l’annexion du Myanmar par le Japon, la grande Bretagne fut obligée de réquisitionner un certain nombres d’infrastructures à Calcutta pour les hôpitaux militaires. Parmi les espaces réquisitionnés, se trouva l’école sainte Marie des sœurs de Loreto et Mère Teresa alors directrice de l’école, son staff et ses 300 élèves furent obligés de s’installer au couvent. Dans le même temps, l’invasion japonaise provoqua des milliers de refugiés à Calcutta entrainant ainsi les grandes famines de 1942-1943 avec pour principale conséquence le décès des milliers de personnes dans les rues.
B. L’avènement de l’indépendance
La fin de la seconde Guerre Mondiale ne changea absolument rien au sort des populations indiennes et principalement à celui des habitants de Calcutta car la période préparatoire à l’indépendance mit en surface les querelles endogènes propres à tous les pays multi ethnico-culturel. Du fait de son hétérogénéité, Calcutta fut l’une des villes les plus touchées par les crises pré-indépendance.
En effet, tandis que la League Musulmane désirait une indépendance séparée d’avec les hindous, ces derniers dirigés par Gandhi en voulaient une indépendance dans l’unité totale de la population de l’Inde. Afin de faire valoir leur position, la League Musulmane déclara la journée du 16 Aout 1946 comme étant une journée de manifestations (a Direct Action Day ). Ce fut une journée tragique pour le peuple de Calcutta parce que non seulement elles durèrent une semaine à cause d’une forte concentration de musulmans et hindou dans cette partie du territoire indien, mais aussi parce que le bilan des manifestations fut assez lourd : 5.000 morts, 10.000 blessées et 15.000 sans abris . A la fin des manifestations, Mother Teresa se retrouva avec 300 adolescents affamés à qui elle devait trouver de quoi se nourrir. Ce fut là le véritable début de son apostolat dans les rues de Calcutta comme le témoignent ses paroles :
“Then I saw the bodies on the streets, stabbed, beaten, lying there in strange positions in their dried blood. We had been behind our safe walls. We knew that there had been rioting. People had been jumping over our walls, first a Hindu, then a Muslim. You see, our compound was between Moti Jihl, which was mainly Muslim then, and Tengra. . . . That was Hindu. We took in each one and helped him to escape safely. When I went out on the street—only then I saw the death that was following them. A lorry full of soldiers stopped me and told me I should not be out on the streets. No one should be out, they said. I told them I had to come out and take the risk. I had three hundred students who had nothing to eat. The soldiers had rice and they drove me back to the school and unloaded bags of rice” .

III. Contemporains
Tout porte à croire que Mère Teresa aurait été influencée par Jésus Christ et Gandhi. Pour ce qui est de Jésus, du fait de sa foi chrétienne et de sa vocation de sœur, elle se serait certainement mise sur les traces de ce dernier considéré comme apôtre de la paix et qui prônait l’amour du prochain. Elle affirme également n’être qu’ « un crayon entre les mains de Dieu ». Elle est donc l’instrument par lequel Jésus réalise son plan dans la vie de ces démunis du monde.
Bien que Mohandas Gandhi, figure emblématique de la non violence en Inde soit sont compatriote et sont véritable contemporain, les deux êtres ne ce sont jamais rencontrés. Mais on pense que Mère Teresa aurait été influencée par ses idées et ses méthodes même si de son vivant, elle ne s’est jamais prononcée sur la question. Au mois la création par elle d’un centre Gandhi pour l’amour (Gandhi Centre for Love) en Inde 10 ans après la mort de Gandhi est révélatrice de ce que les idées de ce derniers auraient trouvés un écho favorable auprès d’elle.

IV. Mother Teresa et la question des démunis et malades de Calcutta
A la mort de Teresa de Calcutta en 1997, les œuvres accomplies par cette pauvre femme étaient quasi innombrables. L’analyse desdites réalisations ressort plusieurs thématiques qui pourraient nous faire croire qu’elle est réellement une personne non violente.

A. Les œuvres de Mère Teresa
En décembre 1948, après avoir quitté le couvent de la Lorette, Mother Teresa entra définitivement dans le monde des pauvres des bidonvilles de Calcutta où elle visita quelque familles, lava les plaies des enfants, prit soin d’un vieillard allongé dans la rue et d’une tuberculeuse mourant de faim. Quelques mois après le début de son engagement et sa formation en infirmerie, ses anciennes élèves la rejoignirent et ainsi se formait autour d’elle ce qui allait devenir quelques années plus tard (1950), la congrégation des missionnaires de la charité établie dans l’archidiocèse de Calcutta. Lorsque le Vatican reconnu la toute jeune congrégation en 1965, elle est déjà présente dans presque toutes les régions de l’Inde. Cette reconnaissance du saint siège marque aussi le véritable début de l’expansion mondiale de la congrégation (Venezuela, Rome, Tanzanie)
Cette congrégation est consacrée principalement aux pauvres c’est-a-dire l’action sociale, les soins ou l’éducation des enfants abandonnés. Mother Teresa soutient cette vision en ces termes : « nos vies sont totalement orientées vers Jésus et à son service .» L’ordre des missionnaires de la charité compte huit branches dont la charité et les pauvres constituent le fondement.
 Les sœurs actives ;
 Les sœurs contemplatives ;
 Les frères actifs ;
 Les frères contemplatifs ;
 Les frères missionnaires ;
 Les missionnaires laïcs
 Les volontaires et
 Les assistants malades et souffrants.
Les branches des volontaires et celle des assistants malades et souffrants ne sont pas constituées de religieux, mais ils travaillent aux cotés de ces derniers selon un profond engagement spirituel. Ils aident les sœurs et frères pour un temps donné en cherchant à aider les pauvres par-dessus tout. A propos des groupes des assistants malades et souffrants, Teresa s’exprima en ces termes : « le travail est difficiles, mais si des êtres souffrants sont avec la congrégation, elle sera capable de faire de grandes choses pour l’amour de Jésus… » « L’ensemble de la vie et des œuvres de Teresa témoignent de la joie d’aimer, de la grandeur et dignité de chaque être humain, de la valeur de chaque petite chose faite avec foi et avec amour, et, par-dessus tout, de l’amitié avec Dieu »
B. Les thèmes développés par Mother Teresa
Bien que le thème central de toute l’œuvre de Mère Teresa soit la charité, autour d’elle gravitent d’autres notions.
 Charité et société
La charité est un commandement social parce qu’elle exige le respect d’autrui et de ses droits, qu’elle nécessite la pratique de la justice et nous rend capable de bâtir une civilisation de l’amour. L’amour préférentiel de Mother Teresa pour les pauvres est une forme spéciale dans la pratique de cette charité. Elle révèle donc ses responsabilités sociales, son savoir vivre, de la défense et la promotion de la dignité des hommes. Elle « n’a pas utilisé la philosophie politique, ni d’analyse sociale, elle s’est mise tout simplement à répondre à la soif du christ et par amour à donner sa vie pour élever l’homme, surtout les plus pauvres parmi les pauvres »
 Charité et justice
L’amour dans la vérité est le principe sur lequel la bienheureuse fonda son action qui fut entièrement juste. La charité inspire une vie de don de soi. C’est donc une forme de justice. Elle a atteint une dimension suprême de la non violence parce qu’elle a justement compris que : « la charité dépasse la justice, parce que aimer, c’est donner, c’est offrir du mien à l’autre ; mais elle n’existe jamais sans la justice qui amène à donner à l’autre ce qui est sien, c’est- à -dire ce qui lui revient en raison de son être et de son agir. Je ne peux pas « donner » à l’autre du mien, sans lui avoir donné tout d’abord ce qui lui revient selon la justice. Qui aime les autres avec charité est d’abord juste envers eux. Non seulement la justice n’est pas étrangère à la charité, non seulement elle n’est pas une voie alternative ou parallèle à la charité : la justice est « inséparable de la charité .» Cet examen de sa vie montre que la cité des hommes n’est pas uniquement constituée par des rapports de droits et devoirs, mais plus encore, et d’abord, par des relations de gratitude, de miséricorde et de communion. Ceci étant une caractéristique fondamentale de la CNV. La justice pour elle devient ainsi non seulement le but de la vie, mais aussi la mesure intrinsèque de toute politique. La Bienheureuse Mère Teresa n’a donc pas pris en main la bataille politique pour forger une société la plus juste possible en se mettant à la place de l’Etat, mais elle a plutôt lutté avec tendresse et efficacité tout en s’associant à l’action gouvernementale : c’est ce que Rosenberg appelle « une coopération harmonieuse. »
 Charité, développement et éducation
« L’amour dans la vérité dont Mère Teresa s’est fait le témoin dans sa vie, est la force dynamique essentielle du vrai développement de chaque personne et de l’humanité tout entière. L’amour est une force extraordinaire qui pousse les personnes à s’engager avec courage et générosité dans le domaine de la justice et de la paix. L’amour donne une substance authentique à la relation personnelle avec Dieu et avec le prochain. Il est le principe non seulement des micro-relations : rapports amicaux, familiaux, et petits groupes, mais également des macros-relations : rapports sociaux, économiques et politiques . » C’est amour donc Mère Teresa s’est fait la porte parole, est de l’éducation comme du don de la vie parce qu’il est fécond. Cette logique fait de la Bienheureuse Mère Teresa une éducatrice qui a fondé la pédagogie de la tendresse et qui par le regard du cœur sait reconnaitre l’immense valeur et beauté d’une personne quand bien même cette dernière a son corps et son visage défigurés. Cette éducation non violente, a la particularité de transmettre au plus pauvres la valeur et le sens de la vie. Elle a ainsi montré qu’il est possible de faire grandir l’homme qui sommeille en nous avec une authentique affection gratuite.


V. Héritages térésiens
La pluralité et la diversité des reconnaissances reçues par Mère Teresa aussi bien de son vivant qu’après sa mort témoignent de la grandeur de sa contribution à un monde de charité et de convivialité. Ses congrégations forment aujourd’hui des multinationales de la charité.
A. Reconnaissances
L’humanité tout entière semble s’accordée à faire de Teresa de Calcutta un model de vie. Quand en est-il cependant des faits ?
Années Reconnaissances
1962 -Prix indien Padmashri
- Ramon Magsaysay Award (Philippines) pour son travail en Asie du sud-est
1969 Jawaharlal Nahru Award for international understanding
1971 Peace Prize by pope John 23 for engagement with homeless
1972 Bahrat Ratna (indian’s highest civilian award)
1975 Albert Scheweitzer international Prize
1976 Pacem in Terris Award
1978 Balgan Prize for promoting peace, humanity and brotherhood among people
1979 Nobel Prize for Peace for work undertaken in the struggle to overcome poverty and distress. Which also constitute a threat to peace
1980 Bahrat Ratna (indian’s highest civilian award)
1981 Légion d’honneur (Haïti)
1982 Ordre de mérite australien pour son engagement dans les communautés australiennes en particulier et dans le monde en général
1983 - ordre de mérite américain
- ordre de mérite anglais
1985 US presidential medal of freedom
1994 Golden honour of the Nation (Albania)
1996 Honorary citizenship of the US
2003 Béatification
2007 Emission des pièces de 5 rupee et des lignes de train « Mother Teresa » par le gouvernement indien pour la célébration de 100e anniversaire

Le tableau ci-dessus ne représente pas l’ensemble des reconnaissances reçues car il faut y ajouter par exemple que les universités occidentales et indiennes lui ont également décerné des diplômes honorifiques sans oublier qu’à plusieurs reprises, elle a été classée par les instituts de sondage comme la femme la plus admirée des américains.
B. Mère Teresa today : les multinationales de la charité
Les congrégations de Mère Teresa constituent aujourd’hui, de véritables empires internationaux. En 1997 par exemple, les sœurs missionnaires de la charité représentaient à elles seules un peu plus de 4000 âmes et étaient établis dans 610 fondations reparties dans 123 pays. Avec discrétion, cet ordre de missionnaires continue de rayonner d’amour pour les plus pauvres.
Plus de 10 ans après son décès, les congrégations qu’elle a fondé continuent de recevoir des récompenses pour leur engagement dans la paix mondiale à travers leur travail de compassion et d’amour. De l’Inde en Tanzanie, de Santiago à San Francisco, les missionnaires de la charité continuent de servir les abandonnés du monde et à leur offrir de la valeur.


VI. Critiques
Aucune œuvre n’étant humainement parfaite, il est certain que l’apostolat de Mère Teresa n’échappe point à la règle.
Premièrement, il est important de noter que la vision du travail de la Bienheureuse Mère Teresa ne fut pas acceptée par tous aussi bien à l’étranger qu’en Inde. Certains auteurs comme Chatterjee pensent que son action n’a contribué qu’à promouvoir une mauvaise image de la ville de Calcutta alors qu’elle n’en demandait pas plus tandis que d’autres comme Giriraj Kashore soutiennent que ses missions de charité ne constituent que de fallacieux prétextes pour convertir les peuples d’une autre croyance en chrétiens catholiques.
Les funérailles nationaux à elle offert par le gouvernement indien avait été contesté par bon nombre de partis politiques indiens à connotation hindou d’autant plus qu’elle ne manquait jamais l’occasion d’afficher publiquement son désaccord sur l’adoption et de l’avortement .
Deuxièmement, la qualité de soins dans ses différents centres et plus particulièrement dans la maison des mourants avait très souvent été remise en cause du fait de la non qualification du personnel. Pour le docteur Robin Fox, son ordre ne connait pas la différence entre un patient qui peut encore guérir et celui qui ne le peut plus.
Enfin, il lui est aussi reprocher ses accointances avec des personnalités mondiales de moralité douteuse comme la famille Duvalier de Haïti considérée comme étant une famille de dictateur et pourtant, pour elle monsieur Duvalier et son épouse aiment les pauvres. Il faut également mettre à son actif, la réception d’un don de 1,4 million de dollars de Charles Keating, un corrompu de la première heure.










Conclusion
Au regard du parcours certes pénible, mais élogieux accompli par la Bienheureuse Mère Teresa, nous pouvons malgré les quelques critiques observées ici et la conclure qu’elle est une véritable activiste de la communication non violente. Ses méthodes pacifiques montrent clairement qu’au lieu de revendiquer et attendre des autres et du gouvernement en particulier qu’ils changent la situation, elle s’est elle-même mise à l’œuvre et a donné toute son énergie pour changer la cause des rejetés pour qui elle avait beaucoup d’admiration et considérait qu’ils étaient en réalité ceux en qui le vrai amour se rencontre. Au cours de sa lutte pour les pauvres, elle sût se comporter en véritable actrice de la non violence en respectant les différents processus de celle-ci. D’abord, elle a pris le temps de bien observer la situation qui se présentait à elle, ensuite, à identifier ses besoins par rapport à ce qu’elle voulait changer. Enfin, ses multinationales de la charité sont le témoin de la formulation des demandes claire, réalisables et négociables puisqu’elles ne se sont pas construites en un jour.
Bien que Mère Teresa ait été une chrétienne catholique, sa simplicité et son engagement pour les mourants, les abandonnés et les orphelins ont transcendé toutes les frontières religieuses et nationales. « Par sang et origine, je suis une albanaise. Ma citoyenneté est indienne, je suis une sœur catholique par vocation et de par mon cœur j’appartiens au monde » disait-elle. Elle est donc devenue un symbole de compassion et d’espoir pour les peuples de toutes les religions et groupes ethniques. « Mère Teresa a été et est La véritable actrice de l’Histoire, l’authentique protagoniste de l’Histoire est la sainte, c'est-à-dire la personne vraie, qui a compris que la grandeur ne consiste pas dans l’autosuffisance, mais dans le fait d’accepter d’être aimée par Dieu et de partager cet amour avec son prochain . »


References
1. Bibliographies
a. Dr. FOPA SIMO, cours de CNV, UPAC, octobre 2011, licence 3, Paix et Développement
b. Louise, SALVICEK, Modern Peacemakers, Mother Teresa: caring for the world’s poor, NY, 2007, pp34-37; pp
c. Marshall, ROSENBERG, Clé pour un monde meilleur et changement social, p11
d. Mère Teresa, discours de la profession de foi des premières sœurs de la charité
e. Mère Teresa, discours du prix Noble de la Paix, 1979
f. Jean Paul II, homélie de la messe de béatification de Mère Teresa, 2003

2. Articles
g. Le Monde, 14/12/2009, article sur la CNV

3. Webographies
h. Vatican.va du 17/10/2011
i. Oasiscenter.eu du 17/10/2011

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